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Contrairement au premier confinement, pas de forte chute de la pollution de l'air en IDF

Publié par le , Mis à jour le 10/11/2020 à 12:44

En Ile-de-France, le niveau des bouchons est habituel en matinée

Selon les premières données d'Airparif, la diminution des taux de pollution n'est pas aussi sensible que lors du premier confinement. Preuve que l'économie n'est pas totalement à l'arrêt, mais aussi que les pouvoirs publics n'ont toujours pas pris la mesure de ce danger récurrent. 

Une baisse de 20% des émissions, contre 70% en mars

Difficile pour l’heure de comparer ce nouveau confinement à celui du printemps. Si l’ambition de limiter la propagation du coronavirus reste la même, nous n’assistons pas à un arrêt total du pays tel que nous l’avons connu entre le 16 mars et le 11 mai dernier.   

Les niveaux de pollution mesuré dans la capitale sont là pour en témoigner. Alors que leur baisse spectaculaire avait été largement commentée il y a quelque mois, cette fois-ci il n’y a pas matière à se réjouir. Signe que les Franciliens continuent bien à se déplacer.

Ce matin Airparif, l’association chargée de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, publiait ses données collectées sur les premiers jours du reconfinement. L’association note bien une baisse des émissions liées au trafic routier, mais de 20% seulement depuis le 30 octobre. Tandis qu’en mars dernier, elle mesurait une chute de 70% dès la première semaine, un niveau historiquement bas.

Les axes routiers en ligne de mire

Néanmoins, la diminution des émissions demeure sensible dans Paris, avec une baisse de 30%. Mais elle est quasi nulle sur le périphériques et les axes routiers, alors qu’au printemps « les concentrations [d’émissions] étaient quasiment les mêmes dans les parcs et jardins, que près des routes », note l’association.

Et pour cause, le trafic routier n’a que très peu diminué. Le cumul des bouchons en matinée autour de Paris est dans la fourchette basse des chiffres « habituels », selon Sytadin. Mardi 10 novembre à 8h, on enregistrait entre 225 et 250 km de bouchon en Ile-de-France. 

En cause, un nécessaire maintien de l'activité économique

Comment expliquer ce trafic du quotidien, alors que le gouvernement souhaitait voir se développer largement le télétravail ? Tout d’abord, contrairement au premier confinemet, les écoles restent par exemple ouvertes. Certains déplacement pour motifs professionnels sont également autorisés, et il faut aussi approvisionner les commerces qui ont été jugés comme « essentiels ». 

De plus, l’activité de certaines professions a été totalement préservée. C’est le cas du secteur de la construction et de la rénovation, dont l’ensemble de la chaîne de production (fournisseurs compris) peut fonctionner normalement durant ce reconfinement. Autre différence notable, et qui influe fortement sur la pollution : le trafic aérien cette fois-ci se poursuit. Les niveaux demeurent modestes, puisqu’on estime que le trafic dans les airs baissera de 66% cette année par rapport à 2019, mais les avions ne sont pas cloués au sol comme il y a six mois.

On constate aussi généralement plus de pic en hiver qu'au printemps

Enfin, ces taux de pollution qui restent importants malgré le confinement pourraient également s’expliquer par la saison. Les pics se constatent en effet plus souvent en hiver de façon générale. Le chauffage au bois par exemple, souvent apprécié quand les températures baissent, émet de fort taux de particules fines. Les masses d’air froid ont également tendance à rester bloquées à basse altitude, et donc à maintenir les éléments polluants proches du sol.

Les pouvoirs publics n'agissent pas non plus assez contre la pollution de l'air

Il semble difficile néanmoins d’alléger de cette façon la responsabilité des pouvoirs publics en la matière. Une actualité toute récente est là pour le rappeler : le 30 octobre la Commission européenne a annoncé que la France allait une nouvelle fois être renvoyée devant la Cour de justice de l’UE pour « non-respect systématique » des règles européennes en matière de pollutions aux particules fines PM10 (présentes principalement dans les émissions de l’industrie, de la circulation automobile et du chauffage domestique)

En clair : la France est accusée de ne pas suffisamment agir pour protéger ses citoyens contre la mauvaise qualité de l’air. Preuve également que la baisse ponctuelle des émissions lors du premier confinement pèse bien peu sur des années de non-respect des normes. Selon les estimations, la pollution de l’air causerait la mort de 48 000 à 76 000 personnes tous les ans.

Par ailleurs, dans le contexte sanitaire actuel, cette exposition à la pollution de l’air est d’autant plus mal venue et devrait être limitée encore plus farouchement. En effet, selon une étude publiée dans la revue l’Observatoire régionale de santé, la pollution atmosphérique peut être considérée comme un facteur aggravant les risques de décéder d’une maladie causant des troubles respiratoires, comme par exemple le Covid-19. 

 
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