Assurance santé

Cigarette électronique : la vitamine E cause des maladies pulmonaires

Publié par le , Mis à jour le 03/01/2020 à 10:05

Les liquides aromatisés ayant causé des problèmes sanitaires aux Etats-Unis sont interdits en Europe

Difficile de ne pas avoir entendu parler des déboires de la cigarette électronique. Cette dernière a amené plusieurs centaines d'utilisateurs à l'hôpital. On savait déjà que ces problèmes de santé étaient liés à certains arômes. La ville de New York avait entre autres interdit la vente de ces liquides aromatisés. Aujourd'hui, c'est l'acétate de vitamine E qui est mise en cause, d'après les chercheurs.

Une vague de malades aux États-Unis

Depuis le mois de juin dernier, de nombreux cas de maladies pulmonaires se déclarent aux États-Unis chez les vapoteurs. D'après une étude publiée le 20 décembre dernier par des chercheurs des centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dans le New England Journal of Medicine, on constatait la présence d'acétate de vitamine E, une version synthétique de la vitamine dans les poumons de la majorité de ces patients.

Et ces maladies ont fait des ravages. Aujourd'hui, on dénombre pas moins de 54 morts et 2 500 hospitalisations parmi les victimes de la e-cigarette. Mais l'acétate de vitamine E n'est pas la seule inquiétude des professionnels de la santé quant à ces cigarettes électroniques. En effet, une autre étude publiée le 16 décembre a conclu que, même sans présence de cette molécule de synthèse, les vapoteurs s'exposaient à de plus grands risques de souffrir de maladies pulmonaires. 30% d'entre eux risqueraient de développer des maladies comme l'asthme, la bronchite, l'emphysème ou la broncho-pneumopathie chronique obstructive. « Nous avons conclu que les e-cigarettes étaient nocives en elles-mêmes, avec des effets qui se produisent indépendamment de la consommation de tabac conventionnel », explique Stanton Glatz, professeur de médecine et directeur du centre de recherche sur le tabac de l’université de Californie à San Francisco.

L'acétate de vitamine E est principalement contenu dans des recharges illégales

En ce qui concerne la vague de maladies en lien avec l'acétate de vitamine E, la première étude a observé que sur 51 vapoteurs de 16 états différents faisant état de problèmes pulmonaires, on constatait la présence de la molécule dans 48 d'entre eux. Dans le groupe témoin (en bonne santé), elle n'a pas été relevée.

Cette substance nocive sert le plus souvent d'additif diluant pour certains e-liquides. Ces derniers souvent illicites, vendus de manière illégale et pouvant contenir du THC (le principe actif du cannabis). En théorie, la vitamine E n'est pas dangereuse et on peut la trouver dans certains comprimés, ou sous forme d'huile pour la peau. Aujourd'hui, on n'explique pas encore bien le lien entre les problèmes aux poumons et cette molécule.

En outre, Anna Schuchat, directrice adjointe des CDC met en garde : « Il pourrait y avoir d'autres épidémies », allègue-t-elle. En effet, si la présente étude établie une corrélation claire et nette entre l'acétate de vitamine E et les maladies observées, elle ne montre pas l'absence de danger que peut représenter d'autres substances dans la cigarette électronique.

Une réglementation plus stricte en Europe

Pour ce qui est de la France, on peut se rassurer. D'après Santé Publique France, il y aurait environ 3 millions de vapoteurs dans l'Hexagone, et ces derniers consomment des produits moins nocifs. Main dans la main avec d'autres agences sanitaires, elle a mis en place un « dispositif de signalement des cas de pneumopathies sévères survenues chez des vapoteurs ». Aucun décès n'est à déplorer dans notre pays. Et la vente de cigarettes électroniques tend à décroître en France.

De surcroît, la réglementation européenne limite le taux de nicotine dans les e-liquides à 20 mg/mL, soit trois fois moins que le taux maximal aux États-Unis. Et la composition produits de vapotage que l'on trouve en France « n’a rien à voir avec ceux commercialisés dans d’autres parties du monde », a assuré Roger Genet, directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), le 23 septembre sur Franceinfo. En effet, « tous les fabricants doivent déposer la composition intégrale de leurs produits », poursuit-il. Si les dangers de la cigarette électronique restent aujourd'hui méconnus, le discours n'est pas aussi alarmiste pour l'Europe.

 
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