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Immobilier : quels sont les scénarios que pourrait engendrer la crise du coronavirus ?

Publié par le , Mis à jour le 14/04/2020 à 12:07

Les taux de crédit devraient malgré tout rester stables et bas

À l'heure où les transactions sont à l'arrêt et en pleine période de confinement, le marché immobilier pose de plus en plus question. Les investisseurs doivent-ils redouter une baisse majeure des prix du m² ? Doit-on s'attendre à un « scénario catastrophe » semblable à celui de 2008 ? Toutes les spéculations sont ouvertes et divers spécialistes se sont déjà prononcés, avec plus ou moins de prudence.

Difficile de faire des pronostics avec un marché à l'arrêt

L'état actuel du marché immobilier n'est guère reluisant : à l'instar de nombreux pays, la France a mis en place un confinement pour limiter la propagation du coronavirus COVID-19 et l'engorgement des services hospitaliers. Cela n'a pas été sans effet : avec la fermeture des agences immobilières et l'impossibilité de procéder à des visites physiques (les visites virtuelles restent toutefois possible lorsqu'elles sont proposées), conclure un achat peut être très complexe.

Ainsi, certains spécialistes préfèrent ne pas se prononcer sur les tendances à venir dans le marché immobilier. L'absence de données depuis quelques semaines rend toute analyse caduque, ce que confirme le site spécialisé en évaluations Meilleurs Agents. De son côté, Laurent Vimont, président de l'agence Century 21 affirme sur Europe 1 que « tous ceux qui s'amusent à faire des pronostics s'avancent sur un terrain glissant ».

Pour ce qui est de l'immobilier d'entreprise, professionnel, la société à rayonnement international Cushman & Wakefield ne constate pas d'impact majeur. Toutefois, elle anticipe un réel risque de récession pour la suite de l'année 2020.

Les différents scénarios imaginables : baisses, fluctuations, stabilisations...

Toutefois, certains spécialistes sont plus joueurs et envisagent quelques scénarios possibles. Jean François Humbert, président du Conseil supérieur du notariat s'exprime par exemple dans Le Parisien et allègue qu'il faut s'attendre à « une crise comparable à celle de 2012-2013 avec une correction des prix de 10 à 15 %. » Il rappelle également qu'entre 1990 et 1997, les prix avaient baissé de moitié à Paris.

Pour l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF), plusieurs scénarios sont à envisager mais elle se veut plus rassurante. L'IEIF juge que « le risque que les actifs soient systématiquement pris en étau entre une remontée des taux d'intérêt provoquée par l'inquiétude des investisseurs sur l'augmentation de l'endettement des États et une baisse des revenus locatifs liée à la récession, paraît faible ». En outre, l'Institut estime que les commerces en pied d'immeuble pourraient subir une chute suivie d'une remontée rapide. Quand à l'immobilier de luxe dans les grandes métropoles, il risque de subir une forte baisse avant de se stabiliser. Enfin et plus alarmant, tous les secteurs de l'immobilier pourraient accuser d'importantes fluctuations si cette crise ne trouve pas de réponse sanitaire efficace.

L'immobilier reste un marché relativement solide

Dans ce contexte pandémique, la durée du confinement apparaît comme un facteur clé qui influencera grandement le marché au sortir de la crise. « Si le confinement dure trois mois, la crise n'affectera pas durablement le marché à long terme mais la reprise sera difficile à court terme, explique au Figaro immobilier Eric Allouche, directeur exécutif du réseau ERA Immobilier. S'il dure plus longtemps, il faut s'attendre à des dépôts de bilan et à un chômage massif. Dès lors, il ne sera plus question d'acheter de l’immobilier mais de survivre. Mais ce n'est pas le scénario que j'envisage : l'immobilier est structurellement solide et restera une valeur refuge », ajoute-t-il.

Il est fort probable que ce coronavirus perturbe le marché immobilier et entraîne une baisse des ventes avec la récession induite de l'économie mondiale et a fortiori française. Contrairement à la crise immobilière de 2008, la pandémie actuelle a été assez vite accompagnée de plans de soutien économique. De surcroît, les spécialistes jugent que les taux de crédit devraient rester assez bas. Il s'agit donc de faire preuve de discernement et ne pas tomber dans des conclusions hâtives.

 
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