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Renault, puis Peugeot, se font rattraper par le scandale du « dieselgate »

Publié par le , Mis à jour le 10/06/2021 à 10:14

Les firmes au losange et au lion vont-elles être finalement rattrapées par le dieselgate ? Renault et Peugeot devront en tout cas présenter leurs arguments devant la justice, puisque les deux constructeurs viennent d’être mis en examen pour « tromperie entraînant un danger pour la santé de l’homme ou de l’animal », au sujet des niveaux d’émissions de certains de leurs véhicules diesel.

Le dieselgate de retour sur le devant de la scène

Comme Volkswagen, Renault est accusé d’avoir installé un logiciel dans ses véhicules diesel pour fausser les contrôles antipollution. Les moteurs dont les niveaux d’émissions auraient été « truqués » sont ceux de la génération Euro 5 (mis en circulation entre 2009 et 2011) et de la génération Euro 6B (2013-2017). Mais, d’après les confidences d’un ancien salarié, cette pratique frauduleuse aurait pu débuter bien avant, dès les années 1990.

Du côté de Peugeot, les moteurs incriminés ont été mis sur le marché entre 2009 et 2015 (génération Euro 5 également), soit près d'1,9 million de véhicules diesel.

Pour rappel, le constructeur allemand avait lui reconnu à l’automne 2015 avoir équipé 11 millions de ses voitures du même type de logiciel, qui a permis de dissimuler des émissions pouvant dépasser jusqu’à 40 fois les normes autorisées. 

Par la suite, une série d’enquêtes ont été menées, en France, pour détecter les mêmes abus. Dans un rapport datant de fin 2016, le service de la répression des fraudes avait mis en exergue des écarts allant jusqu’à 377% entre les mesures faites au moment des tests chez Renault et celles constatées en conditions réelles. 

Renault réfute les accusations de triche sur les niveaux de pollution

C’est sur la base de ces rapports que trois informations judiciaires ont été ouvertes en France, contre Volkswagen et Renault, donc, mais aussi contre le concurrent PSA (Peugeot-Citroen) et Fiat-Chrysler, faisant désormais partie du groupe Stellantis. 

Seuls Renault et Peugeot sont pour le moment mis en examen, mais ils nient tout deux en bloc, et réfutent avoir installé le moindre logiciel de fraude. D’après la firme au losange, deux expertises indépendantes le démontreraient, tandis que les écarts mesurés seraient dus à l’adoption de la nouvelle norme de mesure.

La nouvelle procédure, appelée WLTP (Worldwide Harmonised Light Vehicle Test Procedure) se rapproche davantage, pour ses tests, de l’utilisation d’un véhicule dans la vie de tous les jours. Elle a justement été mise en place suite au scandale du dieselgate.

Bien sûr, faire preuve de son innocence sera capital pour Renault et Peugeot. D’abord d’un point de vue financier, la mise en examen peut en effet aboutir à un procès, et, surtout, à une série d’indemnisations des propriétaires des véhicules mis en cause, qui ont été trompés. Chez Volkswagen, le scandale a pour cette raison déjà coûté une trentaine de milliards d’euros

De plus, la perspective d’un procès médiatique et d’une potentielle culpabilité, serait également une tâche sur l’image de marque de Renault, que souhaite redorer (ou en tout cas moderniser) le nouveau patron de la marque, Luca de Meo. 

Un frein pour la « Renaulution » ?

Amorcée en janvier dernier, la « Renaulution » qui est en cours apparait avec le recul comme une habile stratégie visant à montrer que le constructeur s’engage en faveur de l’environnement, et ce en dépit d’éventuelles erreurs commises par le passé.

Ce plan d’action prévoit en effet de valoriser les initiatives électriques de la marque. La plus emblématique est le retour annoncé de la R5 en version « propre ». Mais le développement de l’alimentation par batterie devrait également être la règle pour les autres marques du groupe, notamment chez Alpine et Dacia, dont la Spring, annoncée comme la voiture électrique familiale la moins chère du marché, sortira à la rentrée.

Actuellement leader sur le marché de l’électrique en Europe (avec 116 000 véhicules non-thermiques vendus en 2020), Renault a su très vite prendre un tournant commercial qui pourrait sauver son image, si les accusations qui planent sur l’entreprise s’avèrent exactes. 

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