Budget auto : Direct Assurance mise sur les pièces recyclées

Publié par Quentin Bas Lorant le 05/08/2022 à 12:26 , Mis à jour le 05/08/2022 à 13:17

La facture chez le garagiste grimpe d'année en année (+4,2% l'année dernière, +6,7% en 2020), et le coût des pièces détachées y contribue fortement. Pourtant, une législation de 2017 et une autre, plus récente, devrait favoriser l'utilisation de pièces de réemploi, moins chères, et plus écologiques. Or, selon une enquête menée par Direct Assurance, plus de la moitié des automobilistes affirment n'avoir jamais eu connaissance de l'existence de ces pièces, comme nous l'explique Jérémie Viscuso, directeur des sinistres chez DA.

On évoque souvent la montée en gamme du parc automobile pour expliquer la hausse de la facture chez le garagiste, est-ce vrai ?

En effet, les voitures intègrent de plus en plus d’équipement, de capteurs, et de pièces onéreuses, ce qui est un facteur de hausse. Mais comme dans beaucoup de secteur, le problème de la rareté de la main d’œuvre qualifiée joue aussi. En carrosserie, la différence entre une personne qualifiée et une moins qualifiée va se traduire par une moindre réparation des pièces, le personnel qualifié et expérimenté va réparer, tandis que celui moins expérimenté va avoir davantage tendance à remplacer, ce qui se traduit par une inflation du coût des réparations. Enfin, le troisième élément est d’ordre plus financier. En France en particulier, les constructeurs disposent d’un monopole assez important sur tout ce qui est pièces de peau (ailes, portes, hayons, capots, toits, etc.) et ils en profitent. Les tarifs peuvent ainsi être maintenus haut, et cela s'accélère d'autant plus avec l'inflation et le sujet du coût de l'énergie et des matières premières. 

Justement, en période d’inflation, comment expliquer que les pièces de réemploi soient si peu utilisées, alors qu’elles permettent de faire des économies ?

Aujourd'hui, les clients sont très sensibilisés à l'économie circulaire, et à la nécessité de recycler ce qui peut l’être. Deux tiers d’entre eux se disent ainsi assez favorable à l’utilisation des pièces de réemploi. Le problème se situe plutôt du côté de l’accès à ces pièces de seconde main. On constate que 20% seulement des assurés qui font appel à un garage pour réparer une pièce de carrosserie se voient proposer une pièce réemploi.

Pour nous, le frein est double : au niveau des réparateurs, d’abord, beaucoup préfèrent ne pas en proposer, pour des raisons principalement financières. Beaucoup estiment que la marge faite sur une pièce d’occasion est inférieure à celle faite sur une pièce neuve alors qu’elle peut être maintenue fixe (en €). Mais il y a aussi un vrai problème de disponibilité et de qualité des pièces de réemploi. Il n’existe pas à l’heure actuelle de plateforme simple permettant au réparateur de savoir où se trouvent les pièces qui existent sur le marché, ni leur état. On en arrive donc à un cercle vicieux : si les réparateurs ne demandent pas les pièces, les recycleurs ne les mettent pas à disposition, et inversement. En tant qu'assureur, nous essayons de faire en sorte que les recycleurs le fassent davantage, et nous travaillons avec les réparateurs pour qu’ils y fassent davantage appel. Il y a un effet vertueux à mettre en œuvre, autour de ce marché qui affiche un beau potentiel de croissance.

Et comment cela se passe-t-il dans votre réseau de réparateurs ?

Dans notre réseau de garages partenaires, les réparations sont garanties à vie, qu’ils s’agissent de pièces neuves ou d'occasion. Nous favorisons en particulier l’utilisation de pièces de réemploi sur tous les éléments non-sécuritaires : rétroviseurs, portière, phare, etc. « de sécurité »

« Plus nous utiliserons ces pièces, plus le prix moyen des réparations baissera, et plus nous pourrons continuer de proposer des tarifs intéressants à nos assurés ».

 

Côté assuré, le but est aussi d’agir à la baisse sur la cotisation d’assurance ?

Oui, c’est là aussi une chaîne vertueuse. Nous souhaitons d’abord permettre de faire une économie sur la pièce à changer dans un contexte d'inflation forte. Mais l’objectif est aussi de maintenir ainsi des tarifs d’assurance compétitifs. Plus nous utiliserons ces pièces, plus le prix moyen des réparations baissera, et plus nous pourrons continuer de proposer des tarifs intéressants à nos assurés, ce qui est aussi la ligne commerciale de Direct Assurance

Vous insistez aussi sur la réparation des véhicules d’occasion. 

Oui, depuis le début de l'année, le prix des véhicules d'occasion a fortement augmenté. Quand nos clients ont un véhicule économiquement irréparable, c’est-à-dire que le coût de la réparation dépasse la valeur du véhicule, ils ont une difficulté à retrouver un véhicule dans leur budget. Là aussi, utiliser des pièces de réemploi permet de réduire le coût de la réparation et donc de maintenir sa mobilité en gardant un véhicule que l’on connaît.

Quel est le bilan de la récente législation qui a abaissé la durée du monopole des constructeurs sur les pièces visibles ? Elle visait, elle aussi, à faire baisser le coût des assurances.

Oui, la durée du monopole a bien été réduite pour les constructeurs, mais ce n’est pas encore suffisant quand on compare notre situation au marché européen. La loi française conserve encore ce monopole de dix ans sur les pièces de peau ou de carrosserie, il faudrait qu’elle soit alignée sur celle de nos voisins européens. 

La facture chez le garagiste risque-t-elle de continuer de grimper avec l’inflation ?

La facture continue d'augmenter dès qu’il s’agit de carrosserie. Nous regardons cela avec attention, et nous essayons de faire en sorte de maîtriser au mieux ces coûts. Derrière, nous poursuivons notre travail avec les carrossiers pour qu’ils proposent le plus possible la réparation plutôt que le remplacement. C’est, pour nous, la meilleure solution pour modérer l'envolée du coût des réparations.


Les résultats du sondage Direct Assurance par Viavoice 

  • 60% des automobilistes interrogés déclarent qu'on ne leur a jamais proposé de pièces auto recyclées

Parmi ceux qui déclarent y avoir eu recours : :

  • 56% ont accepté pour préserver leur pouvoir d'achat
  • 33% pour des raisons écologiques
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