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La Fédération de l'immobilier en guerre contre de « faux agents »

Publié par le , Mis à jour le 11/12/2019 à 15:07

Il existe environ 120 réseaux de mandataires immobilier indépendants en France

La Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM) voit rouge. Elle juge illégitime de nombreux intermédiaires dans le secteur de l'immobilier, qui usurpent parfois le titre d'« agent immobilier ». Elle espère aujourd'hui arriver à faire fermer une dizaine de ces agences, qui prennent des parts de marché de plus en plus importantes aux « vrais agents » en métropole.

Métropoles : des agences qui n'en sont pas vraiment

En métropole, un phénomène est de plus en plus marqué : des petites boutiques immobilières fleurissent de quartier en quartier. Elles sont cosy, confortables, présentent bien et ont tout d'une agence immobilière... à ceci prêt que le terme « agence » n'est jamais mentionné. Car en effet, ces nouveaux lieux ne sont pas vraiment des agences, même si elles peuvent y ressembler comme deux gouttes d'eau.

« On a créé ces espaces pour répondre à deux besoins. La nécessité de se rapprocher de la clientèle des centres urbains, car nous sommes davantage présents en périphérie des villes. Nous souhaitions également permettre à nos agents commerciaux de disposer d’un espace pour travailler et recevoir les clients », argumente Philippe Buyens, patron de CapiFrance, l'un des principaux réseaux de mandataires immobiliers. Ce dernier a déjà ouvert quelques uns de ces « ateliers » depuis un an : Paris, Bordeaux, Lyon, Lille ou Strasbourg, elles rencontrent un franc succès dans ces zones où la tension sur le marché de la vente comme locatif est très élevée, en particulier les centres-villes.

En outre, ces boutiques peuvent parfois réaliser des opérations marketing « modernes », « nouvelle génération » : elles peuvent être l'hôte d'expositions, de rencontres avec les notaires ou faire office de relais colis. Leur succès provient d'une recette simple : proposer des agents commerciaux collaborateurs aux clients tout en affichant des frais moins importants que dans une agence classique.

Ainsi, on ne sait plus vraiment ce que sont ces nouveaux acteurs de l'immobilier. Lieux de rencontre, de travail, agence immobilière ? Et la FNAIM est très remontée contre ce flou. La Fédération reproche à CapiFrance de s'affranchir des obligations de la loi Hoguet entrée en vigueur le 2 janvier 1970 et qui régule la profession d'agent immobilier. « Ces espaces sont dirigés par des agents commerciaux, et non pas par le titulaire de la carte professionnelle, c’est-à-dire le dirigeant de l’entreprise, ou un salarié dûment habilité. C’est obligatoire. Est-ce que demain, toutes les succursales pourront être gérées par des agences commerciales sans aucun lien avec la direction. Je ne l’espère pas. C’est une asymétrie de concurrence flagrante. On ne peut pas la tolérer », s'offusque le président de la FNAIM Jean-Marc Torillon.

Une mutation du marché immobilier : libéralisation et technologie

Mais Philippe Buyens voit la situation d'un autre œil : « Ces boutiques sont des agences immobilières. Remettre en cause leur direction effective du fait de la distance avec le siège ne tient plus en 2019. Il est aujourd'hui très facile d’échanger par visioconférence, par mail ou par téléphone sans avoir forcément à se déplacer. C'est une guerre un peu stérile et qui ne fait pas avancer la profession. » Pour lui, cette mutation est naturelle et découle des récentes avancées technologiques, en plus d'une certaine libéralisation du marché.

Et pour cause : en place depuis le début des années 2000, ces réseaux de mandataires ont récemment explosé (+130% de croissance depuis 2015). L'an dernier, ce n'est pas moins de 12% des ventes qui ont été réalisées par ces acteurs, faisant d'eux une concurrence qu'il est difficile d'ignorer pour les « vraies » agences immobilières. Dans ce paysage, ils sont aujourd'hui environ 120 réseaux et 26 000 mandataires indépendants.

En réaction, la FNAIM a mis en place quelques mesures. Elle a notamment annoncé le lancement d'un caducée réservé aux professionnels encartés afin de les différencier des agents commerciaux. Il faut également savoir que la loi Elan reconnaît officiellement le titre d'agent immobilier et que son usurpation fait encourir jusqu'à six mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. De plus, la Fédération a déjà visé une soixantaine de fois les supports usant du titre d'agent immobilier sans toutefois en être titulaire.

En effet, les agents commerciaux et agents immobiliers n'ont pas les mêmes attributs. Contrairement aux agents immobiliers, les commerciaux ne peuvent pas détenir des fonds pour leurs clients ou signer de compromis de vente.

 
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