Assurance habitation

Airbnb, un sujet de campagne lors des élections municipales à Paris

Publié par le , Mis à jour le 02/12/2019 à 17:50

Airbnb à Paris : qu'en pensent les candidats aux municipales 2020 ?

A Paris près de 65 000 logements sont chaque année proposée à la location sur la plateforme Airbnb. Alors qu’un nouveau décret vient renforcer les contrôles, la plupart des candidats aux élections municipales à Paris proposent d’aller plus loin. Pour y voir plus clair, le site Le HuffPost a dressé les propositions des candidats.

65 000 logements Airbnb à Paris

C’est un secret de polichinelle, les relations entre le plus connu des sites de locations saisonnières et la municipalité parisienne sont pour le moins tendues. Si les critiques formulées à l’encontre d’Airbnb sont multiples, la maire de Paris Anne Hidalgo ainsi que son adjoint au logement Ian Brossat leur reproche de louer des logements illégalement. En février dernier, la mairie a ainsi assigné en justice l’entreprise américaine pour avoir mis en ligne des annonces illégales.

Les craintes suscitées par Airbnb sont d’ailleurs partagées par bon nombre d’autres candidats aux élections municipales de Paris. Des avis entendus par le gouvernement puisque hier est entrée en application un décret contraignant Airbnb à transmettre aux mairies la liste de leurs annonceurs une fois par an. Une mesure forte qui est toutefois loin d’être suffisante pour la municipalité parisienne mais aussi pour certains candidats. A l’exception de Serge Federbusch (RN) et Pierre Liscia (Libres!), tous proposent un meilleur encadrement. Pour y voir plus clair, le site Le HuffPost adressé les propositions des candidats.

Un référendum pour Iann Brossat et Anne Hidalgo

Comme expliqué, la maire de Paris et son adjoint au logement mènent une véritable guerre contre la plateforme de location. Si les contrôles ont d’ores et déjà été renforcées, Ian Brossat souhaite interdire la location de logements entiers dans certains arrondissements. L’élu PCF compte également proposer un référendum quartier par quartier, afin que les Parisiennes puissent eux-mêmes définir la politique qu’ils souhaitent sur le sujet. Pour Anne Hidalgo aussi, Airbnb sera « un sujet central de sa campagne ». Et tout comme Iann Brossat, l’actuel maire propose la tenue d’un referendum après l’élection.

Réduire le nombre de nuitées autorisées

Pour le candidat écologiste David Belliard, l’Etat doit intervenir afin d’interdire la location de meublés touristiques professionnels. A l’échelle de la Ville, il propose d’abaisser à 45 le nombre de nuitées autorisées et qu’une centaine d’agents se consacrent à la lutte contre les locations illégales. 

La réduction du nombre de nuitées autorisées est également proposée par Danielle Simmonnet. La candidate LFI souhaite qu’il n’y ait pas plus de 30 nuitées par an pour les résidences principales. En matière de contrôle, elle aussi compte déployer une centaine d’agents.

Pour Gaspard Gantzer, candidat du mouvement « Parisiennes, Parisiens », « c’est très bien que Paris soit touristique, mais ça ne doit pas devenir un parc d’attractions à ciel ouvert », explique-t-il au HuffPost. L’ancien conseiller de François Hollande propose de réduire à 30 la limite du nombre de nuitées autorisées, de limiter la transformation de baux commerciaux en logements et, dans un second temps, d’interdire Airbnb des arrondissements centraux.

Renforcer les contrôles contre les locations illégales

Benjamin Griveaux compte « faire respecter la loi ». Actuellement celle-ci prévoit une limitation à 120 nuitées pour les résidences principales. Une limite suffisante pour le candidat LREM mais qui doit toutefois être plus contrôlée. Son directeur de campagne Pacôme Rupin propose notamment de « mieux cibler » ces contrôles dans l’hyper centre de la capitale.

Candidat LREM dissident, Cédric Villani souhaite quant à lui réduire le nombre limite de nuitées autorisées. L’ancien mathématicien a d’ailleurs cosigné avec Pierre-Yves Bournazel un amendement proposant de l’abaisser à 60 nuits pour les résidences principales et de laisser aux maires la liberté de fixer ce le seuil entre 60 et 120. Pour ce qui est des contrôles, Rayan Nezzar, porte-parole, explique au HuffPost que s’il est nécessaire de les renforcer, « on ne peut pas tout contrôler ». Pour ce dernier, c’est aux plateformes de transmettre les informations. Cédric Villani propose néanmoins de renforcer les contrôles des professionnels qui transforment des commerces en logements à louer.

Pierre-Yves Bournazel, candidat Agir et cosignataire de l’amendement avec Cédric Villani, souhaite quant à lui que ces contrôles soient exercés « en amont » par la Ville. « La Ville pourrait refuser l’octroi d’un numéro d’immatriculation si elle juge que le quartier dans lequel se situe le bien est déjà saturé », explique au Parisien le député. Cette dernière proposition est également partagée par Rachida Dati. La candidate LR souhaite imposer aux plateformes l’autorisation du propriétaire. Ce dernier devra ainsi fournir un justificatif attestant son accord de louer sur Airbnb son logement.

Pierre Liscia, candidat sous l’étiquette « Libres ! », explique au HuffPost ne pas avoir de propositions sur le sujet. « Il faut arrêter de penser que Airbnb est responsable de la flambée des prix à Paris. C’est mensonger et tout le monde tombe dans le panneau ». Pour Serge Federbusch aussi Airbnb est diabolisé. Le candidat RN explique d’ailleurs au HuffPost que limiter le nombre de nuits est « une folie bureaucratique ».

 
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