Assurance santé

4 ados sur 5 dans le monde ne font pas assez d'activités physiques

Publié par le , Mis à jour le 25/11/2019 à 11:49

Pratiquer une activité physique quotidienne est bon pour la santé

D'après une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée par la revue The Lancet le jeudi 21 novembre 2019, quatre adolescents de 11 à 17 ans sur cinq n'ont pas une activité physique quotidienne assez importante (une heure par jour). Sur les 146 pays sondés, la France décroche péniblement la 119e place (l'étude recense 231 pays au total, 63% des pays participent donc à l'échantillon).

Des différences entre filles et garçons et entre pays, selon l'OMS

Pour mener à bien cette étude ambitieuse, l'OMS a croisé des données provenant de 146 pays entre 2001 et 2016. Ce ne sont pas moins de 1,6 million d'élèves qui ont constitué l'énorme échantillon de ce tout nouveau rapport. Et le bilan est alarmiste : quatre adolescents sur cinq ne pratiquent pas une activité physique quotidienne assez importante.

Pour les filles, le chiffre stagne : 85% d'entre elles sont concernées par ce manque d'activité physique et sportive, et ce depuis 15 ans. Les garçons sont un peu moins concernés, mais le chiffre reste préoccupant : en 2016, 78% d'entre eux étaient en dessous des recommandations de l'OMS. Les extrêmes sont représentés par le Bangladesh (66% d'adolescents concernés) et la Corée du Sud (94% d'adolescents concernés). En ce qui concerne les Français, déjà connus pour ne pas être assez sportifs, les chiffres sont les suivants :

  • Nombre d'adolescents ne pratiquant pas assez d'activité physique quotidienne en 2001 : 86,2%
  • Filles : 91,4%
  • Garçons : 81,1%
  • Nombre d'adolescents ne pratiquant pas assez d'activité physique quotidienne en 2016 : 87%
  • Filles : 91,8%
  • Garçons : 82,4%

Tel qu'on peut le voir, ce problème touche plus les filles que les garçons, et le phénomène est encore plus accentué dans les pays développés. Les écarts filles-garçons le plus importante constatés se trouvent en Irlande (63,5% de garçons concernés en 2016 contre 80,5%) et aux États-Unis (64% de garçons concernés en 2016 contre 80,5%). Pourtant, ce sont les pays où l'accès au sport en milieu scolaire et extrascolaire est le meilleur. Seuls quatre pays comptent plus de filles actives que de garçons : Afghanistan, Zambie, Tonga et Samoa.

Une heure d'activité physique par jour

Pour les adolescents, il est vivement recommandé d'avoir au moins une heure d'activité physique quotidienne (une demie heure est suffisant pour les adultes). Et par activité physique, l'OMS n'entend pas nécessairement la pratique d'un sport en club ou en compétition. En effet, pratique une activité physique n'exige pas de posséder du matériel spécialisé.

« Porter les courses, du bois, des livres ou vos enfants sont de bons exercices physiques de complément, tout comme monter les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur. La marche est peut-être l’exercice physique le plus pratiqué et le plus fortement recommandé et c’est tout à fait gratuit », peut-on lire sur le site de l'OMS. On parle donc d'activités modérées à intenses : il est tout à fait possible de varier les plaisirs !

De plus, dynamiser son corps par un mode de vie actif est très profitable à la santé. Pratiquer une activité physique régulière « améliore la forme cardiorespiratoire et musculaire, ainsi que l'état des os et la santé cardio-métabolique », peut-on lire dans le rapport. Mais ce n'est pas tout ! « Des données de plus en plus nombreuses tendent aussi à indiquer que l'activité physique améliore le développement cognitif et la socialisation. Les éléments dont nous disposons aujourd’hui laissent penser qu'une grande part de ces effets continuent de se faire ressentir à l'âge adulte », est-il encore précisé par l''étude.

Devoirs, insécurité, écrans : un mode de vie sédentaire peu adapté au sport

Mais pourquoi les adolescents sont-ils de plus en plus touchés par ce manque d'activité physique et sportive ? La réponse est simple : la sédentarisation. Et cette sédentarisation prend racine dans trois facteurs principaux : les devoirs, l'insécurité et les écrans.

Il peut être facile pour certains de simplifier à l'extrême le phénomène et de penser que la révolution numérique en est le seul responsable. Certes, leur apparition dans le quotidien de chacun a bouleversé les modes de vie : ils pousseraient les adolescents à « être moins actifs », d'après Leanne Riley, co-auteur de l'étude. Et d'après Statista, les 13-19 ans passeraient en moyenne 15,11 heures par semaine sur Internet.

Mais parmi les autres causes, on peut aussi trouver l'école et les devoirs. En effet, les jeunes sont de plus en plus poussés à étudier et à choisir des filières impliquant une charge de travail plus importante en dehors des cours. Regina Guthold, auteur principal de l'étude s'attendait quelque peu à cette analyse : « En France, explique-t-elle, je sais que les enfants vont à l'école du matin jusqu'au soir. Ils reviennent à la maison, ils ont des devoirs à faire. Comment peuvent-ils faire une heure d'activité physique chaque jour si toute la journée est pleine ? »

Enfin, on peut expliquer cette sédentarisation par l'insécurité croissante dans de nombreux pays concernés par l'étude. Il est de plus en plus dangereux pour les enfants et adolescents de se rendre à l'école à pied ou à vélo. Sont donc privilégiés des itinéraires plus sécurisés mais au détriment de l'activité physique.

 
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