Assurance décès

La Haute Autorité de Santé favorable à la sédation profonde

Publié par le , Mis à jour le 10/02/2020 à 15:38

La HAS est pour la sédation en fin de vie à domicile

Les médecins généralistes sont nombreux à vouloir pouvoir prescrire du Midazolam, un sédatif permettant de soulager les personnes souffrantes en les accompagnant dans la fin de leur vie grâce à la sédation profonde et continue. Ce lundi 10 février 2020, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande que cela puisse être rendu possible. Assurland fait le point.

Qu’est-ce que la sédation profonde en fin de vie ?

La sédation profonde et continue est un acte médical consistant à endormir des personnes très gravement malades, à suspendre leur conscience, en même temps que l’arrêt des traitements en cours. Ainsi, ces personnes s’endorment, cessent de souffrir, et on laisse, naturellement, la maladie les emporter. Comme le dit le Dr. Pierre Gabach, chef du service des bonnes pratiques professionnelles à la Haute Autorité de Santé, la sédation profonde “ne peut être envisagée que pour des patients majeurs en fin de vie, pour lesquels il n’y a pas de traitement curatif et qui souffrent de douleurs réfractaires, c’est-à-dire échappant aux médicaments antalgiques”.

Pratiqué uniquement à l’hôpital, le droit de décéder sans souffrances et sans conscience est possible depuis le mois de février 2016 grâce à la loi Claeys-Leonetti. Cependant, les modalités n’étaient pas très bien définies, il n’existait pas réellement de cadre pour cette pratique. Mais en ce début d’année 2020, soit 4 ans après l’entrée en vigueur de cette loi, la HAS s’exprime sur le sujet et fait de nouvelles recommandations. Et notamment celle de donner raison aux médecins généralistes qui souhaitent pouvoir prescrire le sédatif rendant possible cette pratique, afin qu’elle puisse être réalisée au domicile du patient, et non plus seulement à l’hôpital.

Un acte délicat réalisé à l’hôpital ou à domicile

Lorsqu’une personne souffre énormément et qu’elle est consciente que son état de santé ne pourra plus s’améliorer, que la fin de sa vie est proche, elle désire généralement partir en paix, à son domicile, dans son propre lit plutôt que sur un lit d'hôpital. Afin de pouvoir offrir cela à leurs patients, de très nombreux médecins généralistes ne cessent de réclamer le droit de pratiquer la sédation profonde et continue. Ainsi, ils pourraient eux-mêmes soulager des personnes en fin de vie sans qu’elles aient à se rendre dans un centre hospitalier. Depuis le lundi 10 février 2020, ils sont soutenus par la Haute Autorité de Santé. En effet, cette dernière recommande que les médecins de ville puissent prescrire les médicaments permettant cet acte très délicat. En plus de cette recommandation, elle publie également un guide indiquant quelles sont les doses à respecter et les différentes étapes à suivre.

Dans les hôpitaux, la décision de fournir un tel traitement à un patient est prise de manière collégiale, c’est-à-dire en se concertant avec d’autres médecins. Pour les médecins généralistes, il faudra pouvoir en faire tout autant. En effet, il est obligatoire d’avoir au moins un avis extérieur supplémentaire pour pouvoir réaliser cette pratique. La Haute Autorité de Santé précise également que le médecin devra rester joignable pendant toute la durée de la sédation, et ce, que cela soit pour la famille du patient ou les autres professionnels de la santé. Enfin, en cas de problème, la personne sous traitement doit pouvoir être hospitalisée.

Rien est encore décidé à ce jour, mais Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s’est exprimée en disant vouloir rendre tout cela possible. Comment ? En encadrant, sécurisant et garantissant l’accès en dehors de l'hôpital d’une telle pratique.

 
LAISSEZ UN COMMENTAIRE
 
0 RÉACTION
Pas encore de commentaire, soyez le premier.

RECHERCHEZ DANS LES ARTICLES