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Quels dispositifs vont être mis à disposition des sans-abris pour l'hiver ?

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La période de trêve hivernale empêche notamment les expulsions locatives

Cette période de crise sanitaire a fait ressortir d'importantes inégalités sociales et en termes d'accès au logement. En effet, il est complexe d'exiger des sans-abris de se confiner ou de porter un masque en permanence dans la rue. D'autant plus que l'été touche à sa fin et que les fraîches saisons d'automne et d'hiver ne sont guère loin. Alors, quels sont les dispositifs que le gouvernement et les associations comptent mettre en place pour leur venir en aide ?

Le gouvernement va « pérenniser 14 000 places d'hébergement » pour les sans-abris

Pour venir en aide aux sans-abris, le gouvernement a tout d'abord promis 14 000 nouvelles places d'hébergement à pérenniser, dont 7 000 pourront être mises à disposition avant la fin de l'année, d'après les annonces de la ministre du Logement Emmanuelle Wargon aux associations d'aide aux sans-abris. D'un point de vue logistique, le dispositif sera déployé « en deux fois ». Les 7 000 premières places seront financées sur le budget de l'année 2020 ; les 7 000 suivantes sur le budget 2021.

Ces nouvelles places sont intégrées au « plan hiver » de la trêve hivernale. Cette dernière a été, au vu des circonstances exceptionnelles, étendue jusqu'au 10 juillet avec la fin de l'état d'urgence sanitaire. À Paris, la trêve hivernale a également été étendue, et ce jusqu'au moins d'octobre prochain, « ce qui nous permettra de faire le pont avec la trêve suivante et d'avoir une année blanche », a allégué Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris en charge du logement, de l'hébergement d’urgence et de la protection des réfugiés. Par ailleurs, la ministre du Logement a indiqué que le gouvernement avait bien tenu son engagement de ne procéder à aucune fermeture de places d'hébergement, ni expulsion locative, à l'issue de la trêve hivernale, sans alternative de relogement.

Au total, le nombre de places pérennes à l'année sera porté à 166 000. La ministre précise également que 34 000 places supplémentaires en hébergement ont été mises à disposition et, qu'à l'heure actuelle, 180 000 places au total sont toujours comptabilisées. « Les places qu'on a fermées, c'est parce qu'on avait trouvé une solution », a-t-elle ajouté.

10 millions d'euros supplémentaires pour améliorer les centres d'hébergement

De surcroît, Emmanuelle Wargon prévoit une enveloppe de 10 millions d'euros sur les deux années à venir afin « d'intensifier l'amélioration de la qualité d'humanisation des centres d'hébergement », certains étant « extrêmement vétustes ». Seront donc aménagées des chambres individuelles à la place des dortoirs, plus adaptées aux dispositions sanitaires actuelles, mais également moins propices à la violence faisant fuir certains sans-abris.

À savoir que le port du masque est désormais obligatoire à l'extérieur dans de nombreuses zones et dans l'intégralité du territoire parisien, ainsi qu'en petite couronne. Emmanuelle Wargon a alors rappelé que « 50 millions de masques » devraient être livrés aux associations pour les distribuer aux populations les plus défavorisées.

Emmaüs mettra à disposition 50 maisons en kit pour les sans-abris

Autre initiative en faveur des sans-abris de la part d'Emmaüs Solidarité : le projet nommé « Pour toi » et présenté à Emmanuelle Wargon. Ce projet mettra à disposition 50 maisons en kit pour l'hiver à destination des sans-abris. Ces logements de 4m² minimum se montent à la main en quelques dizaines de minutes ; ils pourront donc être placés au sein de gymnases et autres lieux fermés pour passer l'hiver.

« Pour nous, ça doit être un hébergement pour quelques jours ou quelques semaines. La priorité, c'est le logement d'abord », a rappelé Bruno Morel, président d'Emmaüs Solidarité. À son tour, la ministre du Logement a annoncé que « l'État serait partenaire du projet ». et que « cela pourrait être un partenariat financier, au sens où on contribuerait à la prise en charge du projet. Cela pourrait être aussi une organisation avec les services de l'État […] pour voir quels sont ceux qui pourraient utiliser ce type de dispositifs. »

Ces logements de transition designés par l'agence Centdegrés à titre gracieux coûtent environ 2 000 euros pour 4m² (logement individuel). Une commande concernant 50 abris à destination de 200 personnes a été passée par Emmaüs en prévision de l'hiver. Un appel à soutien sera passé auprès de mécènes pour assister au déploiement de ces solutions d'hébergement d'urgence.

Le confinement a fait ressortir les inégalités sociales et d'accès au logement

Il faut bien dire que cette période de crise sanitaire a très fortement exacerbé les inégalités sociales et d'accès au logement, dans un contexte français déjà touché par une importante crise du logement, en particulier dans les grandes métropoles. Se loger peut être très onéreux et il faut parfois batailler pour faire valoir son dossier auprès d'un bailleur.

Et respecter les mesures sanitaires et de distanciation sociale peut être très complexe dans certains cas. Pour les sans-abris, les centres d'hébergement d'urgence ainsi que les accueils de jour ont dû mettre en place de nombreux dispositifs durant la période de confinement. L'accès aux douches, aux toilettes ou encore les suivis individuels ont été rendus beaucoup plus complexes.

Alors, les mesures du gouvernement seront-elles suffisantes pour répondre au besoin sanitaire et social représenté par les sans-abris en cette période de crise ? Nous ne connaîtrons la réponse à cette question que durant ces prochains mois.

 
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