Assurance santé

Interview de la SMENO : “des consultations gratuites proposées aux étudiants ”

Publié par le , Mis à jour le 04/12/2020 à 14:20

Dans une interview exclusive, Ahmed Hegazy, président de la SMENO revient pour Assurland sur la mutuelle étudiante et sur les difficultés rencontrées par les plus jeunes en cette période de Covid-19. Pour les aider, la mutuelle a développé plusieurs initiatives dont des consultations gratuites.

Pouvez-vous nous présenter la SMENO ?

La SMENO est une mutuelle qui est basée dans les Hauts-de-France. Nous sommes historiquement positionnés sur la complémentaire santé à destination des jeunes. Plus récemment, nous avons diversifié nos activités dans la protection des biens et des personnes, l’immobilier et la réussite scolaire.

Comment se passe l’adhésion à une mutuelle étudiante ?

C’est extrêmement simple. Il y a eu des évolutions en ce sens depuis deux ans. On ne parle plus de Sécurité sociale étudiante qui pouvait créer une confusion avec la notion de mutuelle étudiante. Aujourd’hui, la Sécurité sociale étudiante n’existe plus. Elle a été transférée en gestion aux CPAM.

Quand on parle de mutuelle étudiante, on parle donc des acteurs spécialisés dans l’accompagnement des jeunes et de leurs produits qui prennent en compte leurs besoins spécifiques en matière de santé.

Quelles sont les offres de la SMENO ?

Nous proposons des complémentaires santé qui vont venir compléter le régime général. Nous proposons plusieurs produits :

  • Un produit « entrée de gamme », M ,qui est adapté à une population jeune sans problématique de santé particulière. La protection proposée va ainsi permettre de couvrir l’essentiel des besoins. Un produit offrant une couverture à 100% , la mutuelle L, et enfin la couverture XL qui s’adresse aux jeunes ayant des besoins plus importants. Nous incluons dans ces couvertures complémentaires des forfaits “bien-être”.
  • Nous proposons également un “pack assurance” qui intègre la responsabilité civile et les dommages matériels, pour assurer un étudiant sur sa RC quand il est en période de stage par exemple,  ainsi que  son matériel informatique (ordinateur portable, etc…).

Nous avons également lancé cette année un produit d’assurance « NVEI » qui va notamment couvrir les trottinettes électriques, dont les étudiants peuvent avoir besoin.

Sur les aspects de prévention et de bien-être, nous incluons dans nos produits des outils comme la prise en charge des lunettes anti lumière bleues pour les écrans. Nous partons du principe que les étudiants passent beaucoup de temps sur leur ordinateur.

Grâce à un partenariat avec Médecin Direct, nous proposons aux étudiants des consultations gratuites afin d’éviter un renoncement aux soins. Nombreux sont ceux à renoncer à un acte médical car ils doivent avancer des frais. Cela peut être un véritable problème de budget et nous souhaitions leur proposer une solution pour cela.

Aujourd’hui, les étudiants qui souscrivent un contrat à la SMENO se dirigent vers quel contrat ?

Dans la grande majorité, les étudiants vont se diriger vers le contrat d’entrée de gamme. Nous avons une gamme avec 3 produits « M, L et XL ». Généralement, les jeunes vont privilégier les contrats M et L.

Nous avons aussi lancé un “pack santé” à trente euros par an qui couvre des besoins spécifiques. Il s’agit là d’une surcomplémentaire.

Concernant les tarifs, pour le produit entrée de gamme « M », nous sommes à 12,75 euros par mois, la mutuelle « L ou 100% » est à 25 euros par mois et le produit « XL » qui répond à des besoins très spécifiques à 38,25€ euros mensuels.

"Un tiers des sondés a déjà renoncé à des soins soit pour un motif financier soit en raison d’une difficulté à trouver un médecin"

Pensez-vous que la réforme 100% santé  a permis de diminuer le renoncement aux soins des étudiants ?

Nous n’avons pas suffisamment de recul pour savoir si la réforme 100% santé a eu un impact sur le renoncement aux soins des étudiants. Cependant, il y a deux éléments à prendre en compte. Nous réalisons tous les deux ans une enquête santé auprès des jeunes.

Notre dernier baromètre lancé avec OpinionWay démontre qu’un tiers des sondés a déjà renoncé à des soins soit pour un motif financier soit en raison d’une difficulté à trouver un médecin.

Autre élément, le reste à charge zéro s’adresse à des personnes qui ont déjà une mutuelle. Or nous avons constaté que depuis la fin de la Sécurité sociale étudiante, le taux de mutualisation, des étudiants à considérablement baissé, aux alentours de 60 à 65%. C’est un problème important car un étudiant qui n’est pas couvert par une mutuelle et qui a un budget faible va être plus exposé à un renoncement aux soins. Voilà pourquoi la SMENO veut intensifier l’information auprès des étudiants.

En cette année 2020, avez-vous senti une hausse du renoncement aux soins des étudiants ?

Oui, nous l’avons constaté. Avec un peu de prudence car on ne sait pas si ce renoncement aux soins à un lien avec des actes médicaux qui ont dû être décalés dans le temps, ou parce qu’il y a moins de consultations car on a délibérément renoncé à voir un médecin.

Ce qui est évident, c’est que la population étudiante est plus exposée que la moyenne à une certaine précarité. D’ailleurs, ils sont de plus en plus nombreux à demander l’aide d’associations ou de banques alimentaires.

La SMENO se préoccupe de cette situation. C’est pourquoi nous avons lancé une collaboration avec Médecin Direct. Nous nous sommes aussi mobilisés sur la dimension « solidarité » en accompagnant des étudiants par le biais de dons vers des établissements de santé, vers des banques alimentaires, des épiceries solidaires...

Que pensez-vous de la résiliation infra-annuelle en mutuelle santé ?

Il y a quelques années, nous avions déjà lancé un produit avec cette possibilité de résiliation infra-annuelle. A l’époque, nous avions constaté un effet d’opportunité par rapport à des adhérents qui avaient une prévision de soins importante.  

A cela s’ajoute la taxation sur les complémentaires santé, dont la taxe Covid-19. On se retrouve avec des produits mutualistes qui sont taxés à 20%.  La hauteur de cette taxe sur des produits santé est surprenante.

Attendre des acteurs mutualistes qu’ils prennent en charge l’ensemble de ces taxes c’est forcément questionnant. Est-ce que cela peut se répercuter sur les adhérents ? C’est une possibilité mais nous avons choisi de ne pas aller dans ce sens  pour le moment.

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