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Alcool au volant : Didier Guillaume prône la tolérance zéro

Publié par le , Mis à jour le 20/11/2019 à 09:34

L'alcool est la deuxième cause d'accidents de la route mortels en France

Mise à jour 19/11/19 : Matignon a indiqué à l'AFP que cette mesure « n'est pas envisagée par le gouvernement ».

Ce dimanche 17 novembre, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a relancé le débat de l'alcool au volant : doit-on appliquer la tolérance zéro en France ? D'après lui, il faudrait réduire le taux d'alcoolémie légal au volant à un strict zéro.

« Lorsqu'on conduit, on ne doit pas boire »

Ce sont les paroles prononcées par Didier Guillaume dimanche sur RTL, qui désire lutter contre toutes les formes d'addiction. « Je préfère la modération toute l'année que la prohibition et l'interdiction un mois de l'année. Mais je pense que lorsqu'on conduit, c'est mieux de ne pas avoir bu », ajoute-t-il. « Je pense qu'on peut faire la fête et qu'on peut boire des coups, et boire du vin français, des vins d'excellence […] Je pense que c'est très bon, mais lorsqu'on boit, on ne conduit pas », répète-t-il.

Et le ministre semble avoir un attachement particulier au vin. Il avait déjà fait parler de lui en janvier 2019 en attestant n'avoir jamais vu « un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu'il a bu du Côtes-du-Rhône, du Crozes-Hermitage, du Bordeaux ». Cette remarque avait par ailleurs attiré vers lui les foudres des professionnels de la santé publique, qui l'accusaient d'inciter à la consommation. Fermement opposé au mois de janvier sans vin, il avait précisé : « Il faut lutter contre toutes les addictions, mais il faut éduquer la jeunesse au bon et au beau. Il faut éduquer à boire un verre de vin pour savoir ce que c'est. C'est la viticulture qui est un élément économique fort et d'aménagement du territoire de notre pays. »

Les dangers de l'alcool au volant en France

Ces propos s'enracinent dans un contexte où l'alcool au volant est meurtrier en France. 30% des accidents de la route les plus graves y sont liés. C'est aussi la deuxième cause de mortalité sur la route après la vitesse excessive. En 2017, ce ne sont pas moins de 1 035 personnes qui ont été victimes d'accidents mortels ayant pour origine des conducteurs dépassant le seuil d'alcoolémie autorisé.

Notre pays reste l'un des plus grands consommateurs d'alcool au monde. Au printemps, l'Académie de médecine avait d'ailleurs dénoncé un affaiblissement de la loi Evin en mettant en cause le « lobby alcoolier ». Elle souhait un durcissement des mesures envers la consommation et la communication autour de l'alcool.

Quelles sanctions pour conduite en état d'ivresse ?

Aujourd'hui, la législation concernant la conduite en état d'ivresse est la suivante :

  • la quantité d'alcool autorisée au volant est de 0,5g/L d'alcool dans le sang,
  • pour les jeunes conducteurs, cette quantité est réduite à 0,2 g/L dans le sang.
  • Un taux d'alcool dans le sang compris entre 0,5 g/L et 0,8 g/L est sanctionné par une amende de pouvant aller jusqu'à 750 € et un retrait de 6 points sur le permis de conduire. L'amende est en général forfaitaire à 135 €. Le véhicule peut également être immobilisé et des peines complémentaires peuvent s'appliquer telles que la suspension du permis de conduire pour une durée de 3 ans ou plus et l'interdition de conduire un véhicule non équipé d'un dispositif homologué d'éthylotest anti-démarrage (EAD) pendant 3 ans maximum.
  • Un taux d'alcool dans le sang supérieur à 0,8 g/L fait encourir jusqu'à 4 500 € d'amende, un retrait de 6 points sur le permis de conduire, l'immobilisation du véhicule, l'obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière (à ses propres frais) ainsi qu'une peine de deux ans d'emprisonnement.
  • 0,5 g/L représente deux verres maximum (un verre = 25 cL de bière à 5° ou un 10 cL de vin à 12°), 0,2 g/L zéro.

S'il conduisait en état d'ivresse, le responsable d'un accident sera également responsable des blessures graves infligées à un tiers (dans ce cas, l'amende peut s'élever jusqu'à 30 000 €). S'il est responsable de la mort d'un usager de la route, il risque jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 150 000 € d'amende.

Côté assurances, la sévérité est toujours de mise. Habituellement, la conduite en état d'ivresse augmente le coefficient malus. Toutefois, d'autres sanctions peuvent s'appliquer :

  • Majoration de prime : la majoration de la cotisation n’excédera pas 150% s'il n'y pas d'autre infraction constatée. Sinon, elle peut être augmentée jusqu'à 400% en fonction des autres infractions.
  • Perte des garanties complémentaires : un assureur est en droit de refuser toute prise en charge et de suspendre les garanties de l'assuré (garantie dommages tous accidents, garantie individuelle accident, protection juridique...) s'il conduit en état d'ivresse.
  • Résiliation de l'assuré : l'assureur peut choisir de rompre le contrat d'après la réglementation de l'article 211-1-2 du Code des assurances. L'assuré dispose d'un mois pour s'assurer à nouveau. Néanmoins, cette tâche devient très difficile dès lors qu'on se trouve dans le registre des automobilistes résiliés et les assureurs obligent souvent à payer une surprime.
 
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