40 % des indépendants gagnent moins que le SMIC

Publié par Théophile Robert le 08/01/2022 à 17:00 , Mis à jour le 08/03/2022 à 00:00

D'après une étude de l'INSEE publiée le mercredi 5 janvier, les inégalités sont très fortes au sein des indépendants. Certains gagnent très bien leur vie... Mais une grande partie d'entre eux vit dans la précarité : 40 % ont des revenus inférieurs au SMIC.

Les indépendants sont nombreux à dépendre de très faibles revenus

Les indépendants représentent une très grande variété de métiers. Et si le salariat occupe toujours une place très importante en France, les indépendants sont nombreux : ils étaient plus de trois millions en France métropolitaine en 2019, selon l'INSEE. Mais contrairement aux salariés, ces derniers n'ont ni contrat de travail, ni lien de subordination.

Ce statut est-il vraiment enviable ? En tout cas, d'après l'INSEE, 40 % des indépendants déclarent des revenus inférieurs au SMIC annuel. Plus alarmant encore, 27 % déclarent même un chiffre inférieur à la moitié du SMIC. Et 18 % des indépendants ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté monétaire, soit un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian.

Cela est d'autant plus complexe que de nombreux indépendants ne bénéficient pas d'une véritable protection sociale. La protection sociale des indépendants est d'ailleurs un champ sur lequel le président de la République Emmanuel Macron avait promis de travailler. Il prévoirait un plan qui serait structuré « autour de trois exigences » : « protéger face aux accidents de la vie, mieux accompagner, de la création à la transmission et simplifier les démarches. » 

Des secteurs très inégaux chez les indépendants

Mais chez les indépendants, tous les secteurs ne sont pas concernés de la même façon par cette précarité. La catégorie la plus en difficulté est celle de l'information, des arts et du spectacle. Parmi eux, 50,8 % déclare gagner moins de la moitié du SMIC et 28 % vivent sous le seuil de pauvreté. Cette catégorie n'est pas la seule en difficulté. Les agriculteurs sont également concernés (25,6 % d'entre eux sont sous le seuil de pauvreté), ainsi que les artisans (23,6 %).

A contrario, une partie des indépendants ont une bien meilleure situation. C'est le cas pour les chefs d'entreprise de 10 salariés ou plus ainsi que les professions intermédiaires de la santé et du travail social. La part de la première catégorie se trouvant sous le seuil de pauvreté est de 5,6 %, la part de la seconde catégorie à 4,2 %. De même, les indépendants sont nombreux à appartenir aux classes les plus aisées de la population. 25 % d'entre eux appartiennent aux 10 % les plus riches de la population. Cette part n'est que 12 % dans le salariat.

Une part importante des indépendants dépend des prestations sociales

En outre, la situation des indépendants diverge d'après leur situation familiale. Les familles monoparentales tendent à être davantage victime de la précarité que les couples. Cet écart se vérifie aussi dans le salariat, mais est moins marqué. Ainsi, les indépendants des couples sans enfants sont 12 % à vivre sous le seuil de pauvreté, contre 34 % pour les familles monoparentales. Chez les salariés, cette proportion est respectivement de 3 % et de 15 %.

De facto, de nombreux indépendants dépendent des prestations sociales. Plus de la moitié bénéficient de l'une des aides suivantes :

  • revenu de solidarité active (RSA) ;
  • prime d'activité (PA) ;
  • allocation adulte handicapé (AAH) ;
  • allocations logement (AL) ;
  • prestations familiales (PF).
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