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L'opération Mois sans alcool annulée à la demande de la filière viticole

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Le gouvernement renonce au Mois sans alcool

Inspirée du Royaume-Uni, l’opération « Mois sans alcool » n’aura finalement pas lieu en France. Alors qu’elle était censée se dérouler en janvier prochain, le gouvernement a préféré l’annuler. Alors que certains dénoncent le lobby viticole, l’exécutif préféré parler de soutien.

Le « Dry January » à la française annulé

L’opération annulée en raison du lobby viticole ? En Grande-Bretagne le « Dry January », comprendre « janvier au sec », est devenue en l’espace de quelques années un véritable rendez-vous. Depuis 2003, le mois de janvier est synonyme de « zéro alcool ». Une façon pour les participants de regénérer son corps après les fêtes. Une pause sans alcool qui aurait pu voir le jour en France. Voulant imiter notre voisin d’outre-Manche, un regroupement d’associations de prévention avait manifesté son intention de voir l’opération se dérouler en France. Un espoir déchu puisque le gouvernement et plus précisément l’Elysée a enterré cette l’initiative, selon 20 minutes.

Portée par Santé publique France, l’opération était pourtant prête à être lancée. Compte twitter actif, site web dans les starting-blocks ; la ministre de la Santé Agnès Buzyn devait d’ailleurs annoncer elle-même son officialisation. Mais pourquoi ce « volte-face » ?

Des associations dénoncent le lobby viticole

En déplacement jeudi 14 novembre dans la Marine, Emmanuel Macron en a profité pour échanger avec les représentants du milieu viticole de la région. L’occasion pour le chef de l’Etat d’échanger sur le « Mois sans alcool ». Si au sortir du repas Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons de la Champagne, a affirmé que le Président était contre, l’Elysée n’avait pas confirmé. Pourtant Emmanuel Macron aurait bien affirmé son opposition à l’opération.

Pour la Fédération addiction l’attitude du gouvernement est dommageable. « Les arbitrages politiques ont stoppé le lancement de l’adaptation française du « Dry January ». […] Les pouvoirs publics se désengagent ». Il faut dire qu’un ministre était déjà monté au créneau contre ce projet. Ai micro de RTL, le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, s’était déclaré « très opposé au mois de janvier sans vin ». « Je trouve ça aberrant. Je préfère la modération toute l’année, que l’interdiction et la prohibition un mois de l’année », avait-il déclaré.

Ce recul serait pour certains l’œuvre du lobby viticole. Pour une professionnelle de la prévention interrogée par 20 minutes, aucun doute, « les vignerons ont gagné ». Il est vrai que depuis l’annonce de l’opération, le lobby de l’alcool n’a cessé de déclarer son opposition. « L’opération était prévue de longue date, des crédits avaient été engagés. Tout ça a été annulé sous la pression des viticulteurs. C’est attristant de voir qu’on annule au nom de la prétendue défense du lobby du vin », dénonce à 20 minutes Bernard Basset, vice-président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA).

Une déception d’autant plus forte qu’en Grande-Bretagne les résultats sont encourageants. Une étude réalisée par l’université du Sussex en 2018 déclarait ainsi que les effets étaient positifs sur la santé ou encore sur la consommation. En France, près de 10 millions d’adultes dépassent les recommandations des pouvoirs publics, à savoir pas plus de 2 verres par jour, 10 par semaines et des jours dans la semaine sans. Causant près de 41 000 décès par an en France, l’alcool reste la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac.

Depuis le début de son quinquennat en 2017, ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat est accusé de laxisme sur le sujet. En marge du Salon de l’Agriculture 2018, Emmanuel Macron avait déclaré « boire du vin midi et soir » et affirmé qu’il n’aurait pas « d’amendement pour durcir la loi Evin ». Une position qui ne fera toutefois pas reculer Nathalie Latour. La présidente de Fédération Addiction espère désormais mobiliser « la société civile » pour participer à cette opération, et ce sans froisser les suspectibilités. Nathalie Latour rappelle d’ailleurs que le « Dry january » à la française « n’était pas une campagne moralisation, personne ne voulait diaboliser l’alcool ».

 
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