Assurance habitation

À Paris, 8% des logements Airbnb sont plus loués que la durée légale

Publié par le , Mis à jour le 08/01/2020 à 16:51

Les chiffres données par Airbnb sont bien loin des estimations de la mairie de Paris

Airbnb a enfin fourni ses chiffres officiels pour la capitale. On sait désormais le nombre de logements loués à Paris via cette plateforme : 51 520 (2,5% du nombre total de logements à Paris). Dans un contexte de bras de fer avec la mairie de la ville, Airbnb veut affirmer sa légitimité et rassurer.

Airbnb sous la contrainte de mesures dans le cadre de la loi ELAN

La guerre entre la mairie de Paris et Airbnb a déjà fait couler beaucoup d'encre. En novembre 2018, le gouvernement adoptait un amendement dans le cadre de la loi Élan pour réguler le nombre de nuitées permises par an dans le cadre de locations Airbnb. Depuis, le plafond légal est limité à 120 jours par an. En outre, les propriétaires souhaitant louer leur logement via cette plateforme doivent s'enregistrer auprès de la mairie dans certaines villes comme Lyon, Bordeaux et bien sûr la capitale.

De plus, depuis le 1er décembre de cette année, les plateformes de location touristique ont pour obligation de fournir une fois par an à la mairie la liste de tous les logements loués. Elles doivent renseigner l'adresse, le numéro d'enregistrement et le nombre de nuitées.

Il faut dire que la mairie de Paris est très remontée contre Airbnb et l'accuse fréquemment de détourner entre 20 000 et 30 000 logements dans la ville, en particulier dans le centre. Des amendes sont prévues pour punir les propriétaires dépassant les limites imposées. Airbnb, qui tire des bénéfices de ces locations illégales, est également visé par des sanctions.

Des chiffres bien loin des estimations de la mairie de Paris

Néanmoins, après la publication des chiffres de la plateforme, les accusations de la mairie de Paris sont à tempérer. Très exactement 7,9% des 51 520 logements sont en effet loués plus de 120 jours par an. Le nombre de logements dans l'illégalité est donc de 4 080, ce qui représente 0,3% des logements privés dans la capitale. C'est donc presque cinq fois moins que la vingtaine de milliers estimés par la mairie. Mais il est vrai que leur nombre a bien diminué, de 40% depuis la mise en place du blocage automatique des nuitées au début de l'année 2019. « Les outils de contrôle par la loi Élan que j’ai portés l’an dernier commencent déjà à porter leurs fruits», s'enthousiasme Julien Denormandie, ministre chargé du logement.

Tel qu'on pouvait le deviner, la répartition de ces logements loués illégalement est inégale. Les différences entre les arrondissements s'échelonnent comme suit :

  • moins de 3% de logements loués plus de 120 jours par an : 16e (230 logements), 15e (290), 14e (130), 13e (100), 12e (100), 20e (100) et 19e (80) ;
  • entre 3% et 6% : 5e (200), 6e (190), 7e (180), 8e (200), 9e (190), 11e (340), 17e (160) et 18e (290) ;
  • de 6 à 9% : 1er (150), 4e (220) et 10e (260) ;
  • 9% et plus : 2e (330) et 3e (340).

Cela donne donc 1 040 logements dans les quatre premiers arrondissements, soit un peu plus d'un quart du total des logements loués plus de 120 jours, là même où Ian Brossat, adjoint du maire Anne Hidalgo voulait interdire Airbnb. « Un logement sur quatre ne sert plus à loger des Parisiens », accusait-il sur le Figaro l'an dernier. Mais au total, l'INSEE recense pas moins de 72 000 logements (logements vacants exclus) dans ces quatre arrondissements. Seulement 1,4% de ces logements sont donc concernés par des locations Airbnb illégales.

Enfin, Airbnb indique que 1 180 logements sont loués à l'année via sa plateforme à Paris, soit 2% du total des locations effectuées et 0,1% des logements de la ville. Dans les quatre premiers arrondissements, 300 logements sont concernés. Il faut noter qu'il est possible de dépasser légalement le seuil des 120 jours de location par un recours au bail mobilité ou en cas d'exemption pour raisons médicales ou professionnelles.

Il est donc difficile de mettre sur le dos d'Airbnb la pénurie de logements dans la capitale. Toutefois, Corinne Joly, présidente de De Particulier à particulier dénonce un effet néfaste de la plateforme sur l'évolution des loyers : « beaucoup de locataires acceptent des loyers trop élevés au regard de leurs revenus parce qu'ils sous-louent leur appartement plusieurs jours par mois. Cette banalisation de la sous-location contribue à l'augmentation des loyers. Je ne pense pas qu'Airbnb prive Paris d'habitations, mais que le système ait des effets pervers, c'est certain.  », explique-t-elle.

 
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