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Reconfinement : ce qui attend le secteur immobilier et les futurs acquéreurs

Publié par le , Mis à jour le 02/11/2020 à 15:03

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Le confinement national appliqué dès aujourd’hui risque bien de renforcer les difficultés d’un secteur immobilier déjà ébranlé par le premier, au printemps, et par une activité économique atone. Les agences immobilières n’ont en effet pas été considérées comme des commerces essentiels, elles devront donc rester fermées pour au moins un mois. 

Les agences immobilières contraintes de s'adapter

De plus, avec les restrictions de déplacement, et l’impossibilité de se réunir, les remises de clefs, visites et états des lieux devraient bien être reportés. Les professionnels du secteur espèrent toutefois que les outils mis en place durant le premier confinement les aideront à maintenir un minimum d’activité. On pense à la signature électronique des mandats, qui s’est répandue depuis quelques mois, mais aussi aux visites virtuelles.

Une bonne nouvelle est aussi venue de la conférence de presse du Premier ministre, Jean Castex, qui a annoncé que les déménagements seraient autorisés durant la période, sous réserve de pouvoir présenter un justificatif (bail signé, documents d’agence…). Le ministère du Logement a lui confirmé que les offices notariaux resteraient ouverts.

Des craintes sur la confiance des ménages

Mais cela suffira t-il à inciter les Français à louer et acheter ? En juin dernier, une étude du site SeLoger indiquait que 18 % des futurs locataires se disaient prêts à louer un bien en ne l’ayant visité que par écran interposé. Si ces nouvelles procédures ne semblent pas être un frein, tout du moins pour la location, c’est plutôt l’incertitude économique et la baisse des achats qui inquiètent les professionnels.

En effet, la dégradation épidémiologique que nous connaissons risque fatalement de se doubler d’une nouvelle période de ralentissement économique. Dans ce contexte, un récent sondage a montré que les Français qui le peuvent allaient privilégier l’épargne aux achats dans les mois à venir.

L’incertitude va aussi peser sur les conditions d’attribution des crédits immobiliers. Enfin, l’indice de confiance des ménages affichait cet été un visage mitigé : 15 points en dessous de son niveau un an plus tôt, mais 15 points au dessus de son point de chute en 2008 lors de la crise financière.

Le marché a bien connu un rebond après le premier confinement

La Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM) prévoit donc bien une baisse de 25 % des ventes en 2020 par rapport à 2019, qui avait été une année historique en terme de transactions. Mais la régression provoquée par le reconfinement pourrait accentuer encore plus ce décrochage, prévient-elle. 

Entre mars et mai, le nombre de transactions immobilières avait chuté de 80%. Environ 150 000 ventes (soit 15 % des ventes annuelles) avaient alors été perdues durant le confinement et ne seront pas rattrapées, selon la FNAIM. Puis le marché avait connu un léger rebond (et non pas « une reprise » précise bien la fédération) durant l’été. De leur côté, les notaires estiment que le chiffre des 900 000 ventes est tout de même atteignable sur l’année 2020, ce qui correspondrait bien à une baisse d’environ 20% par rapport aux 1,1 millions de ventes de 2019.

Quel impact sur le niveau des prix ?

Une question qui demeure en suspend pour les futurs acquéreur est celle de l’impact du reconfinement sur le niveau des prix. Au printemps, il n’avait pas durer assez longtemps pour que les prix chutent significativement. A la mi-août la FNAIM n’avait pas observé de baisse des prix, seulement un ralentissement de la hausse. 

Dans leur dernière note sur la conjoncture immobilières, les Notaires de France remarquent eux aussi que, pour l’heure, « L’épisode Covid n’a pas été suffisamment durable pour impacter significativement les mentalités et donc les prix ». L’étude avance qu’il faudrait que les difficultés sanitaires et économiques persistent encore pour voir les prix baisser.  

Il faudra donc scruter l’indice des prix dans les mois à venir, et d’autant plus si le confinement, décrété pour le moment pour un mois, est prolongé. A Paris, après cinq années continue de hausse, les prix semblent stagner depuis le mois de mai.

 
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