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Automobile : la conduite autonome, c'est pour quand ?

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Quand pourra-t-on rouler dans une auto sans chauffeur ?

Le Mondial de l’Auto de Paris ouvre ses portes aujourd’hui, jeudi 4 octobre. L’occasion d’évoquer les véhicules de demain, des véhicules qui concentrent les espoirs de l’industrie automobile. Après les véhicules électriques, Assurland fait le point sur la conduite autonome. Où en est la voiture autonome ? Quelles stratégies ont choisi d’adopter les constructeurs, les géants du Web et les pouvoirs publics ? Quand pourra-t-on rouler dans une auto sans chauffeur ?

Constructeurs ou entreprises de la « tech » y concentrent leurs espoirs

« Où en sont les voitures autonomes ? » : voici une question que de nombreux automobilistes se posent. Une question qui obtiendra certainement quelques réponses dans les jours à venir. A l’occasion du Mondial Paris Motor Show, le salon de Paris qui ouvre ses portes ce 4 octobre, les constructeurs vont présenter leurs nouveautés. Parmi elles, les voitures autonomes. Si les stars de ce salon seront vraisemblablement les véhicules électriques, les automobiles sans chauffeurs ne sont pas à négliger. Le moment parfait pour se demander « Où en sont les voitures autonomes ? ».  

Aujourd’hui ces véhicules ne concentrent pas seulement les espoirs des constructeurs automobiles. Entreprises du net, assureurs, pouvoirs publics : l’attente est relativement importante. Et ce n’est pas le retentissement médiatique de cette auto du futur qui va la diminuer. Pourtant, sa présence sur le marché est encore loin d’être égal à son poids dans les médias. Le magazine Le Point se veut rassurant et rappel que ce constat valait également pour la voiture hybride en 1997 et l’automobile électrique en 1999.

La voiture autonome reste une priorité des constructeurs, en témoignent les nombreux prototypes qui seront présentés cette semaine. Tous ne sont pour autant pas au même stade. La plupart sont même devancés par les « Géants du net ». Une étude du cabinet de recherche Navigant publié en janvier dernier faisait état de trois groupes distincts. Les « leaders », c’est à dire ceux qui sont les plus avancés, les « prétendants » et enfin les « challengers ». Une sorte de classement duquel se dégageait quelques surprises. Si Waymo (filiale de Google) se classait second, des entreprises comme Uber, Apple et Tesla se retrouvaient dans le dernier groupe, celui des « challengers ».

Le Robo-Taxi, le futur service de transport à la demande

Mais où sont les constructeurs ? Ils avancent, moins rapidement et plus discrètement mais ils avancent. Audi, Mercedes-Benz et BMW ont récemment testé des véhicules autonomes en Chine. Toyota a annoncé la création d'une co-entreprise avec l’entreprise de télécommunications SoftBank Group. Le même Toyota a investi 500 millions de dollars au sein du groupe américain Uber. Les exemples sont nombreux et tirent tous dans le même sens : les groupes automobiles s’associent à des entreprises extérieures pour développer leur véhicule autonome.

Parmi ces constructeurs certains avancent néanmoins plus rapidement. General Motors a ainsi l’objectif non dissimulé d’être le premier à sortir une voiture sans chauffeur. Le groupe américain produire dès 2019 une voiture autonome sans volant ni pédales. Des véhicules qui seront ensuite proposés comme service de transport à la demande dans plusieurs villes. Un service que les autres marques veulent aussi proposer. Renault et son EZ-GO, Waymo et Jaguar avec l’I-Pace, Navya et son Autonom Cab ou bien encore Daimler qui développe un robotaxi avec l’équipement automobile Bosh.

Un autre équipementier est également dans les startings blocks : Valéo. L'équipementier automobile français est même le premier à pouvoir tester son modèle autonome dans Paris. Le Vice-Président Innovation et Développement scientifique du groupe, Guillaume Devauchelle, explique à Franceinfo que Valéo est prêt à « 90 % ».

Des véhicules autonomes de niveau 3 dès 2020 en France

Pour être prêtes à 100 % ces véhicules ont encore besoin d’être testés, expérimentés. Aux Etats-Unis ces tests sont nombreux, notamment en Californie. Cet Etat s’est doté depuis début avril d’une nouvelle législation en matière de véhicules autonomes. Ces dernières peuvent désormais rouler sur routes ouvertes sans qu’il n’y ait de conducteur derrière le volant. En France, le gouvernement veut les faire rouler dès 2020. En mai dernier, Anne-Marie Idrac, Haute responsable pour la stratégie nationale du développement des véhicules autonomes, présentait un plan d’action : autoriser les expérimentations à grande échelle à partir de 2019, faire évoluer le cadre législatif et réglementaire et enfin voir rouler des véhicules autonomes de niveau 3 dès 2020. Une feuille de route rappelée par le Président de la République mercredi 3 octobre. Outre rappeler que des tests sans conducteurs seraient effectués dès 2019, Emmanuel Macron a également créé une mission sur les véhicules autonomes et les nouvelles mobilités. Une mission confiée à un ancien dirigeant de Renault, Patrick Pelata, et à un spécialiste de l'industrie automobile, Xavier Mosquet.

Si l’Etat affiche ses ambitions dans le secteur de la conduite autonome c’est pour plusieurs raisons. Le gouvernement compte bien démontrer que la France a un rôle à jouer et ne souhaite pas se laisser distancer par d’autres pays. Mais ce n’est pas tout : le développement de la voiture autonome peut être assimilé à une « révolution industrielle », explique sur Europe 1 Jean-Louis Missika, adjoint à la Maire de Paris chargé de l'urbanisme. Son impact économique va être important, ne serait-ce que par le fait que la robotisation de la conduite va engendrer des pertes d’emplois. Les villes vont être transformées et nos habitudes également.

Pour l’exécutif, le rôle de la conduite autonome est également de sauver des vies. Une vision partagée par les constructeurs puisque le PDG de Renault Carlos Ghosn. Déclarait ne juin dernier : « La voiture autonome va permettre de sauver un million de vies par an ». Alors que les accidents de la route font plus de 1,2 million de décès par an dans le monde, la voiture autonome apparaît comme la solution. « Plus de 90 % des accidents sont liés à une erreur humaine. Donc, si on automatise les fonctions de conduite, on peut espérer diviser leur nombre par dix », soutient Guillaume Devauchelle, directeur de l'innovation de l'équipementier français Valeo.

La voiture autonome agite le monde des assurances et assurtech

Ces voitures sont vendues comme plus sures. Pour autant les constructeurs ne sont pas encore parvenus à développer des voitures sans risques. Laurent Meillaud, expert des technologies automobiles, expliquait pourquoi en mars dernier sur RTL : « Il y a une échelle de 0 à 5 de la conduite autonome, et aujourd'hui personne n'est vraiment capable de faire du niveau 5 de façon vraiment fiable ». Un constat difficilement réfutable après l’accident mortel d’un taxi autonome sans conducteur Uber le lundi 19 mars.  C’est alors que la question de la responsabilité se pose. Qui est responsable quand une voiture autonome provoque l’accident ? Pour le moment, la convention de Vienne fait loi et dit que le conducteur est responsable. Ce dernier ne parle cependant pas de la voiture 100 % autonome, celle de niveau 5.

La question de la responsabilité lors d’un accident conduit irrémédiablement à s’en poser une autre : quid des assurances ? La conduite autonome agite le monde des assurances et assurtech. Ces dernières ont peut-être une longueur d’avance. Les start-up de l’assurance sont perçues comme mieux placées notamment en raison du fait qu’elles se présentent comme des entreprises de « la tech ». Trov, une assurtech Américaine, a ainsi déjà signé un partenariat avec Waymo. « Nous pensons que nous pouvons construire un standard dans le monde du transport autonome et de la mobilité personnelle » indiquait au Journal du Net Scott Walchek, CEO de Trov. Les assureurs traditionnels ne sont pour autant pas à oublier. Alors que les insurtech sont jeunes, les assurances ont l’expérience et peuvent surtout compter sur leur budget.

Conduite autonome : les Français encore sceptiques

Une fois les véhicules prêts, les questions législatives, réglementaires et assurantielles réglées, une dernière question reste à soulever : les automobilistes sont-ils prêts ? Sont-ils convaincus ? A en croire les dernières enquêtes la réponse est « moyennement ». Une étude menée par le Boston Consulting Group dans 10 pays différents, parmi lesquels on trouve la France, mettaient en avant que 23 % des sondés refuseraient de monter à bord d’un véhicule autonome. Une autre enquête, cette fois menée par Ipsos, révélait que 25 % des Français étaient réfractaires à la conduite autonome. Un scepticisme qui s’explique notamment par une crainte en matière de sécurité. Pour Ipsos, 51 % des sondés indiquaient ainsi ne pas être rassurés. Une inquiétude pour eux, mais aussi pour les autres. Le véhicule autonome pose en effet un problème éthique. Devrait-elle privilégier un bébé à l’intérieur du véhicule ou une personne âgée sur le passage piéton ? Une question qui reste encore en suspens, comme d’autres avant elles. C’est alors que certains se remémoreront le passé et les interrogations que soulevaient les véhicules électriques et hybrides quand ils en été encore à l’état de projet.

 
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