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Confinement : Laurent Vimont analyse le marché immobilier avec Assurland

Publié par le , Mis à jour le 22/04/2020 à 16:52

Pour Laurent Vimont, il est difficile de se lancer dans des pronostics concernant les prix à venir dans le marché immobilier

Le « Grand Confinement » tel que certains ont choisi de le nommer a eu un impact très fort sur le marché immobilier, « mettant en pause » les activités. Pendant cette période de crise du coronavirus COVID-19, Assurland.com a interviewé Laurent Vimont, président de la filiale française du réseau d'agences immobilières Century 21 pour tenter d'y voir plus clair. S'il est difficile de donner des pronostics sur le marché immobilier post-confinement, Century 21 met l'accent sur l'accompagnement de ses clients.

Quels sont les facteurs qui influeront le plus sur le prix de l'immobilier pendant et au sortir du confinement ?

La réponse franche est la suivante : « je ne sais pas ». En revanche, on sait que l'impact sur le prix dépendra de la durée du confinement et de la façon donc le déconfinement aura lieu, ainsi que du comportement des banques et des niveaux de taux d'intérêt. Sans ces réponses, il est compliqué d'établir un pronostic et je ne me risquerai pas à avancer des chiffres tels que ceux que j'ai pu voir circuler.

De ce que je sais, les projets enregistrés dans les bases restent d'actualité, mais il faut attendre le déconfinement pour y voir plus clair. On sait tout de même que l'on va probablement réaliser 20 à 25 % de ventes de moins qu'en 2019, qui était une année record. Mais il est très difficile de prédire les prix à venir.

Si un grand nombre de ménages français détenteurs d'un crédit immobilier devenaient insolvables, que pourrait-il se passer sur le marché immobilier ?

Pour l'instant, le chômage partiel permet de pallier les problèmes purement financiers dans la plupart des ménages. De plus, les quotas sur l'endettement font que les crédits ne dépassent pas 30 % du salaire, ce qui offre un peu de latitude. Les assurances chômage permettent également de renégocier avec la banque les mensualités.

Il est donc un peu tôt pour prédire ce qui arrivera ainsi que les conséquences du chômage. Dans tous les cas, le système social français basé sur le chômage partiel et les assurances chômage devraient permettre de passer cette période sans trop de difficulté. Il y aura sûrement des cas d'insolvabilité et des gens contraints de vendre mais il faut savoir qu'en France, le taux d'incident de paiement sur les crédits est le plus faible d'Europe, parce que les banques françaises prêtent à des gens ayant les moyens de rembourser. En outre, le HCSF (Haut Conseil de Sécurité Financière) avait déjà tiré la sonnette d'alarme en prévenant sur les taux d'endettement et les durées de prêt immobilier de plus de 25 ans. Et les prêts de plus de 25 ans représentent à peine 5 % des crédits.

L'État va-t-il intervenir dans le marché immobilier après le confinement ?

Il est compréhensible que l'État accompagne le neuf avec des mesures pour relancer la construction et la production de logements dans un marché déficitaire. En revanche, je suis de ceux qui pensent que l'État ne doit pas intervenir dans le marché de l'ancien. Le marché de l'ancien s'autorégule en permanence et la loi de l'offre et de la demande y est absolument souveraine. À chaque fois que l'État a voulu accompagner ce marché, il a fait monter les prix, comme dans le cas du PTZ (Prêt à taux zéro) par exemple.

Sera-t-il plus difficile d'obtenir un prêt immobilier après le confinement ? Notamment en termes de taux d'endettement ?

Il sera déjà plus complexe d'obtenir un prêt parce que les banques sont en télétravail et en sous-effectif pour l'instant. On risque de faire face à un engorgement des demandes de prêt. Il est donc certain qu'obtenir un crédit sera plus long et difficile le temps que les banques se remettent en marche. Ces dernières doivent avaler la demande de prêt existante ainsi que celle initiée entre le 15 février environ et le confinement. Il va y avoir une forme d'embouteillage, de même que dans certains services de l'État, au niveau des hypothèques et chez les notaires. En outre, je ne pense pas que la règle des 30 % de taux d'endettement ne change beaucoup après le confinement.

Les courtiers et agences immobilières pourraient-elles avoir un rôle encore plus important après le confinement ?

Je ne sais pas si ce rôle sera fondamentalement plus important, mais il l'est déjà assez pour ceux qui choisissent de passer par une agence. Les choses étant plus difficiles, plus longues et compliquées, l'agence saura peut-être mieux démêler les nœuds qui se présenteront sur le parcours de l'acheteur et du vendeur. Le rôle de conseil va être exacerbé.

À Century 21 par exemple, on a décidé de ne plus envoyer de messages commerciaux mais de prendre des nouvelles de nos clients, en leur expliquant que nous allions les accompagner durant cette période. Les agents ayant cette dimension de conseil auront sûrement un rôle plus important à jouer. Mais c'est une histoire de volonté de l'agence, d'être aux côtés du client pour l'accompagner dans un projet de vie. Il est bien plus sûr de confier un tel projet à un spécialiste que de partir « le nez au vent ».

Évidemment, je suis un peu partisan en disant cela car je fais ce métier depuis 33 ans maintenant et j'ai vu de nombreuses personnes se tromper en cherchant seul. C'est donc également à l'agence de mériter sa réputation et son rôle de conseil et de faire réellement les choses correctement.

En pratique, comment se passe ce suivi des clients par Century 21 pendant ce « Grand Confinement » ? Quel est leur ressenti ?

Le fait d'appeler pour demander des nouvelles est déjà quelque chose qui plaît beaucoup, car ce n'est pas habituel. Je prends l'exemple de ceux qui ont réalisé une promesse de vente le 8 mars, avant le confinement et avaient fait une demande de prêt. Ces derniers ont vu leur demande ne pas être instruite ou être instruite tardivement, et ont dépassé les délais de conditions suspensives. Il faudra donc réaliser une nouvelle demande de prêt mais, comme les délais ont été dépassés, il faut aussi renégocier avec le vendeur. Ici, l'agence a un grand rôle à jouer, de discussion et d'échange entre l'acheteur et le vendeur pour convaincre les partis qu'il est important de repousser les délais. Il ne faut pas attendre que la tension monte entre les différents acteurs de la transaction.

Ce qui a le plus plu aux clients de Century 21, c'est le coup de téléphone : « Bonjour, comment allez-vous ? Nous n'avons rien à vendre ni à acheter mais nous voulons savoir comment vous allez. » C'est rassurant ! Le suivi ne se base pas uniquement sur des intérêts commerciaux. Pour l'instant, nous avons décidé de stopper toute activité commerciale. Nous travaillons aussi sur un plan de reprise. Celui-ci intègre des dispositifs permettant que chaque agence redémarre dans des conditions sanitaires indispensables pour respecter les consignes du gouvernement. Ensuite seulement et à partir du 11 mai, nous reprendrons le travail commercial. C'est avant tout l'accompagnement pendant et après le confinement qui importe.

C'est une période intéressante que personne n'a jamais connu auparavant. J'ai choisi d'en faire une période d'opportunité et nous sommes privilégions la communication, tout en faisant travailler nos collaborateurs depuis chez eux.

 
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