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Se dirige-t-on enfin vers une baisse du marché immobilier ?

Publié par le , Mis à jour le 04/12/2019 à 11:55

« Depuis le début de l'automne, la demande s'essouffle »

Depuis des années, les tarifs pratiqués dans l'immobilier sont en constante augmentation. Le prix du m² a explosé dans toutes les métropoles et dépasse même 11 000 euros dans la capitale. Mais sur les trois derniers mois, une baisse a été constatée dans l'ancien, d'après le baromètre LPI-SeLoger. « Sont-ce là les prémices d'un retournement du marché immobilier ? » interroge un éditorialiste du site spécialisé dans l'immobilier.

Une baisse trimestrielle constatée de 0,5%

Cette année, le baromètre LPI-SeLoger a enregistré une hausse de 4,5% du prix du m² dans l'ancien. Aujourd'hui, le coût moyen du m² dans l'ancien revient à 3 472 euros en moyenne. Toujours à l'année, les maisons ont également connu une augmentation de 5,4% et les appartements de 3,9%. « Une augmentation aussi rapide du prix des maisons ne s'était d'ailleurs pas observée depuis 2011 », remarque Michel Mouillart, porte-parole du baromètre LPI-SeLoger.

Mais sur le dernier trimestre, le m² est en baisse. Les taux sont les suivants :

  • Immobilier ancien : -0,5%
  • Maisons : -0,8%
  • Appartements : -0,4%

Il faut toutefois bien rappeler que ces taux et chiffres représentent des moyennes réalisées sur l'ensemble du territoire français. La tension n'est pas uniforme sur tout le marché. Elle peut différer en fonction de variables telles que la localisation et la demande. De facto, si la tendance est à la baisse, cela ne veut pas dire que tous les logements accusent d'une baisse trimestrielle.

Un ralentissement saisonnier des ventes immobilières

Au niveau de l'ensemble du territoire, cette baisse s'explique entre autres par un ralentissement de la demande, détendant un peu le marché. « Depuis le début de l'automne, la demande s'essouffle », souligne Michel Mouillart. Et pourtant, 2019 fut une année extrêmement fructueuse pour les vendeurs : le nombre de transactions immobilières a été record ces douze derniers mois !

Mais il semblerait que cet insatiable appétit des Français se soit quelque peu tamisé. Michel Mouillart explique : « après des mois d'été durant lesquels les ventes dans l'ancien ont progressé à un rythme soutenu, avec une augmentation à deux chiffres de juin à septembre, la demande s'essouffle ». Ces trois derniers mois, le volume des transactions a ainsi témoigné d'une baisse de 0,6%.

Pour autant, on ne peut affirmer que la demande connaîtra prochainement une baisse constante. Tout n'est pour l'instant que spéculation. En effet, on constate chaque année un léger ralentissement de l'activité en hiver. Il faut bien comprendre que le marché de l'immobilier répond à une logique cyclique. En pratique, la plupart des transactions ont lieu entre avril et juin, tandis qu'au quatrième trimestre, une baisse des ventes est presque toujours constatée. C'est donc bien sur l'intensité de cette baisse qu'il faut se pencher, et cette dernière pourrait peut-être surprendre les acteurs du marché dans les mois à venir.

Des taux de crédit toujours en baisse record

De leur côté, les taux de crédit poursuivent leur chute vertigineuse. En novembre, ils ont encore baissé pour atteindre un nouveau plancher historique. Le taux moyen d'emprunt pour le dernier mois est de 1,12% (assurance emprunteur exclue), d'après l'observatoire Crédit Logement/CSA. Les durées d'emprunts sont quant à elles élevées, à 230 mois en moyenne (un peu plus de 19 ans). L'année 2019 s'annonce record en terme de volumes d'emprunts accordés !

« La surabondance des ressources disponibles pour financer l'économie, voulue pas les autorités monétaires européennes (BCE), alimente la concurrence entre les banques », relève l'observatoire. Ainsi, les établissements bancaires compensent ces taux très bas par les volumes de prêts délivrés. Et la concurrence est rude : sont proposés aux souscripteurs de nouveaux produits d'épargne ou d'assurance permettant aux banques de constituer de nouveaux revenus. Mais la rentabilité de ces dernières inquiète et le HCSF pourrait prendre des mesures pour éviter l'emballement.

 
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