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Un candidat à la mairie de Paris propose le retour du loyer fictif

Publié par le , Mis à jour le 12/11/2019 à 15:40

La vacance réelle des logements à Paris en 2015 est estimée à 8,1% par l'INSEE

Afin de lutter contre la vacance des logements à Paris, Gaspard Gantzer, fondateur du mouvement « Parisiennes, Parisiennes » et candidat à la mairie de Paris propose l'établissement d'un loyer fictif. Le principe est simple : faire payer les bailleurs possédant des logements vacants.

Le loyer fictif fait à nouveau débat

Cette idée n'est pas nouvelle en France. Assez régulièrement, elle revient sur les devants de la scène et divise toujours. En 2018 par exemple, des cercles de réflexion avaient relancé l'idée d'un loyer fictif, un impôt que les propriétaires d'un logement devraient verser comme s'ils étaient détenteurs d'un bail de location. L'INSEE avait également repris le concept quelques temps plus tard. En théorie, une telle mesure permettrait de mettre sur un pied d'égalité locataires et propriétaires, qui jouissent gratuitement de leur logement.

Certains pays comme le Danemark ou la Suisse l'ont mis en place. En France, ce loyer fictif a existé entre 1914 et 1965. Il avait été supprimé par la loi de finances pour 1965 pour relancer l'accession à la propriété. Depuis, les gouvernements en place n'ont pas envisagé de rétablir une telle taxe. Pour l'ex-conseiller du président François Hollande, ce loyer fictif serait la solution au très haut taux de logements vacants sur la capitale. Il compte l'appliquer à tous les propriétaires n'occupant pas leur logement pendant plus d'un an.

« 10% des logements sont vacants à Paris »

« Aujourd'hui, 10% des logements sont vacants à Paris, c'est inacceptable », s'insurge-t-il sur Europe 1. Il fait référence à « plus de 100 000 biens ». D'après les dernières statistiques publiées par l'INSEE dans le domaine (2015), il y aurait bien quelques 110 900 logements vacants sur la ville de Paris, sur les 1 366 400 recensés au total. Le calcul du candidat est donc quelque peu inexact. La vacance réelle est de 8,1%. Paris représente un quart du total des logements franciliens et 30% des logements vacants de la région. Son taux de vacance est donc effectivement plus élevé que celui des autres départements :

  • Hauts-de-Seine : 52 800 logements vacants (6,7% de logements vacants sur le total dans le département)
  • Seine-Saint-Denis : 37 100 (5,7%)Val-de-Marne : 34 100 (5,5%)
  • Seine-et-Marne : 39 800 (6,7%)
  • Yvelines : 36 800 (5,9%)
  • Essonne : 32 900 (6,1%)
  • Val d'Oise : 27 500 (5,6%)

Au niveau national, la vacance est de 7,9%, soit seulement 0,2% de moins qu'à Paris. Il faut également faire remarquer que la majorité des logements vacants sont proposés soit à la vente, soit à la location : c'est donc une vacance frictionnelle, qui est le plus souvent de courte durée. La vacance structurelle est quant à elle plus faible. « On la trouve notamment dans l'ancien, lequel se concentre aussi à Paris, où 56% des résidences construites avant 2015 sont antérieures à 1946, contre 27% et Île-de-France et 26% en France Métropolitaine », explique l'étude de l'INSEE.

Une taxe à 30 € le m²

La taxe du fondateur du mouvement « Parisiennes, Parisiens » est proposée à 30 € par mois au m², ce qui est « équivalent au montant du marché », d'après ses dires. Les baromètres ne sont pas tous d'accord quant à ce montant. SeLoger affiche 31 € le prix moyen au m². L'estimateur en ligne Meilleursagents le place à 28 € et l'Observatoire Clameur à 26,2 €.

Au delà de ces différents montants, il faut préciser que les différences entre les différents quartiers de la Ville Lumière sont parfois drastiques. Ainsi, SeLoger estime un prix moyen dans le XIXe arrondissement à 27,3 € le m² à la location, contre 38 € pour Paris VI, soit plus de 10 € de différence.

Ainsi, un logement inoccupé de 30 m² (la moyenne se situant à 31 m², selon l'étude la plus récente de l'INSEE) coûterait 900 € par mois à son propriétaire. Ce dernier paierait en outre 1 500 € pour 50 m² ou encore 3 000 € pour 100 m². Cet argent versé à la ville serait réinvesti « pour la construction de logements, la rénovation de l'habitat et des résidences étudiantes », allègue Gaspard Gantzer. Il fait également référence au « choc d'offre » d'Emmanuel Macron : « Il y aurait un choc d'offre et on pourra contenir les prix de l'immobilier à Paris ».

 
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