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À Senlis, le tableau « Le Christ moqué » de Cimabue s'est vendu pour 24 millions d'euros

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L'enchère pour Le Christ moqué s'est terminée à 19,5 millions d'euros

Découvert non-loin de Compiègne, « Le Christ moqué » de Cimabue était destiné à la déchetterie. Mais le hasard fit bien les choses : mis aux enchères à Senlis (Oise) ce dimanche 27 octobre, il a été adjugé à 24,1 millions d'euros (frais compris).

Une vente désormais inscrite dans l'histoire

24 180 000 euros (« seulement » 19,5 millions sans les frais) : c'est une somme qui peut donner le vertige. À l'origine estimée entre 4 et 6 millions d'euros, le petit tableau de 25,8 cm sur 20,3 cm a dépassé toutes les attentes. C'est d'ailleurs la première fois depuis quelques décennies qu'une œuvre de Cimabue s'est vendu aux enchères. Pour Actéon, Hôtel des Ventes de Senlis, c'est un grand moment de records.

Le Christ moqué est d'abord le tableau primitif (ndlr : tableau achevé avant 1 500) ayant atteint le prix le plus haut de l'histoire. Il est ensuite « le huitième tableau ancien le plus cher vendu au monde », d'après Dominique le Coënt, qui a fait retentir son marteau à la dernière offre. Pour trouver encore plus onéreux, il faut aller voir du côté du Salvator Mundi de Leonard de Vinci, du Massacre des Innocents et de Loth et ses filles de Rubens, du Portrait de Cosme de Médicis de Pontormo, du Portrait de Femme de Rembrandt, du Portrait de Laurent de Médicis de Raphaël ainsi que du Grand Canal de Canaletto. Enfin, il est pour l'instant l'enchère la plus importante de France pour l'année 2019.

Une œuvre unique et influente

« Cette vente, c'était celle de tous les possibles. Même en rêve on ne s'attendait pas à cela. Ceux qui voulaient un Cimabue étaient prêts à y mettre le prix. Ce tableau est unique, c'est l'arrivée de l'homme dans la peinture. Il est celui qui a allumé la mèche », affirme avec enthousiasme le commissaire-priseur.

En effet, Le Christ moqué est une peinture à l’œuf et fond d'or sur panneau de peuplier réalisée à la fin du XIIIe siècle, vers 1280. Ce tableau d'influence franciscaine a ouvert de nouveaux horizons artistiques : il donne une âme aux personnages, introduit une perspective, pose des bases à l'art de la pré-Renaissance et au naturalisme.

Il est l'un des panneaux peints par Cimabue constituant le Diptyque de dévotion. C'en est donc la troisième scène connue à ce jour avec La Flagellation du Christ (Frick Collection, New York) et la Vierge à l'Enfant trônant et entourée de deux anges (National Gallery, Londres). Sa conservation est excellente malgré quelques minimes retouches et une couche picturale encrassée. Une chance quand on sait qu'il résidait chez une dame âgée, qui l'a retrouvé au cours d'un déménagement sans connaître sa provenance, ni sa valeur. Il est donc indispensable de faire appel à un expert pour déterminer la valeur du bien.

L'heureux acquéreur

Dimanche, pas moins de 800 curieux et potentiels-acquéreurs se sont rendus dans la salle du manège Ordener. Le lot 87 fait déjà sensation. L'enchère démarre « timidement » à quelques 3 millions d'euros.

Sur les huit enchérisseurs, seuls trois ont fait le déplacement jusqu'à Senlis. L'excitation monte et le prix grimpe rapidement. À 15 millions, les enchères ne semblent plus vouloir s'arrêter. Cependant, personne ne répondra dernière offre à 20 millions proposés par le commissaire-priseur. 19,5 millions suffiront à faire résonner le son du marteau.

Actéon n'a pas encore révélé l'identité du nouveau propriétaire du tableau. Parmi les huit enchérisseurs se trouvaient quelques musées : « Nous avons eu de l’intérêt de la part de tous les grands musées du monde. Par ailleurs, des collectionneurs d’art contemporain que nous ne connaissions pas se sont également montrés vivement intéressés, ce qui est un phénomène tout à fait nouveau pour nous expert en peinture ancienne », confie Eric Turquin, expert en tableaux. La transaction devrait se dérouler sous peu et l'acheteur révélera très probablement son identité dans les prochains jours.

Assurer un bien d'une telle valeur ?

Il ne serait guère trop prudent de recommander à ce nouveau propriétaire de souscrire à une assurance adaptée à la valeur exceptionnelle de ce bien. Une assurance classique « multirisques habitation » (MRH), en valeur déclarée, ou même en valeur agréée ne suffiront pas ! Si la sinistralité de ce type de produits est faible, une perte se révélerait dramatique, à la fois d'un point de vue financier et patrimonial. Assurland.com conseille donc également d'adopter des mesures de protection telles qu'un système d'alarmes ou une vitrine blindée.

Par ailleurs, l'assurance d’œuvres d'art de telles valeurs se professionnalise de plus en plus. L'an dernier, Allianz a montré sa volonté de conquérir le marché de l'art avec son forfait « Allianz Arts et Collections ».

 
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