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Assurance auto

La voiture autonome questionne le monde de l'assurance

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Waymo est l'un des leaders sur le marché de la voiture autonome

La voiture autonome est une technologie perçue comme révolutionnaire, permettant une autre approche de la mobilité. Le véhicule de demain en somme. Alors que les tests de ces automobiles sans chauffeurs se font de plus en plus nombreux, les assureurs et assurtech se positionnent. Focus sur les questions que peuvent poser cette technologie, qui pour la première fois, a tué un piéton lundi 19 mars.

La voiture autonome, une technologie vendue comme plus sure

La voiture autonome a beau être clivante, il est indéniable que les constructeurs automobiles, entreprises de VTC ou spécialisées dans les hautes technologies, perçoivent ce moyen de transport comme celui du futur. Faire rouler une auto sans chauffeur est un véritable défi que plusieurs sociétés ont décidé de relever depuis quelques années. Les tests sur circuits fermés ou sur routes ouvertes, en pleine ville, sont fréquents. Et alors qu’un taxi autonome sans conducteur Uber a tué un piéton lundi 19 mars, cette technologie questionne. C’est une première dans l’histoire récente de ces véhicules autonomes. Malgré les accidents des véhicules Tesla et Google en 2016 et de Uber en 2017, il n’y avait jusqu’à présent pas eu de victimes.

Cette voiture est pourtant vendue comme plus sure, comme une technologie permettant de réduire le nombre d’accidents. Certains chercheurs avancent même qu’ils pourraient diminuer de 90 %. Pour les avocats du véhicule autonome, lors d’un accident les erreurs sont humaines et proviennent rarement d’une défaillance de l’auto. Pour Laurent Meillaud, expert des technologies automobiles, les entreprises n’ont pas encore développé les voitures sans risques. Il l’explique au micro de RTL : « Il y a une échelle de 0 à 5 de la conduite autonome, et aujourd'hui personne n'est vraiment capable de faire du niveau 5 de façon vraiment fiable ». Une voiture autonome qui n’est pas encore au point donc, mais une technologie qui pose beaucoup de questions.

Les assurtech déjà positionnées sur le marché

Lors d’un accident, comme celui survenu lundi 19 mars dans l’Arizona, qui est responsable quand une voiture autonome provoque l’accident ? La question éthique est souvent posée. Ce type de véhicule choisira-t-il entre le passager et la personne à l’extérieur de l’auto ? Pour le moment, la convention de Vienne fait loi et dit que le conducteur est responsable. Ce texte n’évoque néanmoins pas la question de la voiture entièrement autonome. Mais ce n’est pas la seule question qui reste en suspens. Qu’en est-il des assurances ? Voyant les tests se multiplier, assureurs et assurtech se positionnent en tout cas sur le marché sans avoir pour l’instant trouvé le bon modèle : assurance plus chère car l’auto est bardée de capteurs ? Moins chère car le risque est réduit ? Cette assurance sera-t-elle souscrite par le conducteur ou par le constructeur ?

La question agite le monde de l’assurance. Et notamment de savoir qui aura la primeur : les assureurs ou assurtech ? Pierre Stanislas, CEO de Wilov, a son avis sur la question. Il l’indique au Journal du Net : « Dans le cas d'une flotte de véhicules autonomes, je pense plutôt qu'un Waymo (la filiale voiture autonome de Google, ndlr) ou un Uber se positionneront avec des assurtech ». Trov, une assurtech américaine a d’ailleurs déjà frappé en signant en 2017 un partenariat avec Waymo. Les start-up de l’assurance sont perçues comme mieux placées notamment en raison du fait qu’elles se présentent comme des entreprises de « la tech ». « Nous pensons que nous pouvons construire un standard dans le monde du transport autonome et de la mobilité personnelle » indiquait au JDN Scott Walchek, CEO de Trov. Cette dernière n’est d’ailleurs pas la seule à s’être positionnée. Root, une autre assurtech américaine, spécialisée dans le « pay how you drive » a développé fin 2017 une offre pour les conducteurs de voitures Tesla. Le prix baisse, plus le conducteur conduit.

Les assureurs peuvent compter sur leur budget

Etre placé ne suffit néanmoins pas pour Salim Echoukry, président du cabinet spécialisé dans l'innovation Klein Blue Partners. Selon lui, les assurtech pâtissent de leur jeunesse. « Comme la voiture autonome est un business qui arrivera à maturité dans 5 ou 10 ans, une assurtech qui se positionne là-dessus aura grillé toute sa trésorerie d'ici là. Seule une insurtech qui génère déjà une centaine de millions de dollars de revenus par an peut envisager y arriver » explique Salim Echoukry au JDN. Surtout que les assureurs traditionnels ne comptent pas délaisser ce secteur. Pour le président de Klein Blue Partners, ces derniers peuvent réussir en raison de leur budget : « Les constructeurs se dirigeront plutôt vers des assureurs avec un gros bilan ».

Les assurances traditionnelles rencontrent néanmoins quelques difficultés. Pour Pierre Stanilsas, cela doit notamment au fait qu’elles doivent franchir plus d’obstacles que les assurtech : « Ils ne partent pas d'une feuille blanche, c'est donc forcément plus difficile ». Si les assureurs développent tous des cellules dédiées à la voiture autonome, certains ont pris de l’avance. C’est notamment le cas d’Allianz qui a lancé en 2016 une assurance pour voitures semi-autonomes. Pour François Nédey, dirigeant d’Allianz France, une offre pour véhicules entièrement autonomes est plus complexe. « Il faut prendre en compte les différents scénarii et voir quel rôle on peut jouer. Est-ce que cette technologie est prête ? Pour le moment non » explique-t-il au JDN. Le futur nous en dira un peu plus.

 
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