Assurance santé

Face à la crainte d'une hausse des prix, le gouvernement appelle les mutuelles à la modération

Publié par le , Mis à jour le 30/11/2021 à 10:00

Le gouvernement a réitéré cette semaine (et « avec fermeté »), la demande faite aux organismes complémentaires de l’Assurance maladie (OCAM) de ne pas augmenter leurs tarifs en 2022. Le ministre de la Santé, Olivier Véran était auditionné devant la commission des Affaires sociales du Sénat, au sujet du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS 22). 

Le gouvernement veut imposer une modération des tarifs

À cette occasion, il a rappelé que son gouvernement avait décidé il y a peu de ne pas imposer une nouvelle taxe Covid aux complémentaires et mutuelles santé. Un geste, qui, en contrepartie, impliquerait une modération tarifaire de leur part : 

« Le choix a été de ne pas prélever de taxe complémentaire, mais de demander avec fermeté à l’ensemble des organismes complémentaires de modérer la hausse des cotisations pour l’année 2022 », a déclaré le ministre.

Pourtant, cette injonction est contradictoire. Si les pouvoirs publics ont décidé de ne pas reconduire la taxe exceptionnelle, c’est que les dépenses des complémentaires sont reparties à la hausse depuis le début de l’année. En raison du rattrapage médical toujours en cours (les Français prennent les rendez-vous qu’ils avaient reportés en 2020), les demande de remboursements grimpent (+30% par rapport à 2020, tous soins confondus).

Rattrapage des soins en cours, hausse des cotisations à craindre

Dans le détail, ce sont les demandes de remboursements chez les spécialistes qui sont les plus remarquables : +40% en optique et pour les soins auditifs, tandis qu’entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2021, le nombre de personnes équipées d’audioprothèses a augmenté de près de 68 %. Une conséquence, aussi, de la pleine entrée en application de la réforme du 100% Santé (ou du Reste à charge zéro) en janvier dernier.

Pour toutes ces raisons, le bilan des OCAM est dans le rouge au premier semestre : 1,45 milliard d’euros de dépenses (remboursements) et « seulement » 550 millions d’euros de cotisations, soit environ 900 millions d’euros de déficit). Pour rétablir les comptes, la tentation d’augmenter les tarifs est donc grande, même si, pour le ministre délégué chargé des comptes publics, Olivier Dussopt, le rattrapage des soins « n’est pas la hauteur » des économies réalisées par les OCAM durant la période Covid.

Reste donc cette crainte d’une augmentation à venir du côté des couvertures santé complémentaires. Selon nos estimations tarifaires pour 2022, publiées la semaine passée, c’est bien en santé qu’une hausse est la plus à craindre : elle pourrait être de l’ordre de 2%.

Certaines prévisions sont plus pessimistes : récemment le Président de la FNIM (Fédération nationale indépendante des mutuelles) avait évoqué une hausse tarifaire l'ordre de 7 à 10 % pour certains organismes. Il ne faut toutefois pas oublier que, depuis décembre 2020, il est désormais possible de résilier son contrat d’assurance santé « à tout moment », après un an de souscription. Une possibilité qui a déjà prouvé, en auto et en habitation, qu’elle pouvait pousser les assureurs à maintenir leurs tarifs pour ne pas perdre leurs clients.

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