Près de 30 000 personnes victimes d'un conducteur non-assuré en 2020

Publié par Quentin Bas Lorant le 04/08/2021 à 15:54 , Mis à jour le 21/01/2022 à 00:00

En France, la conduite sans assurance continue à faire des ravages, et il semblerait que la crise n’y change rien, ou, pire, que la situation se dégrade. D’après le Fonds de garantie des victimes (FGAO), près de 30 000 personnes ont été victimes d’un accident de la route causé par un automobiliste en défaut d’assurance en 2020.

27 332 victimes recensés en 2020

Ce fonds, qui indemnise les victimes de la non-assurance automobile, et mène des actions de prévention, publie chaque année un baromètre du défaut d’assurance. Cet indicateur permet ainsi de savoir année après année si la situation en la matière s’aggrave ou non.

Dans le détail, ce sont exactement 27 332 victimes qui ont été recensées, dont 7 8984 victimes corporelles, parmi lesquelles on déplore 128 décès. En nombre de victimes, on remarque une baisse au de près de 32 000 victimes au regard de 2019 : -14,4%.

Toutefois, cette bonne nouvelle est à nuancer, en raison de la situation exceptionnelle de 2020. Les restrictions de déplacements et couvre-feux ont considérablement fait baisser le trafic routier. Le fait qu’il demeure 27 000 victimes de la non-assurance est donc profondément alarmant, quand on sait que la mortalité routière a baissé au global de 21,4% l’année dernière (2 500 vies perdues, soit 700 victimes de moins qu’en 2019).

En résumé : il y a un moins d’accidents routiers (et a fortiori moins d’accidents mortels) en 2020 par rapport à 2019, mais les automobilistes non-assurés ont été davantage impliqués dans ces sinistres. Pour cette raison, le montant des indemnités versées aux victimes (une centaine de millions d’euros en 2020) est en baisse par rapport à 2019 (-8%), mais en hausse de plus de 10% par rapport à 2015.

La crise économique renforce la non-assurance

Pour le directeur du FGAO, ce renoncement à l’assurance est à mettre relation avec la crise sanitaire et économique débutée l’année dernière. En période d’incertitude pécuniaire et de chômage accru (même partiel) l’assurance automobile devient un poste de dépense auquel certains font le choix de renoncer, malgré son caractère absolument obligatoire (y compris si la voiture ne sort jamais du garage).

Depuis sa création en 1951, le FGAO établit aussi un portrait-robot de l’automobiliste non-assuré, non pour stigmatiser, mais pour mieux cerner ses motivations. En 2020, la raison financière, comme souvent, s’avère déterminante : 60% des non-assurés ont des revenus modestes, la même proportion a moins de 35 ans, mais 8 sur 10 sont de sexe masculin. 

A l’heure actuelle, on compterait 700 000 conducteurs non assurés dans l’Hexagone, et leur nombre serait en augmentation. Cette progression pour partie attribuée à la crise, mais aussi au fait qu’il est de plus en plus aisé de se procurer une fausse carte d’assurance, dont les annonces fleurissent sur les réseaux sociaux.

Cette attestation factice, qui ne couvre aucun dommage, servirait à échapper aux contrôles de routine, et pourrait s’obtenir contre une cinquantaine d’euros. Une économie que les fraudeurs estiment non-négligeable face à un coût de 611 euros en moyenne par an pour une assurance auto, et surtout en augmentation de 12% sur cinq ans.

De même, le FGAO est également en mesure d’identifier les zones géographiques les plus sinistrées par la non-assurance : dans l'ordre, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d'Oise, Paris et les Bouches-du-Rhône sont les départements les plus touchés. Par ailleurs, les automobiles sont bien plus concernées que les deux roues (81% des accidents pour les premières, contre 6% pour les seconds). 

Le défaut d'assurance : un coût pour toute la société

Pour faire baisser cette sinistralité, le FGAO rappelle que le défaut d'assurance entraîne une amende forfaitaire de 750 euros, et que la réponse pénale peut, elle, aller jusqu'à 7 500 euros d'amende, assortie de peines complémentaires (suspension ou retrait de permis, peines de prison etc.).

Récemment, pour sanctionner plus efficacement les non-assurés, le FGAO a également contribué à établi un Fichier des Véhicules Assurés (FVA) qui peut désormais être recoupé par les forces de l’ordre, et y compris par des caméras, dans le cadre de la vidéo-verbalisation. 

De plus, un projet de loi actuellement en préparation prévoit de rendre la présentation du certificat d’assurance obligatoire lors du passage au contrôle technique, afin d’empêcher les contrevenants de pouvoir rouler. Cette proposition viserait à terme à faire baisser les primes d’assurances auto, car plus il y a d’assurés, plus le risque est mutualisé, et donc plus les cotisations diminuent. La non-assurance a donc aussi un coût pour l’ensemble des assurés auto.

Enfin, il convient de rappeler que la non-assurance automobile n’est et ne doit pas être une fatalité. Il est toujours possible d’être couvert, même en cas de malus important, et y compris pour les conducteurs résiliés. Passer par un comparateur d’assurance gratuit peut vous permettre de voir facilement si des assureurs acceptent de vous assurer. Si tel n’est pas le cas, le Bureau Central des tarifications (BCT) qui se chargera de vous trouver une assurance auto et en fixera le prix. L’assureur ne pourra pas refuser votre dossier.

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