Assurance santé

L'Anses demande la fermeture des cabines UV pour risque « avéré » de cancer

Publié par le , Mis à jour le 10/10/2018 à 14:13

Les pouvoirs publics vont-ils décider d'interdire les cabines UV en France ?

Aujourd’hui, mercredi 10 octobre 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a rendu un avis concernant les cabines UV. L’établissement public français, dont la principale mission consiste à évaluer les risques sanitaires dans les domaines de l'alimentation, de l'environnement et du travail, demande « aux pouvoirs publics de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels » devant le « risque avéré » de cancer. Explications.

+59 % de risque de développer un cancer de la peau

Chef de l’unité d’évaluation des risques aux agents physiques au sein de l’Anses, Olivier Merckel explique à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il s’agit là d’une recommandation de l’organisme. Déjà, en 2014, l’Agence avait recommandé la « cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels ». Et, Olivier Merckel d’ajouter qu’il n’est plus possible d’attendre évoquant des « preuves solides » pour les cancers de la peau.

On rappellera que l’interdiction des cabines de bronzage est demandée par l’Académie de médecine, les dermatologues et les sénateurs depuis 2015, sans que cela ne soit suivi d’effet. Seul un durcissement de la réglementation a eu lieu au cours des dernières années.

Alors que, depuis 2009, le Centre international de recherche sur le cancer, agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée à l’initiative de l'Organisation mondiale de la santé des Nations unies (OMS), estime que les rayonnements artificiels sont des « cancérogènes certains », l’Anses ajoute aujourd’hui que les personnes qui ont « eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l’âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer » un cancer de la peau. Pire, en France, 43 % des mélanomes constatés chez les jeunes sont imputables à l’utilisation de cabines UV avant l’âge de 30 ans. Or, une « fraction non négligeable des moins de 18 ans » continue à utiliser ces dispositifs en contravention totale avec la réglementation.

Un vieillissement de la peau plus rapide avec les cabines UV

Dans ce nouvel avis, l’Anses communique différentes données chiffrées. Ainsi, l’on apprend qu’en 2015, dans l’Hexagone, parmi les adultes âgés de plus de 30 ans, ce sont 10 340 cas de mélanomes qui peuvent être attribués à l’exposition solaire et 382 cas de mélanomes à l’exposition aux rayonnements solaires artificiels.

En outre, contrairement à une croyance largement répandue, le recours aux cabines UV ne permet en aucune manière de préparer la peau au bronzage, ne constitue pas une protection contre les coups de soleil et ne donne pas lieu à un « apport significatif de vitamine D ». En revanche, les cabines de bronzage entraînent un vieillissement de la peau « quatre fois plus rapide » que l’exposition au soleil.

Du côté du Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine (SNPBC) qui organise notamment la profession au niveau national, l’on signale que, depuis 2009 et la « polémique sur les risques des UV », l’activité du secteur a été divisée par deux.

Alors que l’on compterait actuellement en France 4 500 établissements dont 300 centres de bronzage spécialisés, 63 % des 982 cabines qui ont été contrôlées en 2016 par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) étaient en fait non conformes. En cause, le non-respect de la réglementation interdisant la publicité et les promotions ou des manquements à la sécurité.

Les cabines de bronzage vont-elles être interdites comme c’est déjà le cas au Brésil ou en Australie ? Olivier Merckel rappelle qu’il appartient aux pouvoirs publics et non à l’Anses de prendre une telle décision. Le Ministère des Solidarités et de la Santé qui a reçu l’avis de l’Agence il y a quelques jours n’a pas encore pris sa décision. Affaire à suivre donc.

 
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