Assurance auto

Retour de la taxe au poids dans les débats, le secteur auto s'inquiète

Publié par le

SUV allemand, le BMW X6 est un véhicule particulièrement lourd

Retour de la taxe au poids dans les débats et discussions au sein du gouvernement. Cette taxe avait été proposée par la CCC (Convention citoyenne pour le climat). Dans un contexte où le marché automobile est déjà en difficulté, l'annonce de cette potentielle nouvelle taxe fait grincer des dents. En effet, cette dernière risque fort de pénaliser une grande partie du marché.

L'idée d'une taxe au poids dans le secteur auto n'a pas été écartée par le gouvernement

En octobre 2019 avait été constituée la Convention citoyenne pour le climat, qui avait fait moult propositions dans le but de réduire l'empreinte écologique de la France. Parmi les idées amenées, on trouvait par exemple la limitation de vitesse à 110 km/h sur l'autoroute, idée par ailleurs très vite abandonnée, mais aussi une nouvelle taxe au poids sur les véhicules. Autrement dit, un nouveau malus auto pourrait apparaître et concerner les modèles les plus lourds. Se trouvent dans le viseur du gouvernement les SUV, jugés comme polluants et dangereux par les autorités publiques ainsi que les voitures allemandes, généralement plus lourdes.

Le secteur auto déjà en difficulté est préoccupé par cette potentielle nouvelle taxe

Cette nouvelle taxe inquiète grandement le secteur automobile. « Le gouvernement nous dit, pas d'augmentation d'impôts pour compenser les dépenses liées au Covid, mais il y a sur la table une taxe à 4,4 milliards d'euros, à travers notamment une nouvelle taxation de la masse des véhicules, et qui pèserait sur les consommateurs », a expliqué Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), organisme représentait les entreprises du secteur auto en France. Il déplore également le manque de transparence et l'inconstance du gouvernement, qui modifie ses plans d'imposition « tous les six mois, à chaque projet de loi de finance ou de loi de finance rectificative ».

Luc Chatel craint également que les aides à l'achat d'un véhicule ne soient réduites dans le prochain projet de loi de finances pour 2021. « Nous demandons d'abord et avant tout de la stabilité et de la visibilité dans les dispositifs qui sont annoncés. Ce qui nous fait peur aujourd'hui c'est qu'on est en train de revenir sur cette stabilité », a-t-il mis en évidence.

Une taxe qui pourrait toucher une grande partie du marché automobile

Le président de la PFA estime à 70 % le taux de voitures produites en France touchées par cette nouvelle taxe. Et cela ne semble guère cohérent « au moment où l'on veut lancer un programme de localisation de l'automobile du futur dans notre pays », a-t-il fait remarquer. Il mesure en outre à 60 000 le nombre d'emplois potentiellement menacés dans le contexte actuel de crise, soit « 15 % des 400 000 emplois que compte la filière ». Rappelons qu'en 2020, le marché auto français pourrait accuser d'un recul de 25 %, notamment à cause du manque à gagner engendré par le confinement. La production quant à elle, souffrira encore plus : - 40 % par rapport à 2019, soit environ entre 1,3 et 1,4 milliards de véhicules (2,2 millions en 2019).

D'autant plus que, sur le long terme, cette taxe risque fort de freiner le développement technologique dans le secteur automobile. En effet, même si les matériaux pèsent de moins en moins lourd, le format des véhicules continue d'augmenter à cause de la demande (on sait par exemple que Fiat compte peu à peu abandonner ses plus petits modèles, faute de succès) et les systèmes de sécurité et dispositifs anti-pollution pèsent un poids de plus en plus important.

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES