De plus en plus de passoires thermiques sont à vendre

Publié par Théophile Robert le 08/04/2022 à 11:38 , Mis à jour le 08/04/2022 à 11:59

En France, le nombre de passoires thermiques en vente sur le marché a connu une forte hausse entre 2020 et 2021. Ce phénomène s'explique par une situation d'urgence : le nouveau DPE et la loi Climat pressent les vendeurs, qui veulent se séparer au plus vite de leurs biens.

Hausse du nombre de passoires thermiques en vente

Nombreux sont les Français qui sont attentifs à ce critère : le diagnostic de performance energétique (DPE). Il mesure l'efficacité énergétique d'un logement, c'est-à-dire sa consommation d'énergie. Pourtant, ce sont aujourd'hui de nombreuses passoires thermiques qui se retrouvent sur le marché (des logements classés F ou G sur le DPE).

En effet, certaines propriétaires préfèrent vendre leur logement plutôt que de le rénover, malgré la pléthore d'aides en place. Ainsi, d'après MeilleursAgents et SeLoger, le taux de passoires thermiques en vente est passée de 10,5 % en 2019 à 12,0 % en 2021, soit un total de 151 000 offres de vente aujourd'hui. D'autant plus que pour faire leurs mesures et éviter tout biais, MeilleursAgents et SeLoger se sont basés sur les critères de l'ancien DPE, le nouveau DPE étant en vigueur depuis juillet dernier.

Les propriétaires se dépêchent de vendre par anticipation des restrictions imposées par la loi Climat

En un an, cela représente une hausse de 7,7 % de nombre de passoires thermiques sur le marché, pour un recul de 4 % des logements bien isolés. « Ces vendeurs sont sensibles aux restrictions imposées par la loi Climat et notamment le calendrier contraignant en cas de location des passoires thermiques », explique Barbara Castillo Rico, responsable des études économiques de MeilleursAgents.

Rappelons qu'en 2023, les biens immobiliers les moins vertueux énergétiquement ne pourront plus être loués. Il en sera de même pour les logements classés G en 2025, les F en 2028 et les E en 2034. Face à de telles restrictions, de nombreux propriétaires qui avaient réalisé un investissement locatif s'inquiètent. Autre conséquence pour le marché de la location : ces  logements exclus risquent de créer une tension supplémentaire dans un environnement déjà très tendu.

Passoire thermique : une décote sur le prix de vente du logement

Tel qu'expliqué, la majorité des acheteurs est assez regardante sur le DPE du bien qu'ils convoitent. Par conséquent, les logements mal classés subissent une décote plus ou moins importante. Un logement F ou B se vend donc en moyenne 18 % moins cher qu'un logement similaire mais classé A ou B, et 7 % moins cher qu'un logement C, D ou E (-7,2 % pour une maison ; -0,1 % pour un appartement). Cette différence double même (14 %) si le bien se situe en zone rurale, marché pourtant moins tendu que celui des grandes agglomérations.

Cela s'explique par le fait qu'il est plus difficile de négocier en zone tendue. De facto, l'impact sur les prix de vente est moindre. À Paris, certaines passoires thermiques se vendent même mieux. « À Paris, la moitié des bâtiments datent d'avant 1945. Les acheteurs sont prêts à payer plus cher un haussmannien même si c'est une passoire thermique », observe Barbara Castillo Rico.

Voici un récapitulatif des décotes dans les grandes villes françaises :

Ville Impact sur les prix Évolution des prix immobiliers sur 6 mois Évolution des prix immobiliers sur 1 an
Paris 1,1 % -3,9 % -4,2 %
Toulouse 0,5 % -1,2 % -1,4 %
Bordeaux -0,2 % -2,6 % -0,72 %
Nantes -0,3 % -2 % 5,8 %
Lyon -2,2 % 3,5 % 4,8 %
Montpellier -2,2 % -3,5 % -0,2 %
Strasbourg -2,8 % -2,8 % -1,3 %
Marseille -3,1 % 1,9 % 7,9 %
Rennes -3,3 % -0,4 % -0,7 %
Lille -4,2 % -6,5 % 2,3 %
Nice -8,1 % 1,3 % 0 %
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