Assurance divers

Gel des primes d'assurance : Le PDG d'Axa évoque une répercussion sur les cotisations des assurés

Publié par le , Mis à jour le 30/11/2021 à 10:00

Bruno Le Maire a annoncé ce lundi midi un gel des tarifs d’assurance pour plusieurs secteurs en grande difficulté. Ce weekend, le PDG d’Axa, Jacques de Peretti avait déjà réagi à ce nouveau geste de solidarité, qui risque toutefois de se répercuter sur les cotisations des assurés.

De l'ultimatum au  « chantage  »

L’ultimatum était fixé à aujourd’hui. Bruno Le Maire, qui avait demandé la semaine dernière aux assureurs de geler les primes d’assurances des restaurateurs, a rencontré lundi matin les principaux acteurs du marché à Bercy.

Après les réactions de la Fédération française de l’assurance, puis la pression mise par les parlementaires, c’est le PDG de l’assureur Axa France, Jacques de Peretti, qui s’est exprimé dans les colonnes du Parisien ce weekend.

Sur la méthode, d’abord, il a jugé « scandaleux d’avoir à subir un tel chantage », en référence à l’ultimatum posé par le ministre de l’Economie et des Finances, qui a menacé les assureurs dommages d’une taxe d’1,2 milliard d’euros s’ils ne décidaient pas d’un geste à l’égard des professionnels de l’HCR (hôtellerie-café-restauration).

Cette prise de position du ministre en personne a également indigné le patron d’Axa. Selon lui, il s’agit d’un événement unique en Europe, « alors que la situation au regard des assurances et des restaurateurs est la même », estime-t-il.

Hausse des cotisations à craindre pour les assurés

Bien sûr, pour marquer son opposition, Jacques de Peretti a été contraint d’agiter le spectre d’une nouvelle taxe sur les assurés, que cet impôt exceptionnel sur les assureurs laisser craindre. Selon le PDG d’Axa, si la taxe était appliquée, les compagnies d’assurance seraient « obligées » de la reporter sur les cotisations des assurés, « elles-mêmes déjà lourdement taxées, à 35 % sur les contrats auto par exemple », rappelle-t-il.

Comme on le craignait, taxer les assureurs revient souvent à taxer à retardement les assurés, sur lesquels se répercute le manque à gagner. Axa France se justifie toutefois en invoquant les gestes déjà consentis au plus fort de la crise. Sur les avenants, destinés à clarifier les contrats (en supprimant les clauses relatives aux « pandémies ») Jacques de Peretti assure que pour les deux tiers qui ont été retournés, Axa n’a pas augmenté les primes.

Le gel des primes d’assurance pour tous les restaurateurs en contrat avec Axa (entre 18 000 et 20 000 contrats seraient concernés) viendrait de plus s’ajouter une facture d’environ 400 millions d’euros déjà déployés par l’assureur pour venir en aide à l’économie française : en soutenant le fonds public de soutien aux PME, d’une part, et en aides directes aux clients, de l’autre.

Les assureurs de nouveau solidaires ?

Au total, les assureurs ont déjà été sollicités à hauteur de 3,8 milliards d'euros pour abonder les différents fonds de solidarité. Une somme qui correspondrait à peu près à leurs bénéfices réalisés sur la branche dommages, à savoir en auto et en habitation. A cela s’ajoute une économie d’environ 5 milliards d’euros réalisés durant le premier confinement, en auto, habitation et en santé. 

Des économies remises en perspective par Jacques de Peretti, qui confirme qu’une baisse de la sinistralité a bien eu lieu en automobile, mais selon lui les assureurs ont dû « assumer une hausse de la sinistralité dans pratiquement toutes les autres branches, comme la prévoyance avec l'explosion des arrêts de travail, la perte d'exploitation avec l'indemnisation de plus de 50000 professionnels, les annulations de voyages avec la disparition brutale du trafic aérien ou la responsabilité civile avec les mises en cause des Ehpad et des cliniques par les ayants droit des défunts liés au Covid-19 … »

Toutes ces indemnisations mises bout-à-bout, selon le PDG d’Axa, « la crise du Covid-19 devrait coûter aux assureurs français plus de 2 milliards d'euros d'indemnisations supplémentaires cette année ». Difficile pour l’heure de délier dans tous ces chiffres la somme qui est effectivement entrée dans la poche des assureurs cette année, et leur contribution à la relance de l’économie. 

Toutefois, un nouveau geste a bien été consenti ce lundi, puisque Bruno Le Maire a annoncé à midi que le gel des tarifs avait été acté pour les secteurs de l’HCR, de l’événementiel, du tourisme, du sport et de la culture. Soit un périmètre plus large que ce qui avait été demandé initialement. Reste à savoir ce que cela coûtera effectivement aux compagnies d’assurance, et, également, aux cotisations des assurés...

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