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Effondrement d'un pont : quel est l'état des ponts routiers français ?

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Auto : en France, plus de 25 000 ponts sont en mauvais état

L’effondrement d’un pont au nord de Toulouse, à Mirepoix-sur-Tarn, fait ressurgir les questions relatives à l’état des ponts routiers en France. Créée après l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, en Italie, une mission d'information sur la sécurité des ponts révélait en juin dernier qu’au moins 25 000 ponts présentent des problèmes de sécurité.

Les ponts gérés par les collectivités territoriales inquiètent

Dans quel état se trouvent les ponts en France ? Un pont suspendu qui enjambe la rivière Tarn s'est effondré, ce lundi 18 novembre, à Mirepoix-sur-Tarn au nord-est de Toulouse (Haute-Garonne). D’après un premier rapport, l’effondrement de cet ouvrage métallique a fait au moins neuf victimes. Si le conseil départemental a rapidement précisé que ce pont n'était pas considéré comme un ouvrage sensible, cet accident nous fait nous rappeler la vétusté d’un grand nombre de ces infrastructures.

Au lendemain de l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, en Italie, le 14 août 2018, des sénateurs avaient été chargés d’analyser la sécurité des ponts Français. Dans un rapport rendu en juin dernier, cette mission d’information se voulait pour le moins alarmante. « Au moins 25 000 ponts sont en mauvais état structurel et posent des problèmes de sécurité et de disponibilité pour les usagers », précisait ainsi le rapport.

En France, la gestion de ces infrastructures est partagée entre les communes, les départements, l’Etat et les sociétés d'autoroute. Selon la mission d’information, l’inquiétude se porte particulièrement sur les ponts gérés par les collectivités territoriales. Parmi les 25 000 ouvrages évoqués, 16 000 dépendent des communes (18 à 20 % des ponts communaux) et 8 500 des départements (8,5 % des ponts départementaux). « Je suis marqué par le désarroi des équipes municipales, notamment des plus petites communes. Elles sont parfois complètement démunies », souligne à Franceinfo Michel Dagbert, sénateur (PS) et rapporteur de la mission d'information.

Des ouvrages vieillissants

Si autant d’ouvrages se trouvent actuellement dans un état préoccupant c’est en raison de leur date de construction. Alors qu’on estime à 70 ans la durée de vie moyenne d’un pont, près de 2 800 ont été construits entre 1951 et 1975. Un nombre conséquent puisque cela représente un quart des ponts réseau routier national non concédé, selon le rapport parlementaire. « Il est urgent d'intervenir, mais il n'est pas trop tard. Si on ne fait pas ça, on peut craindre qu'un grand nombre de ponts soit fermés ou entraînent des accidents plus ou moins importants », alerte Patrick Chaize, sénateur (LR) et rapporteur de la mission d'information.

Lors de la remise de leur rapport en juin dernier, les sénateurs demandaient le lancement d’un « grand plan Marshall ». Concrètement, les sénateurs recommandaient de porter à 120 millions d’euros par an le budget consacré à l’entretien de ces ponts mais aussi de créer dès 2021 un fonds d'aide aux collectivités locales doté de 130 millions d'euros par an pendant dix ans. Interrogé par le Huffington Post, Michel Dagbert rappelle également la nécessité de mettre en place un « système d’information géographique et national où l’ensemble des ouvrages serait répertorié ».

 
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