Assurance auto

Une assurtech pour les voitures de collection ? Rencontre avec Cédric Vinclet, d'Ascar

Publié par le , Mis à jour le 30/11/2021 à 10:00

Ascar est une assurtech auto française, qui souhaite répondre aux besoins spécifiques des propriétaires de voitures de luxe et de collection, en proposant une assurance qui permet de couvrir tous ses véhicules avec un même contrat, puis d'activer ses garanties lorsqu'on prend le volant. Cedric Vinclet, fondateur d'Ascar, nous présente son offre.

Pouvez-vous nous présenter le projet d’Ascar et ses ambitions sur le marché de l’assurance auto ?

Ascar est né d’une réflexion avec les collectionneurs automobiles, qui régulièrement nous faisaient la remarque : « j’assure dix voitures chez vous alors que je ne peux en conduire qu’une à la fois ». Nous avons donc réfléchi à un moyen de redonner un contrôle et de la souplesse au client. Jusqu’ici, en assurtech automobile, il n’existait que des formules d’assurance au kilomètre ou à l’usage. Il est vrai que les collectionneurs font peu de kilomètres, mais ils sont dans ce cas obligés de souscrire un contrat au kilomètre pour chacune de leur voiture. De notre côté, nous nous sommes moins focalisés sur la question : « combien de kilomètres roule la voiture ? », mais plutôt sur : « quand est-ce qu’elle roule ? ». Dans les faits, l’assuré dispose d’un contrat qui lui permet d’activer ses garanties uniquement quand il prend le volant, c’est un système d’assurance « on/off ». Nous vendons un produit obligatoire, mais si nous le faisons bien, nous pouvons nourrir l’art de vivre du client en emmenant de l’intelligence dans sa façon de s’assurer : chez nous les clients s’assurent quand ils ont besoin de s’assurer, c’est-à-dire quand ils sortent leur voiture du garage.

Comment les automobilistes peuvent-ils souscrire votre offre ?

Nous ciblons une clientèle très haut de gamme, et par souci de discrétion, nous ne proposons pas de tarification en ligne. La prise de contact peut se faire par mail ou par téléphone, en la matière, nous ressemblons davantage à une compagnie d’assurance « traditionnelle ». Nous remettons au client un tarif, puis, s’il est accepté, l’assuré retrouve tous ses véhicules assurés directement sur son appli. S’il souhaite partir faire une balade avec sa Jaguar, il « clique » dessus pour activer ses garanties et peur rouler sereinement. 

Et quand la voiture ne roule pas, il y un forfait fixe à payer ?

En effet, il y a une cotisation annuelle de base qui couvre les voitures lorsqu’elles restent au garage, puis le client a un forfait journaliser qui s’applique uniquement les jours où il roule. Grâce à son application, il connait le montant de son forfait et de sa prime en temps réel :  c’est lui qui pilote.

On imagine que les cotisations sont assez élevées pour ce type de véhicules

Au contraire, il devrait s’agir de voitures qui ne devraient pas être chères à couvrir car, en dépit de leur valeur, elles ne roulent pas plus 20 ou 30 jours par an, voire moins. Chez nous, quand la voiture reste dans le garage, elle est assurée contre le vol, l’incendie, et d’autres événements climatiques. Quand notre client décide de conduire, il active son assurance tous-risques. Et nous arrivons ainsi à décorréler la valeur assurée du risque assuré : une voiture qui ne sort pas de l’année ne doit pas coûter cher à l’assuré.

Quels types de concurrents avez-vous rencontré sur ce marché très particulier ?

Nos concurrents sur ce marché sont des cabinets et courtiers spécialisés qui disposent de tarifs performants. Mais ils proposent de vous assurer pour l’année entière, avec un tarif fixe, que vous rouliez ou pas. De notre côté, nous souhaitons apporter une assurance qui soit davantage « à la demande » sur ce segment particulier.

Avez-vous déjà des pistes pour développer votre offre ?

Ascar a pour vocation en premier lieu de faire de  l’assurance, mais nous souhaitons aussi par la suite nourrir le mode de vie de nos clients collectionneurs à travers notre application. L’idée est de pouvoir fournir un certain nombre de services additionnels : une expertise automobile à distance, l’assurance de son garage, une assurance habitation… De quoi réunir tous les contrats propres à un style de vie centré autour de la voiture de collection. 

En tant qu’assurtech française, comment percevez-vous l’écosystème de la néoassurance en France ?

Sur l’écosystème assurtech français, nous constatons que le marché ne cesse de s’étendre, avec une demande qui pourrait bientôt dépasser l’offre. Le plus compliqué reste toutefois de trouver des porteurs de risques, qui acceptent de collaborer avec des startups. De leur côté, les assureurs ont du mal à dépasser leurs modèles actuels, et peuvent montrer une certaine fébrilité face à l’incertitude, notamment au niveau du modèle économique. Enfin, il semblerait qu’il y ait aussi un blocage qui soit difficile à dépasser : celui de laisser le contrôle à l’assuré. Sur les autres marchés, c'est le client qui est maitre, mais pas encore dans l’assurance. C’est sur cet aspect que les assurtech peuvent se démarquer, en amenant de l’intelligence, de la satisfaction client, et des façons de faire nouvelles. Les assurés ont une appétence pour la nouveauté, car il ne faut pas perdre que nous vendons quelque chose que le client n’aime d’ordinaire pas acheter.

Êtes-vous surpris par l’engouement pour les assurtech qui se dessine depuis l’année dernière, à la faveur de la pandémie de Covid-19 ?

De notre côté, nous nous attendions à cet engouement. Nous étions par exemple présents au salon Rétromobile en février 2020, nous étions le seul stand d’assurance, et nous avons pu échanger avec une foule nombreuse, malgré le fait que nous ne vendions pas un produit très engageant.  L’engouement pour ces nouvelles assurances nous semble donc antérieur à la crise, et nos clients qui avaient souscrit à notre assurance à la demande avant 2020 sont très satisfaits, car ils ont pu désactiver leur garantie lorsqu’ils ne roulaient pas : notre assurance s’est trouvée assez adaptée à une période de confinement et de restriction des déplacements. Les collectionneurs confinent en effet volontairement leurs voitures pour conserver leur valeur. 

Un développement à l’international est-il dans les projets d’Ascar ?

Nous restons une « insurtech » française, je ne pense pas que nous ayons pour l’heure vocation à nous déplacer à l’étranger, d’autant que nous disposons déjà ici d’un marché assez vaste, de plusieurs centaines de milliers de véhicules. 800 000 cartes grise de voitures de collection sont actuellement en circulation, et le chiffre grimpe si on y ajoute les voitures d’exception. Notre développement va plutôt s’axer sur le développement de notre application qui doit servir à aider nos clients pour l’ensemble de leur vie de collectionneur. 

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