Assurance - divers

Incendies, sécheresses... Ces nouveaux défis d'ampleur pour les assureurs

Publié par le , Mis à jour le 18/09/2020 à 14:48

800 000 ha sont déjà partis en fumée en Californie cette année.

Aux Etats-Unis, les Etats de Californie, de Washington et de l’Oregon ont connu une nouvelle fois cette année plusieurs épisodes d’incendies ravageurs. Pour la seule Californie, on estime que 800 000 hectares sont d’ores et déjà partis en fumée. Sur les réseaux sociaux, on a vu des images apocalyptiques de la région de San Francisco être largement relayées.

De nombreux américains sans assurance

Face à de tels désastres se pose bien sûr la question du rôle des assurances outre-Atlantique. La première constatation, qui a pu être mis en lumière par la triste reproduction de ces événements, est que les habitants de ces régions sont de moins et moins couverts contre les incendies.

A la suite des violents feux de 2018, le nombre de Californiens qui n’ont pas pu recevoir d’assurance dommages est estimé à 350 000. Et ce chiffre semble condamné à progresser d’années en année.

Deux raisons à cela. Tout d’abord l’augmentation drastique des primes, qui ont pu grimper de 300 à 500 %. Des tarifs qui excluent les plus ménages les plus pauvres, quand ce ne sont pas les assureurs qui décident d’eux-mêmes de ne pas perpétuer leur couverture. Depuis quatre ans, ce sont ainsi 340 000 propriétaires de logements dans les zones d’incendies qui se sont sortis des fichiers des assureurs.

Un risque très couteux et difficilement modélisable

Dans le même temps, on a constaté une augmentation du nombre de propriétaires (exposés aux feux de forêts) qui se tournent vers une couverture rudimentaire proposée par un programme financé par l’Etat et malgré tout très coûteux.

Ce retrait des assurances privées s’explique pas deux facteurs. D’abord la difficulté à modéliser le risque. Car si les incendies se produisent de façon récurrente, l’imprévisibilité de leur parcours et de leur ampleur rendent difficile la fixation des primes.

Surtout, le coût faramineux des derniers épisodes représente un coût non-négligeable pour les assureurs. Il n’est pas rare que les incendies californiens soient parmi les catastrophes naturelles les plus coûteuses chaque année à l’échelle du monde. En 2017, sur les 18 milliards de dollars de dommages occasionnés, 13,2 milliards étaient assurés.

En France, l’indemnisation pour incendie n’est pas automatique

De notre côté de l’Atlantique, l’indemnisation n’est pas non plus automatique en cas de feux de forêts se propageant aux habitations, même si le risque n’est pas aussi étendu géographiquement que sur la côte ouest américaine.

En cas de logement endommagé par un incendie et obtenir une indemnisation, il faut tout d'abord être titulaire d'un contrat d’assurance multirisque habitation (muni d’une garantie incendie). Police obligatoire pour les locataires et copropriétaires, mais pas pour les propriétaires. Il faut ensuite que l’assuré apporte la preuve qu’il a correctement entretenu son bien (débroussaillage, élagage…) lors de l’expertise afin d’être indemnisé. Il est aussi à noter que seule l’habitation et son contenu sont assurés, les jardins et haies sont des options au contrat.

Des sécheresses de plus en plus chères

Enfin, en France, les incendies de forêt n’entrent jamais dans le régime d’indemnisation des catastrophes naturelles, en raison de leur origine, dans la grande majorité des cas, humaine. En revanche, les épisodes de sécheresse qui frappent, et s’étendent dans l’hexagone chaque été, sont eux bien couverts à ce titre.

Et c’est dans ce cas que la facture grimpe pour les assureurs. En 2018, le coût estimé de la sécheresse s’élevait à plus d’un milliard d’euros, pour 4 056 communes touchées. Soit l’équivalent de la sinistralité provoquée par l’ouragan Irma qui avait dévasté les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017.

Alors que la sécheresse semble revenir chaque année et s’étendre à des zones jusque-là épargnées (le Nord-Est et le Nord-Ouest) les assureurs pourront-ils supportés le coût d’un ouragan chaque été ? De part et d’autre de l’Atlantique, c’est bien l’avenir du rôle des assureurs et celui de la protection des assurés que vient poser le changement climatique.

 
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