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Confrontées à un secteur en mutation, les concessions automobiles craignent pour leur avenir

Publié par le , Mis à jour le 21/07/2021 à 18:47

Une grande incertitude plane sur l'avenir des concessionnaires automobiles : la crise du véhicule neuf, la vente en ligne, et la récupération de la distribution par les constructeurs sont autant d'inquiétudes pour cette activité qui emploie 160 000 personnes en France et particient à l'économie de nombreux centre-villes.

Quel avenir pour la filière automobile ?

La réorientation de l’industrie automobile hexagonale vers la motorisation électrique a de quoi inquiéter les salariés des constructeurs, qui ont demandé à s’entretenir récemment avec Emmanuel Macron à ce sujet. Mais, au rayon des inquiétudes, les distributeurs, et en particulier les concessionnaires, craignent eux aussi d’arpenter bientôt une voie très accidentée.

C’est que leur métier risque de changer en profondeur dans les années à venir, voire de disparaitre. Les concessions sont aujourd’hui au nombre de 4 000 en France : c’est 2 000 de moins qu’il y près de 10 ans, en 2009. L’activité emploie encore 160 000 personnes.

Pour rappel, la concession est l’un des moyens ouverts aux constructeurs pour vendre leurs véhicules : elle fonctionne comme une franchise, qui achète la marque et les voitures pour les revendre. Quand la partie vente est assurée par les constructeurs eux-mêmes, on parle au contraire de succursale (c’est le modèle minoritaire : seuls 7% des espaces de ventes Renault sont par exemple des succursales, 7% chez Peugeot).

Le modèle de la franchise en crise

Or, c’est ce modèle de la franchise qui se voit de nos jours battu en brèche par plusieurs tendances. Tout d’abord, de façon conjoncturelle, les concessions ont grandement souffert de la crise sanitaire : elles ont été fermées à plusieurs reprises (car jugées non-essentielles), ont dû se conformer au principe du « click and collect » quand elles étaient ouvertes, et connaissent désormais des difficultés d’approvisionnement en véhicules en raison de la crise des semi-conducteurs qui affecte l’ensemble du secteur.

D’un point de vue purement comptable, le marché de la voiture neuve se trouvait toujours à la peine à l’issue du premier semestre, or c’est bien sur ce segment que les concessionnaires peuvent espérer toucher le plus. De même, depuis un an, c'est le marché de l'occasion, en particulier sur les sites entre partucliers, qui se porte le mieux.

De plus, comme d’ailleurs de nombreuses activités, les concessionnaires se voient aussi concurrencés par des acteurs en ligne, qui montent en puissance, à l’image d’Aramisauto (propriété de Stellantis) qui vient, en juin, d’être introduit en Bourse, avec une valorisation qui approche les 2 milliards d’euros.

Au-delà, des constructeurs comme Tesla ont aussi fait le choix d’abandonner la vente physique, en ne vendant qu’en ligne, tout comme le chinois Aiways. La tentation est grande également du côté des marques françaises, qui ont été contraintes de se mettre à la vente sur internet en raison de la crise sanitaire. 

Stellantis (ex-PSA) a le plus d’avance sur le sujet, avec son investissement dans Aramisauto, mais aussi avec l’annonce que trois de ses marques, Peugeot, Citroën et DS auraient bientôt chacune un site dédié offrant la possibilité de configurer et d’acheter son véhicule en ligne : une stratégie qui ferait alors fi des intermédiaires que sont les concessionnaires.

Premières tensions entre Stellantis et ses distributeurs

Mais, déjà, le torchon brûle entre Stellantis et ses distributeurs : le groupe a annoncé fin mai son souhait de résilier les contrats le liant à l’ensemble de son réseau de distribution en Europe (à l’occasion d’une modification de la réglementation européenne). L’idée serait d’en tisser un nouveau, plus économique, mais au détriment, peut-être, du contact client. 

L’argument des économies ne tient pourtant pas pour les distributeurs, selon lesquels le coût d’un réseau a baissé depuis 10 ans pour les constructeurs, tandis que le prix des modèles neufs sur catalogue augmente : eux aussi auraient bien besoin d’un aggiornamento pour rétablir des marges qui se rétrécissent. 

Bientôt probablement concurrencés par les marques qu’elles servaient autrefois, les concessions entrent bien elle aussi dans une zone turbulence, qui menace de révolutionner la façon d’acheter sa voiture.

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