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Cannabis : un seul joint affecte la conduite pour 13 heures

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Les fumeurs occasionnels ont moins de vigilance que les autres

C’est du jamais vu. Des scientifiques ont demandé à une trentaine de consommateurs de cannabis de fumer des joints pour étudier l’impact de cette drogue sur la conduite.

Des joints de 10 à 30 milligrammes de THC

En France, quelque 500 personnes sont tuées chaque année dans un accident de la route causé par des stupéfiants. Pour étudier l’impact du cannabis sur la conduite, des cobayes ont fumé « des joints de qualité » dans le cadre d’une étude inédite. Les participants à cette étude ont donc fumé des joints afin de tester leur vigilance psychomotrice et leurs performances de conduite dans la durée.

Les chercheurs des hôpitaux Raymond-Poincaré à Garches (AP-HP) et Sainte-Marguerite de Marseille ont donc demandé à quinze fumeurs réguliers (un ou deux joints par jour) et quinze fumeurs occasionnels (un ou deux joints par semaine) de se mettre derrière le volant d’un simulateur de conduite.

Des hommes de 20 à 34 ans recrutés par voie d’affichage dans les facs de médecine et de droit. L’expérience s’est déroulée durant trois sessions de 26 heures avec une méthodologie encadrée. Le cannabis a notamment été mélangé avec un gramme de tabac afin d’obtenir des joints de 10 à 30 milligrammes de THC.

Avant de monter dans le simulateur, les scientifiques ont mesuré le taux de THC des fumeurs grâce au même test salivaire utilisé par les autorités et à une prise de sang.

« Les chroniques tirent davantage sur les joints »

Sans surprise, le cannabis a un réel impact sur la concentration des conducteurs. D’après les résultats, le temps de réaction est allongé de 17% à 20% pour les fumeurs. Ce qui est plus surprenant,  ce sont les effets qui sont plus ou moins prononcés selon la « catégorie » du fumeur. Concrètement, le cannabis va s’estomper au bout de huit heures chez un fumeur régulier alors qu’il mettra treize heures chez le fumeur occasionnel. Un constat qui peut s’expliquer par le fait que « les chroniques tirent davantage sur les joints car cela leur fait moins d’effet et ils ont besoin d’une dose supérieure » explique Jean-Claude Alvarez, spécialiste de pharmacologie et toxicologie à l’Inserm.

 
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