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Le reconfinement a-t-il eu un effet sur l'immobilier ? Laurent Vimont répond à Assurland

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Les taux de crédit sont à nouveau à la baisse dans le marché de l'immobilier

Le premier confinement avait eu un effet certain sur le marché de l'immobilier avec un arrêt des visites et des transactions. Mais quelles conséquences sur l'immobilier pourra-t-on retenir du deuxième confinement ? Laurent Vimont, président de Century 21 France répond à Assurland. D'après lui, le reconfinement n'a pas grandement altéré le marché.

Outils numériques, visites virtuelles : quelles différences avec le premier confinement pour Century 21 ?

Il n'y a pas eu de différence particulière avec le premier confinement et l'utilisation de ces outils, qui permettent avant tout une présélection et non une transaction. Une visite virtuelle reste virtuelle : elle permet de se faire une idée d'un bien mais pas de s'engager dans un achat. Cela a été conforté durant ce confinement et il n'y a pas eu plus de ventes conclues suite à des visites virtuelles que pendant le premier confinement.

Durant le reconfinement les gens pouvaient se déplacer, et entre autres nos collaborateurs chez les vendeurs. Les conseillers ont pu donc se rendre chez les vendeurs pour rentrer des mandats. Mais ce second confinement a été plus court et les clients ayant procédé à des visites virtuelles ont pu visiter en réel à partir de la semaine dernière.

Nous avons également repris l'initiative de contacter nos clients pour simplement prendre des nouvelles, leur annoncer que leur projet n'était pas abandonné et que nous restions à leur service. Cela a été à nouveau très bien perçu.

Quelles sont les attentes des professionnels de l'immobilier vis-à-vis du gouvernement ?

Nous avons eu à peu près ce que nous voulions. Nous avons fait trois tribunes dans la presse : pour Le Monde, le JDD et le Figaro. La première interpellait le président de la République, le Premier ministre et le ministre du Logement car on ne trouvait pas cohérent que, dans la chaîne du logement, tout fonctionnait en dehors de la visite. Dans la deuxième, nous nous sommes engagés à suivre un protocole sanitaire rigoureux pour faire des visites. Dans la troisième, nous avons adressé des remerciements.

Apparemment, nous avons été entendus parce que les commerces dont les agences immobilières ont été rouverts. Le protocole est peut-être un peu excessif puisqu'on ne peut visiter un bien qu'une seule fois par demie-journée, mais pour le reste les choses rentrent paisiblement dans l'ordre.

Les projets immobiliers des Français sont-ils en train d'évoluer ?

Absolument pas. Il y a eu une espèce d'évolution durant le premier confinement, une envie d'espace verts et de maisons. On avait observé sur le site de Century 21 France que les requêtes « achat maison » avaient augmenté de 156 %. Néanmoins dans les faits, trois ou quatre mois après, la hausse des ventes de maisons n'est que de 10 %. Il y a donc un déséquilibre entre les intentions et les actions.

Le rêve n'est pas toujours la réalité. Quand dans un premier temps vous rêvez chez vous parce qu'on vous prive de votre liberté de vous déplacer, que vous êtes confinés sans sortir avec des enfants dans un appartement un peu trop petit, c'est compliqué.

Durant ce deuxième confinement, les enfants ont pu repartir à l'école et les déplacements ont été plus aisés. Certains rêves ont donc un peu été mis de côté. Quand vous estimez les conséquences d'un déménagement en termes de temps de déplacement ainsi que pour les enfants et les écoles, vous pouvez faire des concessions. Les intentions du premier confinement ont été bien moins présentes.

Aujourd'hui, il y a des gens qui n'imaginent pas travailler chez eux et qui veulent se rendre au bureau alors qu'ils occupent des postes télétravaillables.

La généralisation du télétravail change-t-elle la donne côté demande ?

Pas pour l'instant, en tout cas nous n'avons pas observé de changement particulier à ce sujet sur notre site. Je préfère rester prudent : nous manquons de recul. Avec les différences entre les deux confinements et le plaisir de revenir au bureau, il y a eu des évolutions.

Aujourd'hui, il y a des gens qui n'imaginent pas travailler chez eux et qui veulent se rendre au bureau alors qu'ils occupent des postes télétravaillables. Il y a aussi la question du lien social. Le télétravail pourra être effectué quelques jours par semaine mais ça ne sera pas un dogme à la semaine, en tout cas d'après ce que j'ai pu noter. Il y aura des évolutions, mais il est encore trop tôt pour le mesurer.

Comment interpréter la baisse des prix à Paris ?

Il n'y a pas de baisse des prix de l'immobilier à Paris. Dans nos chiffres, nous ne constatons pas de hausse des prix, seulement une stabilisation. Comment l'interpréter ? Certaines personnes commentent cela sur un cycle court en omettant quelques paramètres.

Le paramètre le plus important est que le confinement à Paris a entraîné le départ de dizaines de milliers de Franciliens vers des résidences secondaires ou des maisons de campagne. Ces Franciliens ne sont rentrés à Paris qu'à partir du 15 juin car Paris était restée en zone rouge. De plus, les enfants n'allaient pas à l'école. Le marché parisien n'a donc pas redémarré avec le 15 juin, après un arrêt de presque quatre mois.

De facto, dans la capitale, les ventes sont en forte baisse, -17 % d'après nos chiffres. Mais pour le moment, il est bien trop tôt pour avoir un avis tranché ou une analyse sur une possible baisse des prix. Dans un cycle long qui est le logement, il vaut mieux garder raison et ne pas essayer de donner en permanence une évolution précise. Et à la fin de l'année, on restera en hausse à Paris, en rappelant que l'année 2019 était exceptionnelle.

Pour un acheteur qui désirerait acquérir un bien immobilier en cette période confuse, quels sont les pièges à éviter ?

Il n'y a pas vraiment de différence. Il faut toujours prendre son temps, comparer les biens, faire une demande de financement auprès d'un courtier ou de son banquier pour voir à combien on peut prétendre avant de se lancer. Lors de la visite, il vaut mieux passer par un professionnel car il aura une vision neutre du bien, il est un tiers de confiance entre le vendeur et l'acquéreur.

Qu'est-ce que le reconfinement a changé au niveau de l'immobilier ?

Le deuxième confinement n'a pas tant altéré le marché et aura bien moins de conséquences que le premier. Au déconfinement, on a observé une conséquence positive : un embouteillage et une suractivité dans le réseau parce qu'il y avait en même temps la reprise de projets gelés et les constructions achevées entre le 17 mars et et le 11 mai. Il y avait un double effet qu'on ne retrouve pas avec ce deuxième confinement de quatre semaines. À la sortie, le marché sera certainement dynamique mais pas euphorique.

Sera-t-il plus difficile d'emprunter en 2021 ?

Il a été plus difficile d'emprunter entre 2019 et 2020 parce qu'en 2019, « les astres étaient mieux alignés » pour les prospects acquéreurs. En outre, les banquiers avaient ouvert en grand l'accès au crédit. Le HCSF a changé les règles du jeu et les a durcies, avec entre autres une position un peu dogmatique sur les 33 % de taux d'endettement, alors que le reste à vivre est un élément essentiel d'un dossier. Par conséquent, il y a eu des personnes qui ont été éliminées de l'accès au crédit, malheureusement les plus jeunes et ceux avec le moins de ressources.

Si 2021 part sur les mêmes bases, les mêmes personnes auront des difficultés à emprunter mais globalement, rien ne devrait changer. Il y a à nouveau une baisse des taux d'intérêts et nous revenons sur des taux bas. C'est un aspect très important car l'argent n'étant pas cher, cela garantit un pouvoir d'achat élevé à ceux qui ont accès au crédit. En effet à taux bas, on peut à même mensualité emprunter plus d'argent. Maintenant, il va falloir que le HCSF statue, assouplisse un peu cette règle des 33 % et s'intéresse plus au reste à vivre qu'au taux d'endettement. C'est en tout cas le vœux que je formule pour 2021.

 
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