Assurance santé

Coûts et délais : 63% des Français ont déjà renoncé aux soins

Publié par le , Mis à jour le 18/11/2019 à 16:23

Le manque d'accès aux soins touche plus violemment les populations défavorisées

D'après un sondage BVA pour France Assos Santé publié par Le Journal du Dimanche (JDD), 63% des Français ont déjà renoncé à accéder aux soins (consultation, prescription, hospitalisation...) en raison de coûts ou délais trop importants.

Les plus défavorisés, les jeunes et les handicapés premiers touchés par ce problème

France Assos Santé ne regroupe pas moins de 85 associations de malades. Ce sondage en ligne a été mené sur un échantillon représentatif de 1 002 personnes issues de la population française et âgée de 18 ans ou plus. Bien que prévisibles, ces chiffres inquiètent.

Tel que l'on pouvait s'y attendre, les plus touchés par un mauvais accès aux soins sont les plus défavorisés. Les auteurs de l'enquête veulent bien mettre en évidence ce lien avec la précarité : ces chiffres « confirment ainsi le lien entre vulnérabilité économique et accès aux soins », d'après leurs dires.

Ainsi, plusieurs chiffres tirent la sonnette d'alarme en France. Les motifs de renoncement sont les suivants :

  • 44% des personnes interrogées mettent en cause des délais d'attentes trop longs pour obtenir un rendez-vous,
  • 41% invoquent un reste à charge trop important pour pouvoir bénéficier de soins adéquats,
  • 30% disent se trouver dans l'impossibilité d'avancer les frais,
  • 25% déplorent un manque de médecin à une distance raisonnable.

Si l'on considère le total des sondés, ce sont bien 63% qui ont déjà dû refuser des soins. Mais si on affine les critères de sélection de l'échantillon, cette donnée varie encore :

  • 77% des personnes en situation de handicap ont déjà renoncé aux soins,
  • ce chiffre s'élève également à 74% dans la tanche d'âge des 25-34 ans,
  • il concerne en outre 72% des personnes dont le revenu mensuel net se trouve en dessous de 1 500 euros.

Un autre chiffre se révèle encore plus inquiétant : des médecins ou spécialistes ont déjà refusé un rendez-vous à un quart des bénéficiaires de la CMU-C ou de l'ACS, désormais regroupés sous le régime unique CSS à cause de leur statut. Quant aux dépassements d'honoraires, ils représentent quelques 67% des sondés. 58% d'entre eux pensent que le reste à charge a augmenté durant ces dernières années.

Des temps d'attente excessifs pour obtenir rendez-vous chez un spécialiste

Si l'on regarde plus en détails les secteurs de la santé tendus ou posant problème, on se rend bien compte que l'accès aux spécialistes est très complexe. En effet, ces derniers sont d'abord inégalement répartis sur le territoire :

  • 18% des Français ne trouvent pas d'ophtalmologue à moins d'une demie heure de leur domicile,
  • 18% pour un gynécologue,
  • 16% pour un dermatologue,
  • 14% pour un ORL.

De plus, les délais d'obtention d'un rendez-vous sont parfois aberrants. Ils sont en moyenne de :

  • 3 mois et 2 jours pour un ophtalmologue,
  • 2 mois et 3 jours pour un dermatologue,
  • 1 mois et 23 jours pour un gynécologue,
  • 1 mois et 14 jours pour un ORL.

« Ces résultats ne nous étonnent pas car ils correspondent à ce qui nous remonte de la réalité du terrain. Mais ils nous inquiètent », allègue au JDD Féreuze Aziza, chargée de mission Assurance maladie à France Assos Santé. Il faut bien dire que le rural en France est souvent synonyme de désert médical.

Le manque de médecins amène aux urgences

Pour beaucoup, le manque de médecins et de spécialistes aboutit à un déplacement aux urgences. Dans les faits, 17% des sondés avouent s'être déjà rendus aux urgences à cause du manque de médecins disponibles. 47% d'entre eux affirment ne pas savoir s'il y a une maison médicale de garde à proximité de leur domicile.

 
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