Assurance santé

Complémentaire santé : les tarifs ont explosé depuis plus de 10 ans

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Les frais de gestion des mutuelles santé ont progressé de 30 % depuis 2010

Une enquête de l'UFC-Que Choisir vient de dénoncer, via une étude publiée mardi, la « dérive » des mutuelles santé. En 10 ans, les tarifs des complémentaires n’ont cessé d’augmenter. Les frais de gestion ont quant à eux pris + 30 % depuis 2010.

Une hausse de 47 % des montants des cotisations

Les complémentaires santé épinglées par l'UFC-Que Choisir. Selon une enquête de l'association de consommateurs UFC-Que choisir les tarifs des mutuelles santé n’ont cessé d’augmenter depuis plus de 10 ans. Les cotisations versées par les assureurs sont en effet passées de « 468 euros par personne et par an en moyenne en 2006 à 688 euros en 2017 ». Soit une hausse de 47 % alors que dans le même temps l’inflation était elle de 14 %. Ce qui correspond de fait à une progression trois fois plus importante. Si Le Parisien rappelle que la fiscalité sur les contrats de complémentaire santé est passée de 2,56 % en 2006 à 13,27 % en 2011, cette hausse ne justifie « que moins du tiers de la progression », a indiqué l'UFC.

Une « grave dérive » sur les frais de gestion

Pour l’association de consommateurs, cette enquête met en exergue une « grave dérive » des frais de gestion qui ont progressé de 30 % depuis 2010. En 2016, ces derniers s’élevaient à 7,2 milliards €, sur un total près de 40 milliards € de cotisations. Dont plus de 2,8 milliards pour les seuls ais d'acquisitions (communication, publicité, rémunération des intermédiaires). Un phénomène qui avait déjà alarmé la Cour des comptes en 2016. A eux seuls, ces frais de gestion représentent depuis 2010 36 % de la hausse des cotisations. Des frais de gestion qui n’ont en outre augmenté « deux fois plus vite » que les remboursements. Des remboursements qui sont justement pointés du doigt. Si les montants des cotisations ont explosé, les mutuelles et complémentaires ne remboursent que 13% des dépenses de santé. Un chiffre qui reste stable.

Un taux de redistribution trop bas

Cette enquête, publiée à la veille du Congrès de la Mutualité française, indique également que le taux de redistribution a nettement diminué. Selon l’UFC, 66% des cotisations reviennent aux assurés individuels. Contre 76 % pour les contrats collectifs. Pour certains contrats individuels, il est de 50 %. Pour l’association, ces dérives s’expliquent en partie par des garanties santé difficilement lisibles et qui « empêchent largement la comparaison et atténue la concurrence ». Autre phénomène inquiétant, le manque de transparence quant à l’organisation du secteur. Alors que le nombre de complémentaires santé était de 1 702 en 2011, il est passé à 477 en 2017.

Face à ce constat, l’UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics « d’encadrer la comparabilité des offres » mais aussi de publier dans les brochures « l’arrêté prévu par la loi Hamon de 2014, pour une liste standardisée d’exemples de remboursements en euros ». Pour l’association, les complémentaires devraient également être contraintes de publier leur taux de redistribution avant la souscription.

 
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