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Assurance à la demande : assureurs et start-up face à un manque de demande

Publié par le , Mis à jour le 03/04/2019 à 14:59

Assurer un objet de valeur via son smartphone

Depuis peu, des start-up proposent aux particuliers d'assurer leurs objets de valeur pour de courtes durées, le tout via une application mobile. Si 65 % des Français se disent prêts à consommer de l'assurance à la demande, ils ont encore du mal à franchir le pas.

Valoo et Revolut, les premiers à proposer une telle offre en France

Le concept de l’assurance à la demande (ou assurance on demand) est simple mais aussi rapide. En seulement un click, une assurtech propose d’assurer des objets de valeurs pour de courtes durées, selon les besoins. Smartphones, enceintes ou vélos sont ainsi protégés, assurés. Un click pour activer l’assurance donc, et un click pour la désactiver également.

Lancée en 2016 en Australie et en Grande-Bretagne, l’assurance à la demande a fait son apparition en France en 2018 avec les naissances de Valoo (en partenariat avec Altima, filiale de la Maif) et Revolut. Depuis l’idée a fait son chemin et d’autres assureurs veulent se lancer dans l’aventure. D’après les informations du Journal du Net, April devrait commercialiser en septembre prochain son offre d'assurance on demand. Baptisée Objhey !, cette offre couvrira des « objets de passion ». Si Objhey ! ne sera disponible dans un premier temps que pour les clients d'April Partenaires, le groupe cherche à intégrer son service chez des néobanques et grands comptes. « Nous discutons avec des entreprises et espérons pouvoir annoncer un partenariat avant le lancement de l'application », indique au JDN Laurence Willems, directrice de l'innovation du groupe April.

Aucune récurrence de revenus pour les entreprises du secteur

En lançant Objhey !, April devient le premier grand acteur de l’assurance français à proposer un tel service. La Maif, qui a lancé depuis 2016 une offre d'assurance à la demande pour les deux-roues de loisirs, l’a elle fait via Altima, sa filiale. Mais pourquoi si peu d’intérêt ? « Beaucoup d'assureurs sont venus nous voir depuis notre lancement pour avoir des informations », assure au JDN David Gascoin, cofondateur de Valoo. Si les assureurs s’y intéressent, ils sont vite confrontés au principal inconvénient de l'assurance on demand : son modèle économique. Pionnière sur le marché français, Valoo facture son service pour un montant compris entre 11 centimes et 1 euro par jour. Alors que les assurances traditionnelles prélèvent des mensualités ou annualités, les entreprises du secteur n'ont aucune récurrence de revenus.

Leocare ou Lovys, deux assurtech « made in » France ont toutes deux refusés de proposer une assurance on demand en partie à cause de cela. « L'enjeu de création de récurrence chez Leocare est clé », explique ainsi au JDN Christophe Dandois, patron de la start-up. L’assurance à la demande n’est toutefois pas écartée et Leocare envisage de proposer une offre pour les deux roues. Lovys, son concurrent, exclut quant à lui de se positionner sur ce créneau.

Trov associé à Waymo et Free2move

Pour d’autres, le problème ne proviendrait pas de son modèle économique mais des produits qu’elle assure. Trov, assurtech américaine, qui s’était déjà associée en 2017 à Waymo (la filiale de voitures autonomes de Google), vient de nouer un partenariat avec Free2move (le service d'autopartage du groupe PSA). Le but : proposer une assurance à la demande pour l’auto. « Le but de Trov est de protéger des objets de façon éphémère en un simple geste : glisser son doigt sur un écran. Pourquoi ne pas faire le même geste au sein d'une machine, en particulier d'une voiture ? Un trajet est marqué par un début et une fin. Et les passagers sont soumis à des risques éphémères. La seule difficulté est que cette fois ce n'est pas l'humain qui fera glisser son doigt sur l'écran mais la voiture elle-même qui décidera quel type de couverture souscrire », expliquait au JDN le CEO de Trov, Scott Walchek.

65 % des Français prêts à consommer de l'assurance à la demande

Le marché de l’assurance à la demande doit également faire face à une autre difficulté : la demande. En février dernier une étude réalisée par le cabinet Mazars et OpinionWay indiquait que 65 % des Français prêts à souscrire un assurance à la demande. Un taux qui grimpe à 73 % pour les 25-34 ans. Problème : leur intérêt ne se concrétise pas. Un problème qui proviendrait de la méconnaissance du grand public. En France, seuls 12 % de la population a déjà entendu parler des fintech et assurtech.

 
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