Bientôt plus de retrait de point pour les petits excès de vitesse ?

Publié par Quentin Bas Lorant le 30/05/2022 à 11:25 , Mis à jour le 30/05/2022 à 11:46

L'idée de supprimer les retraits points sur les petits excès de vitesse aurait été évoquée au gouvernement. Si l'annonce est déjà saluée les associations d'automobilistes, son timing interroge à quelques semaines des élections législatives et à la vue des résultats de la sécurité routière.

Plus de retrait de point, mais l'amende serait maintenue

Et si le second quinquennat d’Emmanuel Macron débutait par une mesure en direction des automobilistes ? La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur (reconduit à son poste) Gérald Darmanin a évoqué l’idée d’alléger les sanctions portant sur les petits excès de vitesse.

Concrètement, il s’agirait de supprimer le retrait d’un point de permis si l’excès de vitesse ne dépasse pas les 5 km/h, mais l’amende forfaitaire (de 68 euros hors-agglomération, 135 euros en agglomération), serait, elle, maintenue. Pour l’heure, aucun calendrier n’a été communiqué pour une possible mise à l’agenda de cette mesure.

Mais la simple annonce a suffi à réjouir l’association 40 millions d’automobilistes, qui milite « depuis des années » pour l’assouplissement des sanctions sur les petits excès de vitesse : 

« 40 millions d’automobilistes demande depuis des années à ce que les petits excès de vitesse ne soient plus sanctionnés aussi sévèrement. Cette nouvelle marquerait une réelle rupture dans la politique de sécurité routière avec le premier mandat d’Emmanuel Macron à l’origine du 80km/h et de la multiplication effrénée de tous types de radars. ».

40 millions d'automobilistes crient victoire

Il est vrai que le précédent mandat avait été marqué par plusieurs mesures déplaisantes pour les représentants des automobilistes : limitation à 80 km/h sur certains axes en 2018, taxe carbone sur le prix des carburants (déclencheur du mouvement des gilets jaunes) et déploiement d’une armada de radars (4 700 seront opérationnels d’ici la fin de l’année).

Pour l’association, l’adoption de cette annonce serait synonyme d’une écoute de la part de l’exécutif, suite à la campagne qu’elle a mené en avril dernier : elle y rappelait que près de 60% des excès de vitesse verbalisés en France sont inférieurs 5 kms/h. En somme, 6 PV sur 10 sont adressés « non pas pour des excès de vitesse, mais pour de tout petits dépassements ».

Toujours selon 40 MA, la France serait le seul pays européen à « sanctionner aussi sévèrement ces petits dépassements de vitesse, souvent involontaires et quasiment jamais accidentogènes ». En 2020, 95% des excès de vitesse enregistrés par les radars automatiques étaient compris entre 1 et 20 km/h. 

Un risque pour la sécurité routière ?

Il faut toutefois rappeler qu’il existe déjà un seuil de tolérance sur la vitesse enregistrée par un radar : un appareil fixe enlève 5 km/h sur la vitesse enregistrée jusqu’à 100 km/h, puis 5% au-dessus. Sur autoroute, il n’est donc en principe par possible d’être « flashé » en dessous de 136,5 km/h.

Il reste que face aux associations d’automobilistes, ce sont désormais aux associations de sécurité routière de jouer leur partition, et de rappeler que les chiffres de l’accidentalité sur les routes ne sont pas satisfaisants au point de retirer des sanctions. 

Après une année 2020 de forte baisse du nombre de morts (-21%) en raison des restrictions de déplacements, l’année 2021 a présenté des chiffres encourageants, avec -9% par rapport à 2019. Néanmoins, le nombre de décès de cyclistes a augmenté fortement (+120%) et les premiers mois de 2022 ne sont pas rassurants pour les automobilistes (+29% de décès le mois dernier, par rapport à avril 2021).

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