Assurance santé

Des substances indésirables encore décelées dans les protections périodiques

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Tampons et serviettes : des pesticides toujours présents

Trois ans après un premier rapport alertant sur la présence de substances indésirables dans les tampons et serviettes hygiéniques, 60 millions de consommateurs publie une seconde étude faisant un constat simple : les pesticides et autres phtalates composent toujours les protections périodiques.

« Les études se suivent, comme les articles de « 60 » »

Trois ans après, rien n’a changé. Malgré un premier rapport édifiant et de nombreuses recommandations officielles, des résidus de substances indésirables composent toujours les protections intimes féminines. Cette étude, publiée jeudi 21 février par le magazine 60 millions de consommateurs révèle la présence de nombreux résidus indésirables et notamment de glyphosate et de phtalates. « Les études se suivent, comme les articles de « 60 » [...] Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique », déplore le magazine.

L'Anses avait recommandé « d'éliminer ou de réduire la présence des substances chimiques »

La publication de cette étude suit de quelques mois un rapport rédigé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), faisant lui-même suite à une enquête menée par magazine 60 millions de consommateurs en 2016. Dans son rapport rendu public en juillet dernier, l’Anses révélait que des traces de substances chimiques avaient été décelées dans les protections périodiques. Des « traces en très faible concentration » qui conduisit l’Anses à estimer que la « la présence de ces résidus ne présente pas de risque pour la santé ».

Du côté de 60 millions de consommateurs l’avis de l’Anses n’a pas été jugé « totalement rassurant ». Prudente, l’Anses avait toutefois recommandé aux fabricants « d’améliorer la qualité de ces produits afin d’éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques ». Des recommandations qui n'ont donc pas été suivies d'effets.

Des traces de glyphosates et de DEHP

Dans son étude le magazine indique que les « contaminations par des résidus de molécules à risque persistent ». Après avoir testé 7 références de serviettes hygiéniques et 8 de tampons, « la présence récurrente du glyphosate ou d’un de ses dérivés dans des produits de grandes marques […] interpelle de nouveau ». Des résidus de l’herbicide classé cancérogène probable ont été retrouvées dans quatre références (JHO, Nana, Natracare, Tampax).

Outre le glyphosate, le magazine alarme sur la présence de « phtalates que nous n’avions pas détectée auparavant ». Parmi ces phtalates, le DEHP est certainement le plus préoccupent selon le magazine. Le DEHP a notamment été classé reprotoxique par l'agence européenne des substances chimiques (ECHA).

Du côté des fabricants on se défend en expliquant que ces « pesticides et autres résidus ne sont pas ajoutés intentionnellement ». Le syndicat des fabricants, Group’hygiène, explique quant à lui que « les rares substances détectées (…] le sont à l’état de traces, à un niveau largement inférieur aux seuils sanitaires. Le niveau peut être si faible qu’il équivaut à un carré de sucre dans 2 000 piscines olympiques ». Une justification qui ne devrait pas convaincre tout le monde.

 
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