L'endométriose reconnue comme affection longue durée (ALD)

Publié par Théophile Robert le 21/01/2022 à 09:00 , Mis à jour le 08/03/2022 à 00:00
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En France, l'endométriose a enfin été reconnue comme affection longue durée (ALD). Une bonne nouvelle pour les nombreuses femmes touchées par cette maladie mal soignée en France.

L'endométriose devient une affection longue durée (ALD)

« L'endométriose, ce n'est pas un problème de femmes. C'est un problème de société », avait déclaré mercredi 12 janvier le président de la République Emmanuel Macron. Ce dernier a donc proposé une stratégie de lutte nationale contre cette maladie. Le lendemain, l'Assemblée Nationale reconnaissait à l'unanimité cette maladie comme une ALD.

Cela va donc permettre une prise en charge intégrale par l'Assurance maladie pour celles qui en souffrent. « Nous pouvons créer un plancher de droits pour les femmes victimes », s'était alors enthousiasmée Clémentine Autain, députée insoumise de Seine-Saint-Denis, qui porté la proposition à l'Assemblée. « L'endométriose est connue des scientifiques depuis le 19e siècle, mais il aura fallu attendre 2020 pour que la maladie soit intégrée au programme de médecine ! », avait-elle mentionné à l'Assemblée.

Une maladie mal soignée, qui touche pourtant une femme sur dix en France

Il faut dire que cette maladie ne touche pas moins d'une femme sur dix en France. Pour « les femmes mal rémunérées, pour les précaires, pour les plus pauvres d'entre elles », elle est « encore plus difficile à vivre », avait d'ailleurs mentionnée la députée. Car cette maladie est mal prise en charge, mal soignée, sous-diagnostiquée à cause d'un risque d'errance médicale.

Découverte en 1860, cette maladie provient de présence de cellules d'origine utérine en dehors de l'utérus, qui réagissent aux hormones pendant les cycles menstruels. Elle peut être sans conséquence lorsqu'elle est asymptomatique, mais pour certaines, elle se manifeste par des règles abondantes, de vives douleurs, des complications urinaires et/ou digestives, une fatigue chronique... Au plus grave, elle peut entraîner une hospitalisation voire pire, l'infertilité.

Une mesure bien accueillie

Ainsi, la nouvelle serait « un pas de géant pour des millions de femmes », avait ajouté Clémentine Autain. Par un « effet cliquet », cela pourrait permettre de généraliser la prise en charge de l'endométriose.

De son côté, le député LR Stéphane Viry a mis en cause « un calcul politicien » de la part d'Emmanuel Macron, une annonce sur laquelle la députée insoumise n'a pas souhaité « polémiquer ». Pour Lise Magnier (Agir Ensemble), cette nouvelle « vientt apporter une réponse supplémentaire et nécessaire » à la stratégie du président.

Olivier Véran, ministre de la Santé, a refusé d'en faire « une question idéologique », mais il s'est questionné sur les modalités de prise en charge de cette maladie, alors que trois grandes classes d'ALD existent, avec des indemnisations et protocoles de soins différents. « Est-ce qu'il faut que 10 % des femmes soient classées en ALD 30 ? Je n'ai pas de conclusion », s'est-il exprimé. Il s'est toutefois dit confiant dans la « méthode proposée par le président de la République : (…) l'appropriation de la maladie revient à celles qui souffrent et qui soignent », avait-il conclu.

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1 RÉACTION
valérie 22/01/2022 à 09:54
la résolution déposée par C. Autain a été adoptée à l'unanimité par les députés, mais pour que l'endométriose soit ajoutée sur la liste ALD 30, il faut un décret, ce qui ne semble pas être la voie choisie par le gouvernement. Il y a encore du chemin à faire pour une prise en charge complète de cette affection chronique et hautement douloureuse.

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