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Chute du cours du pétrole WTI : quel impact sur les prix à la pompe en France ?

Publié par le , Mis à jour le 21/04/2020 à 11:51

Les prix à la pompe chute depuis maintenant 8 semaines consécutives

L'événement a eu une résonance très forte dans l'actualité boursière. Le cours du pétrole WTI, référence en termes de tarifs du baril aux États-Unis, est passé en territoire négatif le lundi 20 avril 2020 : une première dans l'histoire ! Cela signifie que les détenteurs de barils ont payé pour se débarrasser de ces produits. Mais cela aura-t-il un impact sur les prix à la pompe en France ?

Une chute vertigineuse du cours du pétrole WTI (américain) le 20 avril 2020

C'est historique : le prix du baril (159 litres) de pétrole américain WTI est passé sous la barre du 0 ce lundi 20 avril 2020, avec un prix enregistré au plus bas à -37,63 dollars (environ -34 euros). Cela peut sembler inouï, mais les propriétaires de barils de pétrole ont payé les acheteurs pour se séparer de cet « or noir ». Et en moins de trois jours, le baril WTI a perdu presque 60 dollars de valeur ; cela est directement lié à la pandémie de coronavirus COVID-19 et aux mesures sanitaires adoptées par les différents gouvernements pour la prévenir.

Plus précisément, ce sont les livraisons prévues pour mai qui ont perturbé le marché. Les contrats des traders pour livraison en mai expirent ce lundi 21 avril ; ces derniers ont donc tenté de bradé leurs prix. Ce pétrole se trouve encore dans des oléoducs et tankers et les investisseurs ne disposent pas de lieu de stockage jugé rentable.

Il faut dire que la demande en pétrole brut s'est écroulée depuis les divers confinements instaurés dans différents pays. Les avions restent au sol, les voitures ne circulent presque plus, les usines ont arrêté toute activité, bref, la consommation mondiale a grandement diminué. Et si la demande baisse in fine, les stocks, eux, s'accroissent. « La production continue, les stockages sont très plein, et donc ceux qui offrent ce pétrole ont besoin de s'en débarrasser », analtyse Jean-Louis Schilanski, président du MEDEF Paris et ancien président de l'Union française des industries pétrolières.

Cela va-t-il avoir un impact sur les prix à la pompe en France ?

La question qui intéresse maintenant de nombreux Français est la suivante : le prix du carburant va-t-il baisser dans notre cher pays ? Il faut être prudent et mettre en évidence plusieurs éléments. Tout d'abord, l'essence est issu de la raffinerie du pétrole brut. Elle exige donc une transformation du produit ainsi que son stockage, engendrant des coûts supplémentaires à prendre en compte. De plus, le carburant est très fortement taxé en France ; l'abaissement de ces taxes considérées comme abusives étaient notamment l'une des revendications du mouvement des Gilets Jaunes.

Mais depuis ces deux derniers mois et particulièrement depuis le début du confinement, les prix à la pompe ont tout de même baissé. Le lundi 20 avril, le prix du gazole était à 1,2132 euro le litre, soit 0,91 centime de moins que la semaine précédente, d'après les données du ministère de la Transition écologique et solidaire. Quant à l'essence super sans plomb 95, elle est en recule de 1,19 centime pour afficher un tarif de 1,2621 euro le litre. Enfin, le SP95-E10 contenant 10 % d'éthanol est à 1,2514 euro le litre (-0,93 centime) et le SP98 à 1,3362 euro le litre (-0,97 centime).

Un marché du pétrole en crise pendant le Grand Confinement et la pandémie de coronavirus

En Europe, ce n'est pas le baril WTI texan qui fait office de référence, mais le baril Brent, produit en Mer du Nord. Ce lundi, son prix tournait autour de 26 dollars environ. Aujourd'hui, le mardi 21 avril 2020 aux alentours de midi, le cours du baril WTI est à environ 18 dollars, tandis que celui du baril Brent se trouver à un peu plus de 21 dollars. Mais ces valeurs sont encore très susceptibles de changer.

En effet, les mouvements des investisseurs ne cessent de faire osciller les prix de manière difficilement prévisible. En outre, la baisse de la demande contribue également à mettre en difficulté les pays exportateurs de pétrole, comme les membres de l'OPEP. Ces derniers ont d'ailleurs déjà passé des accords pour réduire leurs exportations.

 
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