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Inondations dans le Sud-Est : une facture à 300 millions d'euros

Publié par le , Mis à jour le 27/11/2019 à 15:30

Inondations dans le Sud-Est : 300 millions d'euros de dégâts

Les violentes intempéries qui ont touché la Côte d'Azur le week-end dernier pourraient avoir provoqué près de 300 millions d'euros de dégâts. Alors que les assureurs se mobilisent pour accélérer les procédures d’indemnisation, un arrêté de catastrophe naturelle devrait être prochainement pris par le gouvernement.

Entre 15 000 et 25 000 sinistres déclarés

Au niveau des tempêtes Carmen et Eleanor de 2018. Le sud-est de la France a été balayé par des pluies torrentielles le week-end dernier, causant la mort d’au moins 5 personnes. Si les considérations matérielles paraissent bien futiles à côté de ces drames, l’heure est désormais à la constatation des dégâts. Selon les prévisions de Saretec France, un cabinet d'expertise et de gestion des sinistres, les inondations qui ont notamment touché le Var et les Alpes-Maritimes pourraient avoir provoqué près de 300 millions d'euros de dégâts.

La Fédération française de l'assurance (FFA) a de son côté déclaré qu’elle communiquerait les chiffres officiels en fin de semaine. Ils devraient toutefois s’approcher des prévisions de Saratec. Le cabinet d’expertise estime entre 15 000 et 25 000 le nombre de sinistres déclarés. « La plaine de l'Argens dans le Var comprend de nombreuses zones commerciales et d'activité », explique Jean-Vincent Raymondis, directeur général adjoint de Saretec. Ce dernier s’attend ainsi à une forte sinistralité des entreprises.

La FFA a présenté une série de « mesures exceptionnelles »

Pour parer aux nombreuses déclarations, la FFA a assuré que les assureurs s’étaient mobilisés en nombre pour accélérer les procédures d’indemnisation. « Les assureurs s'associent à l'émotion des Français face aux conséquences humaines et matérielles des inondations et présentent leurs condoléances aux familles des victimes. La profession s’engage à tout mettre en œuvre pour faciliter les démarches des assurés, les accompagner dans leurs déclarations et accélérer les procédures d’indemnisation », a expliqué dans un communiqué Florence Lustman, Présidente de la FFA.

Pour répondre aux besoins des sinistrés, l’organisme de représentation professionnelle des entreprises d’assurance a également présenté une série de « mesures exceptionnelles » :

  • Déclaration des sinistres par tous les canaux : lettre simple, téléphone, internet, etc.
  • Désignations par le secteur de l’assurance de représentants se tenant à la disposition des préfets ainsi que des cellules de crise locales.
  • Des avances sur indemnisations seront versées aux assurés selon les besoins.
  • Si les sinistrés ne disposent plus des factures des objets endommagés, les assureurs accepteront tous types de justificatifs, notamment les témoignages.

A quand une réforme du régime de catastrophe naturelle ?

Pour ce qui est du gouvernement, ce dernier a d’ores et déjà prévu la publication d’un arrêté de catastrophe naturelle dans les prochaines semaines. Pour rappel, une fois reconnu, l’état de catastrophe naturelle permet de favoriser et faciliter l’indemnisation des nombreuses victimes.

Ces graves intempéries replacent justement le débat sur ce régime exceptionnel dont le secteur attend depuis plusieurs années une réforme. « La répétition des événements de grande ampleur témoigne de la nécessaire modernisation du régime des catastrophes naturelles », affirmait notamment l'an dernier la FFA. Si une réforme est également prévue par le gouvernement, rien n’a encore été acté. En octobre 2018, Emmanuel Macron affirmait vouloir moderniser ce dispositif jamais revu depuis sa mise en place en 1982. L’objectif est de de mettre en place « un système plus incitatif, plus rapide, plus généreux pour l’assurabilité outre-mer dans le cadre d’une stratégie durable ».

Pour Stanislas di Vittorio, fondateur d'Assurland.com, le régime de cat’ nat’ soulève deux questions. « Lorsque l’état de de catastrophe naturelle est déclaré, l’ensemble des assurés payent, au profit de ceux à risque. C’est un principe de péréquation, de solidarité. Seulement, depuis l’entrée en vigueur de ce régime, cette participation n’a fait qu’augmenter. La question est donc de savoir si tous les assurés doivent payer et surtout s’ils doivent payer alors que les risques sont dans certains cas connus ».

 
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