L'Assurance maladie veut économiser 1 milliard d'euros en 2023

Publié par Quentin Bas Lorant le 14/07/2022 à 08:32

L’assurance maladie veut commencer à éponger les dettes du Covid-19. Pour cela, elle a présenté 30 mesures pour réduire ses dépenses d’1,2 milliard d’euros en 2023.  Pour y parvenir, l’institution mise notamment sur la prévention, mais pourrait aussi réduire les remboursements de certains soins. 

Un lourd déficit depuis 2020

Le régime général de la Sécurité sociale (qui concerne les travaillés salariés du secteur privé) et le Fonds de Solidarité Vieillesse accusent un lourd déficit le déclenchement de la crise sanitaire. Les deux régimes étaient presque parvenus à l’équilibre en 2019 (-1,9 milliard d’euros), avant d’accuser un décrochage historique en 2020 : -38,7 milliards d’euros. 

Au cours de cette première année de pandémie, l’Assurance maladie a en effet pris à sa charge un grand nombre de nouveaux soins : les tests de dépistage, les consultations de télémédecine, et les vaccins par la suite. Il ne faut pas omettre non plus les arrêts de travail automatiques en cas de test positif. 

L’année 2021, avec le recul de l’épidémie, a permis un reflux des dépenses, avec un déficit qui s’est établi à -24,4 milliards d’euros. Sur l’exercice 2022, les prévisions tablent pour l’heure sur une perte de 19 milliards d’euros, qui se maintiendra au-dessus des 13 milliards d’euros l’année suivante. Ces données permettent déjà de relativiser l’objectif de réduction des dépenses, qui ne sera « que » d’1,2 milliard d’euros, sur un total de plus de 200 milliards de dépenses avant la crise Covid.

Un plan qui mise beaucoup sur la prévention

En réalité, la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) espère que les opérations de prévention prévues généreront des économies à long-terme, en réduisant les dépenses de soin à l’avenir. Parmi les dispositifs de prévention à venir, sont notamment attendus : 

  • Une campagne d’information sur les signes d’alerte de l’insuffisance cardiaque
  • Un dépistage accru des cancers (côlon, sein, utérus)
  • La vaccination des adolescents contre le papillomavirus humains (HPV) 
  • Le repérage précoce des troubles visuels et du langage chez les enfants de trois ans

Mis bout-à-bout, ces efforts ne représentent toutefois qu’une centaine de millions d’euros sur les économies de 2023. Le reste devrait des économies devrait être fait sur le déremboursement de certains médicaments (antibiotiques, par exemple), ou dispositifs médicaux. Le montant ou la durée des arrêts de travail seraient également visés. 

S’y ajoute une lutte renforcée contre les fraudes, et une renégociation des conventions passées entre la Sécurité sociale et les laboratoires, médecins généralistes et spécialistes. 

Et le déficit des mutuelles santé ?

À côté de l’assurance santé obligatoire, les organismes de complémentaire santé affichent, eux aussi, un déficit important depuis le début de la crise sanitaire. Les mutuelles se voient en effet confrontées à une série de nouvelles dépenses. En plus de ce qu’elles ont couvert pour le Covid-19, la réforme du 100% Santé semble aussi avoir contribué à les mettre « dans le rouge », tandis que l’amélioration des technologies médicales pèsent aussi structurellement sur les coûts.

Pour les mutuelles, la variable d’ajustement pour réduire la voilure pourrait aussi être les dépenses, ce qui signifierait une baisse des niveaux de couverture pour les assurés. La seconde concerne naturellement les tarifs : pour rattraper leur déficit, une hausse des tarifs pourrait aussi être à craindre. C’est la raison pour laquelle plusieurs acteurs craignent une hausse des cotisations pour au deuxième semestre et l’année prochaine. 

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