Assurance santé

Assurland rencontre le co-fondateur de Sauv Life, le Dr Lionel Lamhaut

Publié par le , Mis à jour le 17/01/2020 à 10:20

Aujourd'hui, 350 000 citoyens sauveteurs se sont inscrits sur Sauv Life

Sauv Life est une application lancée en 2018 qui permet de secourir des victimes d’arrêts cardiaques. Dans une interview exclusive, le Dr Lionel Lamhaut, co-fondateur de Sauv Life explique à Assurland.com comment la communauté des citoyens sauveteurs aide à sauver des vies.

Comment est née l'application Sauv Life ?

Sauv Life, c’est le travail de trois co-fondateurs dont moi. On a des horizons très différent. Arnaud Libert directeur de police municipale et moniteur de premiers secours et Aviel Solomon est informaticien et chef d’entreprise.

In fine, Sauv Life est venu d’une constatation que j’avais en clinique parce que je suis médecin au SAMU. On a développé des techniques assez innovantes sur l’arrêt cardiaque. Malheureusement, on ne peut pas les mettre en place si on n’a pas fait les gestes de premiers secours parce que les gens sont morts. Il y avait des gens qui arrivaient parfois ou qui voyaient des choses et qui disaient : « Si j’avais su, j’aurais peut-être pu aider. Je suis à deux minutes à pied, je suis au bout de la rue. Je ne savais pas qu’il se passait quelque chose ».

En parallèle, il commençait à y avoir des expérimentations aux États-Unis sur un système de SMS pour dire aux gens : « Il se passe quelque chose ».

Quelle est la mission de l’application ?

C’est de créer une communauté de citoyens sauveteurs à disposition des secours pour répondre aux urgences vitales en attendant que les secours organisés arrivent (pompiers et SAMU). Pour les urgences où on parle d’une action à la minute, une minute sans massage cardiaque, c’est 10% de survie en moins. Les secours vont mettre 14 minutes en moyenne à arriver et donc si on attend que les secours, tout le monde est mort. Il faut donc agir avant l’arrivée de ces secours si on veut essayer de sauver des vies.

Comment fonctionne l’application ?

Quand il y a une urgence vitale, qu’il y a un appel au secours (15 ou 18), le SAMU va déclencher l’application. On va repérer les gens qui sont à 10 minutes à pied de l’incident. Ils vont recevoir une notification. S’ils sont disponibles, ils acceptent la notification. L’application va transmettre les informations GPS pour les diriger sur place. Ils sont suivis par le SAMU en direct qui va pouvoir leur donner des conseils téléphoniques sur les gestes qui sauvent immédiatement même au besoin avec une visioconférence.

Est-ce que l’ensemble des citoyens peut s’inscrire ?

C’est mieux d’être formés mais même des citoyens non formés peuvent agir et sauver des vies. Dès 15 ans, vous pouvez vous inscrire avec une autorisation parentale jusqu’à 18 ans. Pourquoi 15 ans ? À 15 ans, on est en 3ème. Dans le système scolaire, il y a le passage des formations de secourisme et en plus c’est l’âge ou on vous autorise à sortir du collège tout seul. On considère que vous pouvez vous déplacer de manière sécuritaire dans la rue quand il y a une alerte.

Combien y a-t-il de citoyens sauveteurs ?

Aujourd’hui on arrive à 350 000 citoyens sauveteurs. Des personnes qui viennent de toute la France. On est pour l’instant implantés dans 48 départements. On est en train de s’ouvrir un peu partout. On couvre deux à trois départements supplémentaires par mois. On a évidemment plus de gens dans des départements ou on est ouvert puisque l’on fait de la publicité. Le milieu rural est extrêmement important car les délais de secours sont encore plus longs que dans les villes. Dans le milieu rural, c’est indispensable.

Deux sauvetages ont eu un écho important dans les médias. Deux jeunes ont sauvé de la mort deux enfants. Pensez-vous que la jeunesse est plus investie ?

Alors elle n’est pas plus investie mais elle participe de manière très active à la communauté parce que c’est plus une « génération smartphone ». Ils sont actifs mais il n’y a pas qu’eux. Tout le monde peut y participer. Tout le monde joue son rôle. Ils le font très bien avec beaucoup d’entrain. Cette communauté est extrêmement solidaire et active. Ils s’entraident beaucoup. Dès fois, ils restent avec les familles pour les soutenir. Ils les amènent à l’hôpital…Il y a vraiment un élan de solidarité.  

Aujourd’hui, combien de vies ont pu être sauvées ?

On a plus de 85 cœurs qui sont repartis avec l’application Sauv Life. On ne peut pas dire que c’est que Sauv Life, c’est aussi les pompiers, le SAMU, l’hôpital. Notre objectif est de faire repartir un cœur qui est la première étape avant de survivre. Vous l’avez bien compris, c’est une histoire de course contre la montre. Ce que j’espère c’est que l’on ait tout le temps une personne à 100 mètres de la communauté quand il y a un arrêt cardiaque pour réduire les temps.

L’arrêt cardiaque, cela représente quoi en France ?

C’est un des tout premiers problèmes de santé publique avec 50 000 personnes par an qui meurent d’un arrêt cardiaque avec seulement 5% de survivants. C’est énorme. Ce n’est pas une fatalité. On sait que dans les pays nordiques, ils montent à plus de 40% de survivants. Entre 5% et 40%, on peut peut-être faire un petit peu mieux.

 
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