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Quel a vraiment été l'impact de l'abaissement de la vitesse à 80 km/h ?

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Sécurité routière : un véritable effet 80 km/h ?

Entrée en vigueur le 1er juillet 2018, l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ne fait toujours pas l’unanimité, au contraire. Entre les déclarations d’Emmanuel Macron et celles de son Premier ministre le débat est réapparu sur le devant de la scène. Mais seulement 6 moi après, est-il possible de tirer un premier bilan ?

116 vies épargnées selon Edouard Philippe

Lundi dernier Edouard Philippe présentait le bilan 2018 de la sécurité routière. Un bilan qualifié d’historique par le Premier ministre en raison de la très nette baisse du nombre de tués sur les routes. Mais cette présentation a aussi été l’occasion d’évoquer, une nouvelle fois, l’abaissement de la vitesse à 80 km/h. Selon le chef du gouvernement 116 vies ont été épargnées sur les routes secondaires abaissées à 80 km/h au 1er juillet. Des chiffres qui viendraient donc légitimer l’une des mesures les plus contestées du début de quinquennat d’Emmanuel Macron. « Quand nous avons pris cette décision avec le gouvernement, avec le président de la République, nous avons pris nos responsabilités. Nous avons pris une décision que nous savions impopulaire (…) mais qui ne nous paraît pas remettre en cause la façon dont nos concitoyens peuvent se déplacer et qui produit des résultats. Nous sommes fiers des résultats, de ces vies épargnées », avait ainsi indiqué le Premier ministre.

Des aménagements sur la limitation à 80km/h ?

Oui mais voilà, la chose n’est pas si simple. Malgré sa volonté d’afficher une position ferme, Edouard Philippe a dû concéder qu’il « était légitime de discuter » le bien fondé des 80 km/h. Une discussion ? Depuis les propos d’Emmanuel Macron il y a quelques jours, le 80 km/h a quelque peu pris du plomb dans l’aile. Lors de l’ouverture du grand débat national dans le gymnase de Grand Bourtheroulde (Eure), Emmanuel Macron s’était dit ouvert à des aménagements sur la limitation à 80km/h. « Il y a des propositions qui ont été faites par le gouvernement, il y a une bronca. Est-ce qu’il faut tout arrêter ? Franchement, non… Est ce qu’on peut faire quelque chose qui soit mieux accepté et plus intelligent ? Sans doute oui... », a expliqué le Président de la République. Une annonce qui a bien évidemment provoqué quelques remous. Mais alors, maintenu ou non ? S’il apparaît certain que cette mesure ne sera pas annulée, du moins pas tout de suite, l’exécutif va être contraint d’échanger avec les collectivités locales.

Un premier bilan le 1er juillet 2020

L’annonce d’Edouard Philippe a également été quelque peu prématurée. Il est encore bien évidemment trop tôt pour savoir si oui ou non cette mesure à un réel impact. Edouard Philippe lui-même expliquait il y a quelques mois qu’un premier bilan serait tiré le 1er juillet 2020. Une décision soutenue par Anne Lavaud, déléguée générale de l'association Prévention routière. « Il faut absolument tenir jusque-là pour avoir des résultats tangibles et fiables », indique-t-elle au micro d’Europe 1. Quelques jours plus tôt, c’était Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la Sécurité routière qui souscrivait à ce besoin d’attendre : « c’est totalement prématuré au bout de six mois de dire que la baisse de la mortalité sur ces routes est liée aux 80 km/h. Tout comme on ne peut pas affirmer que le bilan serait différent si ces routes étaient restées limitées à 90 km/h ». Attendre pour avoir un véritable bilan mais aussi peut-être pour laisser passer l’orage. Comme le rappelait la Sécurité routière dans une vidéo défendant les 80 km/h, la plupart des mesures de sécurité routière votées ces 40 dernières années avaient été critiquées. 

 
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