Assurance auto

Des assureurs misent sur la Blockchain pour préparer la voiture connectée

Publié par le , Mis à jour le 14/10/2020 à 11:02

La 5G permettra l'échange de données véhicule en quasi temps réel

Deux assureurs, le groupe Matmut et Crédit Agricole Assurances, tentent de préparer l’avenir de l’assurance auto. C’est le sens de leur projet de se rapprocher, au sein d’un consortium, pour élaborer une plateforme de données automobiles reposant sur la technologie Blockchain, et destinée à l’ensemble de la filière, des constructeurs aux assureurs.

Constructeur, réparateur, assureurs… maillons d’une même chaîne

Au sein de ce consortium on trouve d’ores et déjà un constructeur : le groupe PSA. Ainsi que Mobivia, spécialisée dans la réparation et l’entretien des véhicules (le groupe détient les enseignes Norauto, Midas et Auto 5, entre autres). Deux acteurs opérant dans l’innovation numérique, SystemX et The Blockchain SDEV, sont eux en charge d’accompagner les industriels dans l’adoption et l’usage de la technologie Blockchain.

Mais pourquoi les assureurs s’intéressent-ils eux aussi à cette technologie qui fait tant parler d’elle ? Pour tenter de la résumer, la Blockchain est une base de données en ligne ultra-sécurisée car cryptée et détenue uniquement par ses contributeurs.  

Une technologie adaptée à une future voiture connectée

Le recours à cette technologie est en fait une anticipation faite par la filière automobile. Avec le développement des véhicules connectés, un nombre exponentiel de données vont être collectées : usure des équipements, habitudes du conducteur, historique des anciens propriétaires… Le stockage de toutes ces données personnelles au sein d’une Blockchain permettrait un suivi fiable et infalsifiable du véhicule, tout en protégeant la vie privée du conducteur selon les normes de la RGDP (au sein de l'Union européenne au moins).

L’ambition est bien celle-ci : créer un passeport numérique du véhicule connecté, stocké dans une plateforme de données cryptées et certifiées. Mais, bien sûr, l’idée n’est pas seulement de mettre à l’abri ces données mais aussi de les exploiter commercialement.

Créer aussi une économie de services personnalisées

Dans le domaine assurantiel par exemple, cette initiative pourrait permettre d’élaborer des contrats d’assurance sur mesure. L’ensemble des données à disposition permettrait de calculer de façon très précise la sinistralité potentielle du conducteur et du véhicule, notamment grâce à l’échange de nombreuses informations en temps réel au moyen de la 5G. En somme, un perfectionnement au milimètre d’une police d’assurance qui existe déjà, mais qui pourrait bien être beaucoup plus plébiscitée à l’avenir : le « pay how you drive », qui permet de payer votre cotisation moins chère si vous êtes un bon conducteur.

Pour les constructeurs et revendeurs, l’ensemble des données mécaniques pourrait donner une idée très précise de la valeur marchande du véhicule tout au long de sa vie. Côté garages et réparateurs, il serait plus facile de prédire les besoins de maintenance par exemple, ou d’identifier une panne.

Bref, toutes une palanquée d’applications et une économie de services personnalisées qui devra pourtant reposer sur un nouvel état d’esprit : la coopération de l’ensemble de la filière pour nourrir et valoriser cette base de données.

La Blockchain devrait bientôt intéresser toute la filière

Le projet a été lancé cet été, en juin 2020 et est toujours à l’état d’expérimentation. Mais l’objectif est de démontrer son intérêt stratégique pour l’avenir en début d’année prochaine. Pour apporter à la dimension collaborative du projet, le consortium a mis à disposition en ligne un Livre blanc détaillant le contexte marché, les objectifs de la plateforme, et son business model.

Une tentative similaire avait déjà vu le jour en 2018, avec le rapprochement des constructeurs BMW, Ford, General Motors et Renault. Ils avaient fondé un groupe de recherche, toujours actif, baptisé MOBI, pour Mobility Open Blockchain Initiative. Avec l’aide d’autres acteurs (dont IBM) l’idée était de développer les véhicules autonomes en sécurisant sur une Blockchain les informations qui leur permettent de se déplacer seuls, afin qu’ils ne puissent pas être détournés.

 
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