Assurance auto

Auto : après l'achat et la location, voici l'abonnement à sa voiture, comme à Netflix

Publié par le , Mis à jour le 06/09/2021 à 17:20

À l'occasion du salon automobile de Munich, une nouvelle tendance se dessine : celle des plateformes de location de voiture, sur la base d'un abonnement. Comme pour Netflix, un abonnement mensuel donne accès à un service permettant d'utiliser un véhicule à la demande. Même si l'activité est encore balbutiante, les constructeurs s'y préparent.

Les startups de location de voiture en plein essor

Après deux éditions annulées pour cause de Covid-19, le salon automobile de Munich (qui se tenait jusqu’ici à Francfort) a bien ouvert ses portes ce lundi 6 septembre, entre regain d’optimisme et inquiétude pour l’avenir du secteur. Certes, l’activité s’est bien reprise après une année 2020 calamiteuse (les ventes avaient chuté d’environ 25% en Europe), mais un « retard » d’1,5 million d’immatriculations par rapport à 2019 est toujours à l’œuvre. 

Outre ce retard au (re)démarrage, le secteur automobile redoute aussi plusieurs mutations majeures qui se font jour depuis le début de la crise sanitaire : développement rapide des motorisations électriques et hybrides, hausse de la vente en ligne, recours croissant au leasing etc. 

Mais une autre nouveauté est également présentée au salon IAA de Munich. Elle est l’œuvre de startups qui proposent une solution de mobilité inédite : une location de voiture qui se situerait entre la traditionnelle location courte durée entre particuliers ou via une agence, et le leasing, qui s’étend généralement entre 24 et 72 mois.

L’idée, comme bon nombre de plateformes le proposent désormais, est de payer un abonnement, pour profiter à l’année d’un véhicule et de services associés. Et comme avec Netflix, il est possible, chez certains acteurs, de partager un « co-abonnement » avec des proches, pour réduire la facture. 

C’est ce que propose notamment la jeune pousse allemande Finn.auto, dont l’offre permet, à partir de 300 euros par mois pendant un an, de louer une voiture compacte avec l’assurance auto, l’entretien et un forfait de 12 000 kilomètres inclus. Du côté du principal concurrent, ViveLaCar, l’abonnement citadine est moins cher à l’année (175 euros/mois) mais sans assurance et avec un plus faible kilométrage.

Entre Netlifx et le leasing

Ce nouveau modèle par abonnement, encore peu répandu, se trouve à la croisée de deux tendances. La première, l’engouement pour les plateformes (notamment Netflix, Prime Video, Spotify…), a été dopée par la crise sanitaire et les confinements successifs. Désormais, les formules digitales et sans engagement s’immiscent dans tous les secteurs, et y compris dans celui pourtant ancien de l’assurance, où les assurtech (ou néoassurances) ont réalisé une année 2020 exceptionnelle.

La seconde, plus ancienne, concerne le leasing, ce mode financement qui permet de louer sa voiture pendant deux à trois avant éventuellement de l’acheter ou de la rendre. Minoritaire il y a encore dix ans, cette formule séduit de plus en plus, au point de presque supplanter aujourd’hui le traditionnel crédit auto. 

En 2019, trois quarts des immatriculations françaises avaient été financées en LOA (Location avec Option d’achat). Pour les plus jeunes conducteurs, posséder sa voiture n’est plus le même Saint-Graal qu’il y encore vingt ou trente ans. À l’inverse, le leasing dispose de plusieurs avantages : des mensualités souvent moins onéreuses que celles d’un crédit classique, la possibilité de conduire des véhicules haut-de-gamme et d’en changer souvent (par exemple pour s’adapter aux normes environnementales).

C’est donc une forme de leasing plus court, plus flexible et qui évite le tracas de la revente que proposent ces nouvelles plateformes d’abonnement auto. À l’année, le forfait est bien sûr plus cher que pour faire l’acquisition d’une voiture, mais il s’adresse à un public (principalement citadin) qui n’aura pas besoin d’une voiture toute sa vie. 

Et s’ils sont encore peu nombreux à se laisser séduire, il faut croire que la formule a de l’avenir : le marché de l’abonnement et du leasing pourrait représenter 30 à 40 milliards de dollars d’ici 2030 entre l’Europe et les États-Unis (soit jusqu’à 15% des ventes actuelles de voitures neuves, selon le cabinet Boston Consulting Group).

Les constructeurs s'adaptent avec des filiales de location

Pour l’heure, c’est surtout outre-Atlantique que cette nouvelle activité se développe, avec plus de 700 millions de dollars en capital-risque investis depuis 2015, toujours selon BCG, et une startup, Fair, spécialisée dans la location de véhicules d’occasion, qui a levé 500 millions de dollars il y a peu. 

Pour suivre le sillage, les constructeurs s’adaptent également. Le mois dernier, Renault a fait l’acquisition d’une startup spécialisée dans l’abonnement. La location, sous toutes ses formes, devra représenter 20 à 30% du chiffre d’affaires du groupe d’ici la fin de la décennie, d’après la direction stratégique. 

En y regardant de plus près, plusieurs grands constructeurs imitent la marche en s’attachant les services d’une filiale spécialisée dans la « mobilité », qui doit assurer la vente d’un service de location : Kinto chez Toyota, Lynk&Co chez Volvo, ou encore Leasys France chez Stellantis, qui propose des Fiat 500 et Jeep pour un abonnement allant de 400 à 500 euros par mois.

Avec la redéfinition déjà en cours des relations entre constructeurs et réseau de distribution, cette nouvelle tendance ajoute encore un potentiel changement majeur pour un secteur auto en plein chamboulement. 

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