Un portrait-robot des passoires thermiques en France

Publié par Quentin Bas Lorant le 03/03/2022 à 16:12 , Mis à jour le 08/03/2022 à 00:00

Dans une récente étude, Effy, acteur de la rénovation énergétique en France, dessine un portrait-robot des passoires thermiques en France. Un fléau qui semble toucher tous les Français, indépendamment de leur niveau de revenu ou du type de bien. 

Des passoires bientôt interdites à la location

La loi Climat et résilience, promulguée le 22 août 2021, comporte plusieurs dispositions pour lutter contre les logements les plus énergivores. Pour mémoire, les « passoires thermiques » ou « passoires énergétiques » sont ces logements très chers à chauffer car mal isolés et qui laissent donc s’échapper beaucoup de chaleur. 

À l’heure actuelle, on estime leur nombre à près de 5 millions en France (4,8 millions), c’est presque 1/5 du parc des habitations principales. Un désastre pour le confort des habitants, leur portefeuille, mais aussi pour la planète.

Pour exclure progressivement ces logements du marché, la loi Climat prévoit notamment de les interdire à la location, à partir de 2025. À cette date, les logements classés « G » sur l’échelle de la performance énergétique, ne pourront plus être loués, puis ce sera le tour de ceux classés « F », à compter de 2028. Cette mesure concerne à l’heure actuelle environ 1,8 million de logements.

Si l’interdiction de louer est la mesure phare du texte, d’autres mesures s’appliquent également dès cette année. Depuis le 1er janvier, par exemple, les annonces de vente ou de location de passoires thermiques doivent mentionner que la consommation énergétique du logement est « excessive », et afficher « le montant des dépenses théoriques annuelles de chauffage ».

Un devoir d’information renforcé, donc, qui doit permettre de discriminer progressivement ce type de bien. Pour autant, l’été dernier, une étude du site Pap avait montré que 6 Français sur 10 étaient encore prêts à s’installer dans une passoire énergétique, si elle répondait à d’autres critères (situation, prix, taille, etc.).

C’est qu’en réalité, les passoires thermiques ne sont uniquement des logements insalubres et étriqués. Bon nombre d’entre eux pourraient, facture d’énergie mise à part, faire rêver les acquéreurs. C’est en tout la conclusion d’une enquête d’Effy qui croque le portrait-robot des passoires thermiques en France.

Portrait-robot et idées reçues

Pour arriver à ce portrait-robot, Effy a analysé les données recueillies par l’Observatoire National de la Rénovation Énergétique (ONRE). La première conclusion montre que les passoires thermiques sont majoritairement occupée (à 58%) par des ménages aux revenus intermédiaires ou hauts.

Sans nier la réalité du mal-logement en France, qui touche plus de 4 millions de personnes, selon le dernier rapport de la Fondation Abbé Pierre, il s’avèrerait en effet que 42% des logements les plus énergivores seraient habités par des foyers aux revenus modestes.

Les données de l’ONRE tordent le cou dans les mêmes proportions à une autre idée reçu : 58% des occupants de passoires thermiques seraient propriétaires de leur logement, contre 42% de locataires (35% issus du parc privé, et 7% du parc social).

Ce partage recoupe en réalité les données de l’INSEE, qui établissait, en 2018, que 58% des ménages étaient propriétaires de leur résidence principale. Ce qui tendrait bien à montrer que la répartition des passoires énergétiques est assez équitable entre propriétaires et locataires, et entre les différents niveaux de revenus.

Enfin, Effy rappelle qu’au niveau du type de logement, les passoires sont majoritairement des maisons : 60%, contre 40% d’appartements. Ce qui conduit à une superficie moyenne comprise entre 60 et 100 mètre carré.

Là aussi, les données recoupent celle de l’INSEE, qui estimait en 2020 que l’habitat individuel représentait 55% des logements. Cette mise en perspective permet donc de conclure que le fléau des passoires thermiques toucherait bien un ensemble de ménages représentatif de la population française.

Le problème soulevé par cet acteur de la rénovation énergétique, reste bien que 72% des propriétaires de ces logements ne se déclarent pas encore assez informés sur les possibilités de travaux, et que 60% n’ont aucune idée de leur coût. Une piste d’amélioration réccurente pour les dispositifs gouvernementaux tels que MaPrimeRénov’.

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