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Drogues, prostitution : Paris veut « reprendre le contrôle » sur Airbnb

Publié par le , Mis à jour le 06/05/2020 à 15:30

La mairie de Paris accuse Airbnb de détourner 30 000 logements

Airbnb est un sujet qui fâche et qui divise, surtout dans les grandes métropoles. C'est d'ailleurs une thématique centrale des élections municipales de 2020 pour la mairie de la capitale. Ian Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris entend bien profiter de la crise du coronavirus pour mieux réguler la plateforme en ligne de location de logement, qui est parfois utilisée à des fins détournées : trafic de drogue ou encore prostitution.

« Reprendre le contrôle » sur Airbnb grâce à la crise du coronavirus

La plateforme Airbnb est souvent accusée d'ajouter de la tension sur le marché du logement dans les grandes villes. Mais avec les mesures de confinement, son activité a été réduite au strict minimum. Airbnb proposait par exemple la mise à disposition de logements à titre gracieux pour le personnel soignant. En outre, les restrictions de déplacement prévues pour le déconfinement risquent de réduire l'activité touristique de façon drastique, présageant un impact futur pour Airbnb.

Cela n'a pas manqué de faire réagir Ian Brossat, adjoint communiste à la mairie de Paris. Dans le JDD du 10 avril, ce dernier a constaté un « effondrement inédit et spectaculaire » du nombre d'annonces postées concernant la capitale. En temps normal, le nombre moyen de déclarations en mairie (processus obligatoire pour obtenir une autorisation et un numéro d'enregistrement) est d'environ 1 200. Pour les trois premières semaines du mois d'avril 2020, on n'en a constaté que 40.

Ian Brossat n'a pas manqué de communiquer son intention de reprendre le contrôle sur la plateforme : « Nous entendons nous saisir de cette opportunité pour reprendre le contrôle », a-t-il allégué. Dans son collimateur se trouve plus précisément les biens meublés touristiques acquis par des « hôtes professionnels ». Ces derniers comptaient sur les revenus générés par Airbnb pour rembourser les prêts immobiliers contractés. « Il va y avoir de la casse », a-t-il annoncé dans le JDD. « La ville pourrait racheter ces logements à travers sa future foncière dévolue au locatif pour les remettre sur le marché classique., a-t-il ajouté Ça concerne des centaines d'appartements à Paris. »

Trafic de drogue, prostitution : des usages détournés et illégaux d'Airbnb

Dans un courrier adressé au ministre du Logement Julien Denormandie, l'adjoint à la mairie a également dénoncé des détournements de locations Airbnb : « certains loueurs, faute de touristes sans doute, semblent se tourner vers des activités illégales », a-t-il affirmé. Il remarque une « diversification alarmante du profil des personnes et des activités hébergées ». « Nous avons eu des signalements selon lesquels des propriétaires, faute de touristes, louent leur appartement pour des activités de prostitution et de trafic de drogue », a-t-il dénoncé.

Il s'inquiète en outre de « la multiplication des annonces de meublés touristiques de moyenne durée proposant un bail mobilité », normalement réservés personnes en formation professionnelle, études supérieures, contrat d'apprentissage ou encore en stage. Il accuse aussi les possibles dépassements des plafonds prévus par l'encadrement des loyers. « On a par exemple eu le cas d’une chambre de bonne de 10 m2, louée à 1 000 euros ! Ce qui fait 100 euros du mètre carré contre 30 euros », s'est-il alarmé.

La mairie de Paris accuse la plateforme de détourner des logements

Ce ne sont pas les premières accusations de la mairie de Paris envers Airbnb. La mairie accuse notamment la plateforme de détourner quelque « 30 000 logements » de la capitale à des fins capitalistiques. En effet, le nombre maximal de nuitées annuelles autorisées est de 120 et un propriétaire souhaitant louer son logement à Paris via Airbnb doit d'abord s'enregistrer à la mairie. Airbnb avait toutefois démenti ces accusations en publiant ses chiffres officiels en décembre dernier.

 
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