Assurance auto

Bornes pour véhicules électriques : il n'y en aura pas pour tout le monde

Publié par le , Mis à jour le 26/03/2021 à 16:19

Le nombre de bornes de recharge « publiques » pourrait devenir critique dans les années à venir. Le parc automobile électrique grandit, mais les objectifs fixés pour 2022 semblent bien lointains.

Les infrastructures et équipements doivent suivre

Jamais autant de voitures électriques ne s’étaient vendues qu’en 2020, donnant une petite lueur d’optimisme à un secteur automobile sinistré par la crise du Covid-19. Mais pour que l’industrie du véhicule électrique continue de se développer, il faut que les infrastructures suivent, ce qui n’est pour le moment pas le cas si on se réfère au nombre de bornes de recharge, par exemple.

Pour l’heure, faire le plein d’électricité en dehors de chez soi est souvent synonyme de galère pour les nouveaux automobilistes verts. Ces derniers doivent recharger leur véhicule en moyenne trois fois par semaine. 

Mais cette fréquence pourrait augmenter, car les automobilistes utilisant une motorisation électrique allongent de plus en plus leur trajet. Une récente enquête de l’entreprise Enedis a en effet montré que la distance moyenne parcourue était de 44 km en 2020, soit 11 de plus que l’année précédente. 

Recharger en dehors du domicile : un nouveau besoin ?

Le besoin de recharger sa voiture en dehors de chez soi est donc amené à augmenter dans les années à venir. Et d’autant plus que pour l’heure l’autonomie des véhicules électriques reste limitée. L’autonomie moyenne est actuellement de 275 km, et seuls 12% des sondés déclaraient posséder une autonomie supérieure à 400 km.

De plus, les résultats de cette enquête amènent aussi à penser que les véhicules électriques pourraient de plus en plus être amenés à devenir le moyen de locomotion principal des usagers : pour 65% d’entre eux, leur voiture électrique est d’ores et déjà leur véhicule principal. Un chiffre qui doit sans doute beaucoup aux possibilités de reprise des anciens véhicules thermiques, qui permettent de se convertir à l’énergie renouvelable à moindre coût. 

Les aides, bonus et autres primes à la conversion ont également contribué à la croissance du parc automobile électrique en 2020 : plus de 110 000 immatriculations enregistrées. C’est presque trois fois plus qu’en 2019 : 42 800 unités écoulées (+160% sur un an). Ce qui porte le parc électrique français (sans les hybrides rechargeables) à environ 310 000 véhicules.

Un objectif de 100 000 bornes 

Autonomies encore limitées, adoption de l’électrique pour les déplacements du quotidien, croissance forte du nombre de véhicules immatriculés… Mis bout-à-bout, tous ces facteurs pourraient bien rapidement créer une tension sur les bornes de recharge hors-domicile.

Il est vrai que 8 propriétaires d’une voiture électrique sur 10 n’ont encore jamais utilisé ces bornes. Mais pour ceux qui doivent y passer, la galère est déjà là. Près de 70% d’entre eux se déclarent insatisfaits des bornes publiques, qui s’avèrent trop souvent en panne ou dysfonctionnelles. De plus, ces automobilistes regrettent d’y voir également garées des voitures essence ou diesel qui n’ont pas à y être.

Pour faire face à ces déconvenues, et poursuivre le développement de l’électrique, les pouvoirs publics ont promis que le cap des 100 000 bornes serait atteint avant la fin de l’année. L’horizon semble ambitieux, puisque leur nombre atteint difficilement les 30 000 aujourd’hui : il faudrait donc en faire « pousser » 70 000 en neuf mois, alors que 20 000 « seulement » ont été installées entre 2015 et 2019. 

De surcroit, entre juin 2020 et le début de cette année, l’augmentation n’aurait été que de 0,2%. Selon l’Avere, (l’association nationale pour le développement de la mobilité électrique) le coût pour les 70 000 bornes manquantes serait de 500 millions d’euros. 

Priorité donnée à la charge rapide

En réalité, plutôt que de choisir de les financer directement, les pouvoirs publics compteraient inciter le secteur privé à participer à ce développement (via des subventions). C’est à cette fin que sera allouée l’enveloppe de 100 millions d’euros dont dispose le gouvernement. Un décret récent oblige en ce sens les concessionnaires d’autoroutes à installer des bornes de recharge rapide d’ici 2023, en échange de deniers publics.

La bonne nouvelle, c’est que ce décret cible l’installation de bornes rapides qui ne représentent environ que 6% des points de recharge aujourd’hui. Or, le développement de ces bornes de plus de 150 kW, qui permettent de faire le plein en une vingtaine de minutes seulement, est essentiel pour le développement de la mobilité « verte ».

La moins bonne nouvelle, c’est qu’avec cette méthode, le gouvernent entend laisser à des entreprises privées la stratégie de déploiement du réseau des bornes. On pourrait donc craindre que les aires et routes les plus rentables soient privilégiées. Ce qui porterait un coup à la répartition géographiquement équitable des bornes, qui apparaissait jusqu’ici plutôt satisfaisante. 

Économisez jusqu'à 40% sur votre assurance auto

Grâce à Assurland.com, comparez gratuitement vos assurances personnelles en quelques minutes pour être protégé au meilleur prix !

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES